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    Demain l’écofascisme

    le 29 février 2008 | 322 visites | 3.55 / 5 | 11 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Demain l'écofascisme
    photo : Frankie Roberto (Flickr)

    La détérioration de la biosphère et l’indifférence quasi-générale face à ses conséquences désastreuses risquent de mener le monde vers l’écofascisme. Cette idéologie politique peu connue à ce jour pourrait s’implanter insidieusement sur la planète suite à l’aggravation de la problématique environnementale.

    La dictature naît en résultante d’une instabilité sociale, économique ou culturelle qui met en péril les fondations mêmes de l’ordre social. Maintenant, il faut ajouter le facteur écologique. Le totalitarisme environnemental serait l’aboutissement logique d’un état de crise planétaire impliquant la survie de l’humanité toute entière. À la différence de tous les régimes absolutistes l’ayant précédés, le despotisme « vert » pourrait user de tous les moyens radicaux afin de faire face à la plus grande menace de tous les temps pour assurer la pérennité de la race humaine.

    Quelles méthodes ces nouveaux régimes pourraient-ils utiliser au nom de cette nécessité de survivance du genre humain ? Certains livres ont été publiés à ce sujet, mais il est possible d’énoncer brièvement les préceptes qui y sont évoqués.

    Avant tout, on chercherait à réduire la population mondiale par divers moyens : limiter l’immigration en provenance des pays en développement affectés par la famine (permettant ainsi l’élimination par attrition naturelle du nombre d’êtres humains sur la planète) ; contrôle drastique des naissances ; la pratique de l’eugénisme par sélection des caractères génétiques ; et l’euthanasie des déficients physiques et intellectuels.

    Cependant, la solution la plus importante de ce mouvement est la cessation complète du développement technologique et donc par ricochet de la croissance économique. On privilégierait alors un retour à la terre, c’est-à-dire la pratique d’une agriculture primitive, de la chasse et de la pêche. Un recul, mais qui serait alors dicté par la nécessité.

    Cette idéologie peut paraître pertinente aux premiers abords, mais elle remettrait en cause nos valeurs solidaires et tout ce que nous considérons comme acquis à notre époque. Comment laisser mourir des millions de gens sans réagir ? Qui déciderait des critères génétiques des humains destinés à vivre ? La rétrogradation vers un type de société agraire nous priverait-elle des remèdes à plusieurs maladies ? Un chaos moyenâgeux s’installerait-il ? Qui possèderait les terres ? Une résurgence du servage est-elle envisageable ?

    Si un tel scénario émerge, l’élite économique et technocratique de la société actuelle sera au premier rang des décideurs et orientera l’établissement de ce nouvel ordre socio-économique à son avantage. Elle ne voudra surtout pas perdre sa domination et placera ses pions sur le nouvel échiquier du futur système social.

    L’écofascisme est une dérive de l’écologie sociale, en principe un ensemble théorique valorisant le partage des ressources et l’équité entre les hommes dans l’espace commun qu’est le milieu vivant. Néanmoins, l’état de crise environnementale qui s’imposera avec le temps amènera l’écologie sociale à faire des choix difficiles, souvent contraires à ses idéaux originaux, pour assurer la continuité de l’espèce humaine.

    Cette éventualité n’est pas souhaitable, mais notre laxisme et notre insouciance déboucheront éventuellement à cette triste réalité à venir.

    Publie.ca!
    Mots-clés : Environnement et Politique

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  • 11 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    ".../...On privilégierait alors un retour à la terre, c’est-à-dire la pratique d’une agriculture primitive, de la chasse et de la pêche. Un recul, mais qui serait alors dicté par la nécessité.../..."

    Comment un retour a la Terre pourrait il ce faire primitivement !

    De la chasse ? Et de la pèche ? Si par ailleurs toutes les richesses terrestres auraient disparues ? Plus de ressources plus de primitif , me semble t il .

    Une bonne réflexion, mais cette situation qui est présentée ici, je ne crois pas que le terme écofascisme convienne. J’aurais plutot choisi :

    " La dictature du bon sens "

    Puique semble t il, les philosophies éconolibérales ont justement quasi fait disparaitre cette idée "primitive" et de bon sens : l’économie, et non pas la théologie économique libérale du marché.

    Il bon aussi de reconnaitre que nos modes de vies, ici en France cela ce ressent de plus en plus, cette boulimie de produits tous plus ou moins réellement utiles et cette surconsommation ne donne plus le résultat escompté ! La thèse : du pain et des jeux a vécue.

    Le retour du "spirituel" dans nos sociétés occidentales en est d’une certaine manière le signe d’un retour a des valeurs autres que celles du matérialisme.

    29 février 2008 | répondre | permalien

    Jimmy,

    Quel article important à ce moment crucial, surtout avec les scénarios catastrophiques du réchauffement climatique qui tout comme la guerre contre le terrorisme, justifie toutes les dérapes graves. À première vue, une bonne intention peut se retourner en action hautement préjudiciable envers la nature et les humains. Et parce que beaucoup de gens se donnent bonne conscience à vouloir protéger l’environnement, ils deviennent aveugles des dérives idéologiques qui entraînent des formes de pensées extrémistes et totalitaires qui vont à l’encontre de notre bien-être et notre liberté.

    Des fausses solutions vertes qui ne font qu’enrichir ceux qui passent des lois de plus en plus contraigantes et qui nous dictent comment vivre nos vies de l’intérieur. Concentration et consolidation du pouvoir entre les mains des mêmes puissants de ce monde.

    Et pendant ce temps-là, le cartel pharmaceutique-génétique, qui est dirigé en majeure partie par des sociétés et individus impliqué à fond dans l’eugénisme- renommé ingénierie génétique- pose la plus grande menace sur l’environnement et la vie même sur terre avec le développement et le brevetage de nouvelles créatures de laboratoire qui nous donnent les OGM et les animaux clonés, qui sont tranquillement introduit dans notre chaîne alimentaire, et qui une chose irréversible.

    Il y a beaucoup de documents officiels gouvernementaux, de l’ONU et d’autres groupes et sorciétés qui parlent ouvertement de réduire la population mondiale variant de 50 à 90% selon les sources. Les deux moyens envisagés : armes biologiques et famine.

    Il y a une claire volonté chez l’élite de retourner aux temps médiévaux, féodaux du Moyen Âge. Ça peut paraître étrange pour plusieurs, mais inquiétant pour ceux qui ont lu ces documents, les livres que l’élite écrit, et qui ont entendu ces gens parler ou lu de leurs citations.

    Écofascisme, pensez-y....

    29 février 2008 | répondre | permalien

    "Il y a beaucoup de documents officiels gouvernementaux, de l’ONU et d’autres groupes et sorciétés qui parlent ouvertement de réduire la population mondiale [..] Il y a une claire volonté chez l’élite de retourner aux temps médiévaux, féodaux du Moyen Âge"

    documents, élite, sociétés...

    beaucoup de termes très vagues et une théorie un peu bancale

    sans défendre OGM et autres clones (sauf cas médical... et ca dépend), j’ai quand même l’impression qu’on prétend ici que les gens qui ont le pouvoir voudraient revenir à un âge "primitf" pour sauver leur peau !

    croyez-vous vraiment qu’il est possible de stoper ou d’inverser le sens du progrès technologique et économique mondial ? pure utopie... n’importe quel chef d’état ou business man bien placé sait qu’il préférerait 100 fois s’enfermer dans une prison dorée que de se pencher pour ramasser sa nourriture...

    un peu de bon sens... je concois qu’on puisse penser que l’on cherche à se débarasser des éléments déféctueux (physiquement, socialement, politiquement, etc) mais de là à imaginer que l’on retourne en arrière, il y a un fossé...

    observons un peu l’histoire, aucun illuminé n’a jamais eu l’intention de contrer l’avancée - soit disant progressive - de l’humanité...

    je préfère de loin le scénario d’une haute société ultra protégée et aseptisée au pied de laquelle il y aurait une population incommensurablement nombreuse qui se battrait pour survivre en consommant ce que les élites auraient tactiquement et technologiquement conçu (et jugé) de mieux pour la plebe, instaurant du même coup un monopole sur l’alimentation (les OGM sont là pour ça), la culture, le mode de vie, etc...

    j’admet pourtant que le terme même d’éco-fascisme est intéressant

    29 février 2008 | répondre | permalien

    @Skapad

    Dictature et bon sens sont incompatibles.

    29 février 2008 | répondre | permalien

    Bonjour ZOOO, c’est la première fois que l’on partage.

    Effectivement Dictature et Bon sens sont incompatibles, j’en conviens.

    Mais de mème eco (il pense écologie) et fascime sont également incompatibles, l’intérèt du mot de mon choix "Dictature" est de choquer, ici cela a réussi.

    Dans cette appellation de toute façon, il y a un élément marquant que tu aurais certainement du, vu tes écrits, mettre en évidence. Pour souffler :

    C’est qui ? Qui détermine le sens de ce "Bon sens" ? Là est plutot la question. Dictature est un mot couvert d’un passé si peu glorieux, mais qu’en bien mème, il est souhaitable qu’un jour ce "Bon sens" sera enfin partagé par tous , ou en grande partie.

    De fait la dictature ne sera pas a appliquer. L’avenir nous le dira, ou pas.

    Bien à toi.

    29 février 2008 | répondre | permalien

    Article très intéressant et qui pose un vrai problème.

    Il me paraît évident que l’incontournable décroissance ne pourra pas être autrement que liberticide. Mais j’aurais deux observations vous proposer :

    1) La montée de dictatures liées aux questions écologiques peut très bien prendre d’autres formes : la volonté pour les pays les plus forts de maintenir leur mode de développement antérieur. N’est-ce pas au fond ce que dit Bush pour refuser de signer les accords de Kyoto : "notre mode de vie n’est pas négociable" ? On imagine ce que cela donnera comme militarisation des sociétés pour conserver les approvisionnements en matières premières et sources d’énergie, comme états policiers dirigés contre les "bouches inutiles à nourrir"et guerres néocoloniales

    2) Ensuite, une société de décroissance n’est pas une société qui revient aux situations préindustrielles, c’est absolument faux de l’imaginer ainsi, ne serait-ce que à cause du savoir accumulé et de la pénurie des matières premières et énergétiques. Une telle société sera, au contraire, très technologique.

    29 février 2008 | répondre | permalien

    Léon, là je te rejoins totalement, car comme tu le souligne, nous pouvons dès à présent et de la mème façon, enterriné ce constat :

    la théologie ultralibérale appliquée par le marché, est en soit une doctrine totalitaire car désormais en expansion sur notre planète !

    Nous pourrions dans ce cas dire :

    "Aujourd’hui la dictature du marché "

     

    29 février 2008 | répondre | permalien

    Skapad il me semble que tu ne tire que ce que tu veux entendre des paroles de Léon...

    je rejoignais son avis avec ma première intervention :

    pas de retour en arrière mais une dégradation, dont les plus forts (économiqument et politiquement) sauront tirer profit sans jamais réduire l’écart technologique qui les sépare du reste de la population mondiale, soumise alors pour tous ses besoins... (matières premières, vivres, santé, communications, etc)

    autre point positif, merci Léon de nous ramener à un constat réaliste... on a vite tendance à décoller quand il s’agit de "prédire" l’avenir

    29 février 2008 | répondre | permalien

    @ Skapad & AnthonyCH & Leon

    « Comment un retour a la Terre pourrait il ce faire primitivement ! De la chasse ? Et de la pèche ? Si par ailleurs toutes les richesses terrestres auraient disparues ? Plus de ressources plus de primitif , me semble t il ».

    « croyez-vous vraiment qu’il est possible de stoper ou d’inverser le sens du progrès technologique et économique mondial ? pure utopie... n’importe quel chef d’état ou business man bien placé sait qu’il préférerait 100 fois s’enfermer dans une prison dorée que de se pencher pour ramasser sa nourriture... »

    « Ensuite, une société de décroissance n’est pas une société qui revient aux situations préindustrielles, c’est absolument faux de l’imaginer ainsi, ne serait-ce que à cause du savoir accumulé et de la pénurie des matières premières et énergétiques. Une telle société sera, au contraire, très technologique. »

    En guise de réponse, je vous réfère à ce texte :

    http://pourquedemainsoit.wordpress.com/2007/09/29/les-lecons-de-l%e2%80%99ile-de-paques/

    29 février 2008 | répondre | permalien
    • Ixe Igreczed

    Merci pour votre article, qui amène une autre dimension à ma réflexion. Peut-être parce que je trouve toujours dangereux de penser en termes de polarisations extrêmes. Pour ma part, je trouve important de développer des savoir-faire que nous avons perdus depuis au moins quelques décennies et dont on a vu les manifestations, par exemple, lors de la crise du verglas ou lors du passage de Katrina. Plusieurs groupes existent qui essaient de retrouver ces savoir-faire, persuadés, comme je le suis d’ailleurs, que les « gros » vont se pousser avec la poche sans s’occuper des petits et des dégâts qu’ils laissent aux autres, comme toujours, le soin de ramasser. Je ne vois pas ce retour comme un recul mais comme un retour radical du bon sens, de la mesure - ce qui ne se fera pas sans mal. Si vous le pouvez, regardez le film de Jean Druon : Alerte à Babylone (toujours disponible sur le web). La partie consacrée à l’agronome Claude Bourguignon est extrêmement intéressante - le travail qu’il poursuit depuis en agriculture est une sorte de fil conducteur.

    2 mars 2008 | répondre | permalien

    @Skapad

    Bonjour, Qui détermine le sens de ce "Bon sens" ?

    Oui c’est bien le nœud du problème.

    Aujourd’hui, l’exemple réchauffement et la "prise de conscience" qui en résulte n’est pour moi qu’un phénomène de mode qui sera passager. Même si nous devons en effet faire un effort.

    Regardez le fameux Grenelle de l’environnement, qui en parle encore ? qu’en a t il découlé ? On devait ne plus construire l’aéroport de Nantes, tant pis la décision vient de changer. Et je ne détaille pas le reste...

    Aujourd’hui tout ce que la "masse populaire" doit penser, que dis-je effleurer de la pensée est dicté par des gourous de la mode en fonction d’intérêts commerciaux, Le risque de dictature ou ecofascisme existe à partir de ce moment là, car les gens ne réfléchissent plus et suivent le mode de pensée général.

    Avez vous déjà tenté le rôle de contradicteur. C’est un jeu que j’aime bien, il n’est plus possible aujourd’hui d’avoir une conversation cohérente, logique et réfléchie avec la plupart des individus qui se contentent d’absorber la masse d’information qui circule, sans se faire traiter de tous les noms d’oiseaux possible, car leurs arguments sont tellement superficiels que la discussion tourne cours.

    Pour moi la dictature ou ecofascisme est là, l’impossibilité de réflexion en dehors de la ligne de pensée officielle, d’où découlera bien entendu toutes les dérives.

    2 mars 2008 | répondre | permalien

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