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    • Jimmy St-Gelais
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    Opinion : Débat gauche vs droite à « Il va y avoir du sport »

    le 14 janvier 2008 | 360 visites | 3.13 / 5 | 3 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Débat gauche vs droite à « Il va y avoir du sport »
    photo : Daniel Horacio Agostini (Flickr)

    Ce dimanche, j’ai regardé cette lutte d’idées « La gauche est-elle démodée ? » à Télé-Québec, et bien qu’elle fût intéressante, elle n’apprenait rien de nouveau aux téléspectateurs. Elle n’a servit que de tribune aux intervenants, tant de gauche que de droite.

    Les protagonistes, du coté de la droite, Martin Masse, Michel Kelly-Gagnon et du coté gauche, Amir Khadir, Gabriel Sainte-Marie, ont généralement bien débattu.

    Les « gauchistes » semblaient sur la défensive, et on les comprend. La société québécoise étant dominée par un vent de droite, ils se devaient d’être un peu plus agressif que le camp adverse qui s’appuie sur la dominance de son idéologie.

    Amir Khadir, de Québec Solidaire, a souligné la nécessité de la gauche dans un monde déchiré par les inégalités sociales et le dépérissement de l’environnement, malgré l’affirmation de leurs adversaires martelant que la pauvreté a reculé au Canada depuis 10 ans. Notons que l’intervention à ce sujet de monsieur Sainte-Marie, de la Chaire socio-économique de l’UQAM, était exacte. On a modifié en 1998 la définition de la pauvreté afin de masquer une réalité sociale qui s’affirmait de plus en plus.

    L’idée du privé dans la santé est aussi apparue. C’était certain. Il s’agit d’un débat chaud au Québec. La droite a voulu démontrer que le privé apporterait un rendement plus élevé dans le système de santé, mais elle oublie qu’en Grande-Bretagne, on a introduit le privé dans la santé depuis les années 80, notamment avec des projets de PPP, qui se sont avérés souvent plus dispendieux à long terme que la gestion publique. Après tout, le profit est le motif de toute entreprise commerciale. Le plus paradoxal, c’est qu’aux États-unis, terre de prédilection du capitalisme, les coûts élevés per capita des soins de santé privés poussent certains politiciens à promouvoir un régime public équitable pour l’ensemble des citoyens.

    Michel Kelly-Gagnon, président du Conseil du Patronat du Québec, a donné en exemple les pays scandinaves qui ont réformé leurs systèmes de protection sociale. Mais ces réformes ont surtout été initiées par les gouvernements de droite et de centre-gauche qui n’ont pas cherché une solution publique à la dégradation des services sociaux.

    Enfin, Martin Masse, du Québécois libre, m’a choqué par son arrogance, ses éclats de rires irrespectueux et ses sourires hautains lorsqu’Amir Khadir émettait ses opinions. Une attitude très représentative de certains penseurs de droite qui croient posséder la vérité absolue. Son compagnon, Michel Kelly-Gagnon, a eu, au contraire, un comportement beaucoup plus poli et ouvert.

    Monsieur Masse a énoncé la tendance de la gauche à vouloir contrôler la vie des individus et a soutenu que la liberté totale prime sur les besoins collectifs. Il semble omettre l’adage : ma liberté se termine où celle des autres commence. On ne peut mettre la liberté des individus au plus haut niveau des valeurs si celle d’un petit groupe brime celle du plus grand nombre, comme c’est le cas aujourd’hui avec la paupérisation croissante, la pollution du milieu vivant et la concentration des richesses.

    De plus, en comparant l’interventionnisme de gauche avec les politiques de G.W. Bush, il a fait preuve d’une mauvaise foi flagrante. Les décisions interventionnistes du président américain ne sont que purement militaro-industrielles et ne contribuent en rien au bien-être des citoyens. Aussi, il a affirmé que l’administration Bush a intervenu dans le domaine social pour réduire la pauvreté en son pays, ce que bien des études sociologiques nient. Il y a eu accroissement de la pauvreté et des coupures dans l’aide aux plus démunis. Une autre chose : il soutient que le marché immobilier est plus réglementé aux États-unis qu’au Canada. Alors, comment expliquer la hausse vertigineuse des prix des résidences depuis une décennie et la crise du subprime ? On se demande où ce monsieur déniche ses informations.

    Finalement, la conclusion de Dan Bigras était une vraie perle. Il a su trancher sur ce débat avec ses propos toujours éclairés et humanistes. Son allusion au contrôle antidémocratique de la droite, notamment dans les médias, était toute aussi éloquente.

    La droite maintient que la gauche est démodée. Je m’excuse, mais quelle est la solution de la droite aux problèmes sociaux et mondiaux ? Plus de croissance, plus de richesses, qui ne profitent qu’à 5% de la population et qui ne bénéficient en rien à l’ensemble de la société. Sans une implication des pouvoirs publics dans la résolution des maux qui rongent le monde, il ne peut y avoir de futur viable pour l’humanité.

    En fait, dans le présent contexte, c’est la droite qui est démodée…

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Pissant ce débat !

    "Il y a une chose pire encore que l’infamie des chaînes, c’est de ne plus en sentir le poids." - Gérard Bauer

    Dans les faits, la gauche est oblitérée au Québec depuis… le départ de René Lévesque.

    On a qu’à écouter son intervention au début du "classique" de Loco Locas "Libérez-nous des Libéraux " pour se rendre compte de l’abysse qui nous sépare d’un narratif qui s’élève au-dessus du pablum journalistique que René décriait déjà dans son temps.

    Depuis la mort de René Lévesque, c’est une véritable descente dans l’insignifiance que nos médias-corporatifs on réussit à infliger au concept même de sociale-démocratie.

    Je dois ici souligner que le Canada et le Québec sont encore des nations ou la sociale-démocratie règne quand on nous compare aux pauvres américains. Le Mindfuck est total "in the land of the not so brave and less than free."

    La droite est sur le cas ici. Les gérants de la succurcale de la junte Bush/Cheney sont au pouvoir aussi bien à Ottawa et Québec et la guerre va bon train indeed !

    Tracez les parallèles comme bon vous souhaite avec la réalité américaine telle que décrite ici... HIGHEST BIDDER http://www.youtube.com/watch ?v=MmhL8bjL9vc

    « Le seul instrument dont les Québécois disposent vraiment c’est leur État » - René Lévesque

    On y a vu ;)

    Depuis 1763, nous n’avons plus d’Histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d’autant plus facile que nous secrétons nos propres bourreaux. - Léon Dion / papa de Stéphane …comme la vie est cruelle hein ?

    Donc, le quelque 5% qui a voté pour la seule formation vraiment de gauche incommode encore la droite par sa simple existence ?

    "Oser vivre, ce n’est pas la fin du monde. Juste d’un monde." –René Lévesque

    Les guignols du Frazer Institute et de l’Institut Économique de Montréal devraient nous conseiller sur le meilleur moyen de définitivement nous débarrasser de ces reliques du siècle des lumières ;)

    "Gouverner, c’est faire croire. " – Nicolas Machiavel

    "L’avenir appartient aux imbéciles organisés. Ceux-ci l’emporteront toujours sur les intelligences inorganisées." – Alexandre Sanguinetti

    "The real owners are the big wealthy business interests that control things and make all the important decisions. Forget the politicians. The politicians are put there to give you the idea that you have freedom of choice. You don’t. You have no choice. You have owners. They own you. They own and control the corporations. They’ve long since bought and paid for the Senate, the Congress, the state houses, the city halls, the judges. And they own all the big media companies so they control just about all the news and information you get to hear. They spend billions every year lobbying to get what they want. Well we know what they want. They want more for themselves and less for everyone else. They don’t want a population of citizens capable of critical thinking. They don’t want well informed, well educated people. That’s against their interests. They want obedient workers." - George Carlin

    14 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Michaël Lessard

    • site

    J’ai beau être très politisé et engagé, j’ai détesté ce débat. J’ai tenté de l’écouter en reprise, et j’ai changé de poste. À mon avis, le côté ultra idéologique et énervé de Martin Masse est probablement un des facteurs qui a fait déraper ce qui aurait pu être un débat-discussion stimulant pour les gens. J’étais plutôt insulté à la place des gens de droite, parce que son idéologie étroite n’est pas représentative ; et c’est peu dire considérant que je suis socialiste libertaire.

    Les autres n’ont pas réussi non plus à nous aider à mieux saisir ce qu’est la droite et la gauche. Quoique Gabriel Sainte-Marie a quand même fait de bonnes interventions. J’ai aussi apprécié le respect démocratique de Michel Kelly-Gagnon ; il veut visiblement changer sa relation avec les acteurs sociocommunautaires.

    Mais ce débat m’a fait réfléchir parce qu’une lacune sautait aux yeux : nous ne sommes pas capables de définir concrètement ce que sont le capitalisme, le socialisme, l’économie, la gauche et la droite. Le capitalisme, ce n’est pas le fait de diriger une entreprise ni de faire du commerce : on peut avoir des entreprises faisant du profit qui ne sont pas capitalistes.

    Les vraies différences gauche-droite sont confuses au Québec, parce que nous ne sommes pas très politisés ; j’suis désolé de le dire, mais ça me semble extrêmement vrai. M’enfin, je me tais : je vais rédiger des explications plus compréhensives à un autre moment.

    L’aspect positif : tous les invités se sont mis d’accord contre les modèles autoritaires et ultra centralisés. La nouvelle gauche au Québec souhaite une démocratie plus sincère et non le pouvoir traditionnel. J’aime bien me dire que nous quittons la démocratie de style britannique d’une autre époque et que nous allons vers la démocratie du 21e siècle.

    n.b. : à tous les radicaux (qui s’intéressent à la racine d’une situation ou idée), rappelez-vous que vous ne voulez pas sonner comme certains fanatiques de droite ou gauche.

    15 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Jimmy St-Gelais

    • site

    Heureux de voir que quelqu’un a eu la même impression que moi en écoutant ce débat !

    16 janvier 2008 | répondre | permalien

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