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    De la coca

    le 15 août 2006 | 1070 visites | 3.84 / 5 | 2 commentaire(s)
    De la coca
    photo : Monk Eastman

    Pour le quidam moyen, la coca est une drogue dure point. À tolérer, peut-être bien, comme dans le cas de George W. ou de Boisclair, mais sans plus. Faut dire qu’il y en a en masse, de la cocaïne en Amérique du Nord, et pas seulement là. L’ami Benoît Perron est très versé sur la question, le fait d’assister à une de ses conférences éclairera le lecteur intéressé.

    Non, il est ici question de la coca, la plante qui recèle la cocaïne. Dire que ce sont une seule et même chose, c’est aussi con que dire qu’un raisin égale du vin. La feuille de coca contient 0,001% de cocaïne, il en faut donc pas mal pour faire une ligne.

    Depuis plus de 5 000 ans, cette plante est soigneusement cultivée ; on la consomme pour son effet stimulant, voire bénéfique pour l’être humain : par exemple, elle exerce une action directe sur le système musculaire et agit comme régulateur du coeur. Si l’action du coeur est faible, la coca la renforce. Si au contraire l’action est excessive, la coca diminue son intensité. Dans les cas de tachycardie, la coca produit un battement uniforme (Mantegazza 1992).

    On mâche la coca en prenant soin d’enlever le pétiole de chaque feuille, pour ne pas irriter la joue. Une dose est ce qui tient dans le creux d’une main. Ainsi mâchent les indiens. Il bon de se rappeler que ce n’est pas de la gomme. Un sac de 1 sol (environ 30 cennes) vous dure une bonne semaine. Tout dépendant des régions, on utilise toutes sortes de produits pour augmenter le ph de la muqueuse et ainsi la rendre plus perméable. La plus efficace, le bicarbonate de soude, la plus savoureuse, la litqa, de la cendre de quinoa ; on en saupoudre un peu au centre du picchu, ou encore on en croque un petit morceau qu’on garde en bouche à côté.

    La coca est également un antidépresseur naturel qui soulage la tristesse, un analgésique qui soulage la douleur, et un aliment concentré qui peut soulager la faim, les scientifiques le savent depuis déjà vingt ans. De même, toutes les cultures d’Amérique latine ont mâché de la coca. Les Coclé au Panama, les Tairones en Colombie, le Tihuanaco en Bolivie, tous faisaient usage de la coca. On a même retrouvé des traces de tribus nomades postglaciaires qui utilisaient la coca.

    C’est la plante domestiquée la plus ancienne de toute l’Amérique du Sud. Avant Colomb, la feuille de coca occupait une place centrale dans tous les rituels, et contrairement au mythe qui veut que seule l’élite des Incas en consommait, on sait maintenant que son usage était généralisé au sein de la population (Flain 2006). Ceci devait changer avec l’arrivée des Espagnols. Exacerbé par cette herbe verde que tous les indigènes mâchaient sans cesse, Américo Vespusio écrit qu’il en ignore la fonction. En raison de son rôle central dans la spiritualité des indiens, ces bons vieux frères de l’Église catholique s’empressèrent de dire que la coca était l’oeuvre du diable. L’inquisition s’occupa du reste (voir Benoît XVI, pape) en se chargeant de persécuter et de massacrer les indiens qui consommaient de la coca.

    La découverte d’un important gisement d’argent au Potosi, en Bolivie, jouera toutefois en faveur de la plante lorsqu’on remarque qu’un indien peut travailler 48 heures sans interruption rien qu’en mastiquant de la coca. Le roi d’Espagne déclare donc la feuille de coca comme étant essentielle au bien-être des indiens. Les Espagnols s’emparent alors de la production, et l’Église impose une dîme sur la coca à partir de 1580. Ce qui n’est guère surprenant, le lecteur en conviendra.

    La feuille de coca procure une meilleure résistance à l’effort physique, mais son rôle est plus important encore dans le cas de la respiration, permettant une plus grande absorption d’oxygène dans le sang et le cerveau. Les indiens la tiennent pour sacrée puisque synonyme de lucidité, ce qui est exact si on considère qu’une meilleure oxygénation du cortex entraîne une plus grande lucidité mentale. La coca prévient la thrombose, et régule le glucose sanguin, ce qui en fait l’alliée des diabétiques.

    PROCHAINEMENT : La liste des importateurs autorisés

    Mots-clés : amérique latine et Technologie

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Question peut-être niaiseuse, mais pourquoi est-ce que la feuille est interdite pour la consommation ?

    15 août 2006 | répondre | permalien
    • Amazonia

    Elle n’est pas interdite pour la consommation du peuple bolivien, elle est juste limité en production pour que le surplus ne serve pas a faire de la coke ! Avec l’extension des cultures annoncée par Papa Morales, la production de Coke va monter meme si a l’interieur du pays ca devient de plus en plus dur. Il faut savoir que en Bolivie on peut faire de la cocaine dans son garage comme certains distillent des patates pour en faire de l’alcool, pas tres dur donc. A voir dans l’avenir, meme si le positif n’est pas proche à mon avis.

    9 janvier 2007 | répondre | permalien

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