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    Derniers éclats des Sunshine Boys

    le 11 mars 2008 | 233 visites | 4.68 / 5 | 0 commentaire(s)
    Derniers éclats des Sunshine Boys
    Photo : François Brunelle

    Les Sunshine Boys, de Neil Simon, traduit, adapté et mis en scène par Claude Maher, au Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 5 avril 2008

    Un duel d’acteurs, c’est la promesse implicite des Sunshine Boys. Promesse tenue : la confrontation de Claude Michaud et Michel Dumont est l’alpha et l’oméga de cette comédie au parfum légèrement désuet.

    Willie Cloutier (Michaud) et Albert Lépine (Dumont) ont connu la célébrité pendant 43 ans en tant que partenaires de vaudeville. Une brouille a mis fin à la carrière des Sunshine Boys, et les deux vieillards sont aujourd’hui à la retraite forcée, survivant chacun de son côté entre aigreur et sénilité. Quand un grand gala télévisé s’organise pour célébrer l’histoire de l’humour, ils sont appelés pour faire revivre leur sketch le plus célèbre. Mais ces deux bougons ne se sont pas adressé la parole depuis onze ans, et il leur faudra choisir entre les feux de la rampe et leur rancune.

    Présentée en 1972, cette pièce du populaire auteur Neil Simon a tenu la scène à Broadway pendant 538 représentations avant d’être adaptée au cinéma. La thématique rappelle étrangement une œuvre antérieure de Simon, The Odd Couple, adaptée au grand écran avec Jack Lemmon et Walter Matthau, et étirée en télésérie dans les années 70.

    Un duel, donc, entre deux retraités ramenés en enfance par la puérilité de leur discorde, et arbitrés par un champion du consensus : le neveu de Willie, qui est aussi son agent. Incarné par un Guy Jodoin très solide, ce troisième personnage cimente par ses interventions l’action dont il est le réel moteur. Malheureusement, il met aussi en lumière le fait que les trois autres rôles de la distribution sont parfaitement superflus : le jeune régisseur (Marc St-Martin, amateur), l’infirmière fantasmée (Caroline Lavigne, cartoonesque) et la garde-malade blasée (Marie-Christine Perreault, efficace) n’apportent rien de plus à l’histoire.

    Mais le principal défaut de cette comédie légère est ailleurs. Ironiquement, cette histoire d’humoristes manque de rythme, et les punchlines – les vrais – se font vraiment désirer. Là où il y avait matière à faire rire, on sourit parfois, et tout le mérite en revient aux interprètes, Michaud en tête.

    Traduite, adaptée et mise en scène par Claude Maher, qui souligne que les comédies, « ne sont pas plus faciles à traduire que des drames, bien au contraire », la pièce souffre d’abord d’un texte inégal, ensuite d’une mise en scène appuyée qui en dilue le potentiel comique. Malgré une feuille de route d’une quinzaine traductions théâtrales et de nombreuses mises en scène chez Duceppe depuis 30 ans, Maher trébuche sur un ressort majeur de l’humour : le rythme.

    Il y a néanmoins de bonnes choses dans cette version. L’adaptation au contexte québécois, par exemple, permet de rendre intelligibles les petites choses qui encombrent le quotidien des protagonistes, et au passage de rendre hommage aux humoristes d’ici : Olivier Guimond, La Poune, Gilles Latulippe et consorts.

    Les Sunshine Boys ont aussi chez Duceppe une valeur de rappel, puisqu’en 1982, une première adaptation y mettait en vedette un autre tandem de choix : Jean Duceppe et Roger Le Bel.

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    Mots-clés : montréal et Arts

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