Grand Prix de Malaisie : c’est encore dans les stands que s’est faite la décision ! Un écrou de roue avant qui reste bloqué, et Hamilton est ramené au rang de figurant : ce n’est pas normal, ce n’est pas juste. La course a forcément ses règles, mais ne doit-on pas rechercher des règles qui favorisent le pilote plus que les mécaniciens (mot fourre-tout pour désigner tous ceux qui sont autour de la voiture) ? Avec les ravitaillements en essence et les changements de pneumatiques, l’arrêt au paddock est un passage obligé, c’est une évidence. Mais c’est là que se joue parfois - trop souvent - la course, et non hélas sur la piste ! Or on ne peut envisager de le supprimer car il faudrait redéfinir les spécifications techniques des voitures, ou la F1 elle-même. Ce n’est certes pas impossible, mais avant de se lancer dans cette révision drastique des solutions peuvent être mises en place pour donner à la course un attrait supplémentaire : les règles doivent favoriser l’expression du talent des pilotes, et non la dextérité des mécaniciens pour faire un plein ou changer deux pneus ou encore cette fumeuse « stratégie de course » qui n’est rien d’autre que la bonne utilisation de ses arrêts pour grappiller les secondes que l’on ne peut gagner sur le circuit. Un pilote et une voiture, telle doit être l’objectif : il convient donc de neutraliser ce qui se passe dans les stands pendant les arrêts.
Une solution peut contraignante consisterait à définir, pour chaque course, en fonction par exemple de certains paramètres du circuit et/ou des prévisions météo, un nombre d’arrêts obligatoires (ou un nombre minimum d’arrêts obligatoires) pour faire le plein d’essence et changer les pneumatiques, d’une part, et d’autre part, d’imposer un temps d’immobilisation minimum à la voiture à chaque arrêt, par exemple de 15 ou 20 secondes - suffisamment long pour réduire les risques d’incendie, d’accrochage avec les mécaniciens, etc. La course ne se jouerait donc plus sur l’habileté du pompiste de l’écurie ou du préposé au changement de roue !
Cette règle, très facile à mettre en œuvre, aurait plus de justification par exemple que celle qui a consisté à imposer un même fabricant de pneus à toutes les équipes (pourquoi pas la même boîte, le même moteur, ou la même voiture), et une portée sportive infiniment plus forte : c’est le pilote et la voiture qui gagnent... Le sport automobile a tout à y gagner.
Après la suppression des aides électroniques au pilotage (une très bonne décision), on peut donc aller plus loin en supprimant la « prime de stand » qui est accordée aux équipes les plus riches, et mettre fin à cette insupportable et ridicule "stratégie" qui voudrait nous fait croire que c’est le patron bedonnant de l’écurie qui gagne le Grand Prix par ses choix judicieux et secrets.
À moins que l’on s’oriente vers des ravitaillements en course, sans arrêt au stand, avec par exemple des hélicoptères - comme il y a des ravitaillements en vol pour avions militaires. Les télévisions adoreraient... Mais ce ne serait plus du sport automobile, tout au mieux un jeu vidéo « pas pour de faux ! ».
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