• Cuba : le danger de l’ingérence politique internationale

    11 août 2006 | 1 commentaire(s) | 9 affichage(s)

    La question d’être pro ou anti-castriste me semble être un faux débat. Ce point divise l’opinion publique et cache le vrai danger. Ce qui est alarmant, c’est le plan de la Commission for Assistance for a Free Cuba, et l’ingérence politique qui menace Cuba.

    Le danger est la violation du droit international, et les projets de l’administration américaine pour l’île. Nous prépare-t-on à un autre Irak ? Un autre Liban ? Nous pouvons critiquer le système cubain, le parti unique, Fidel et le communisme, mais cela ne justifie en rien une intervention américaine sur l’île.

    Pourtant, sous notre « démocratie », les libanais continuent d’être bombardés, et le génocide semble être justifié par notre propre gouvernement.

    Les États-unis promettent d’installer la démocratie à Cuba, et Washington a planifié depuis longtemps le Cuba postcastriste. La Commission for Assistance for a Free Cuba, a préparé un plan de transition approuvé par le gouvernement Bush. Selon ce plan, les États-Unis déclencheraient rapidement des élections, et un nouveau gouvernement cubain sera formé. Mais qui fera partie de ce nouveau gouvernement ? Serait-ce les mêmes députés en place, puisqu’ils ont déjà été élus par le suffrage universel, ou serait-ce les cubains exilés à Miami ? Ces mêmes exilés qui ont reçu le titre de « mercenaires du Pentagone ».

    Le plan Bush est composé de sept chapitres, un budget total de 80 millions de dollars a été alloué pour son exécution prochaine. On peut lire dans le rapport que « le régime castriste ne subvient même pas aux besoins humanitaires de base du peuple cubain. La malnutrition
    chronique, l’eau potable polluée, et des maladies chroniques non traitées affectent toujours un pourcentage significatif du peuple cubain ». Étrange fait car si on analyse les données de l’office mondial de la santé (OMS), les principaux indicateurs de santé cubains sont supérieurs à ceux des États-unis. Cuba se comparent aux pays riches et développés, avec une espérance de vie de 77 ans (Canada, 78,4 ans) et un taux de mortalité infantile de 5, 8 par 1000 (Canada, 5, 4/1000). De plus, si les cubains manquent de biens matériels, c’est peut-être en majeure partie à cause de la loi Helms-Burton qui sanctionne les pays qui investissent à Cuba, une loi fort contestée par l’Union Européenne.

    Autre fait, l’indice de développement humain de l’île est le plus élevé du Tiers-monde, et s’est mérité l’éloge de nombreuses institutions internationales, dont les Nations Unies. Donc, la déclaration du rapport américain de démocratisation de Cuba se trouve être erronée.

    Ce plan de démocratisation a alloué 24 millions de dollars additionnels à Radio et TV Martí, des chaînes émises des États-unis pour la transmission de ses programmes vers Cuba, en violation de la législation internationale. Les américains justifient cette violation de la législation internationale par leur désir d’offrir aux habitants de l’île une ouverture sur d’autres médias, et vers le monde. Un autre fait étrange est que Cuba a un accès limité aux satellites, ce qui restreint ses connections tant pour l’Internet, que pour les réseaux radiophoniques et télévisuels, car Cuba est sous blocus états-uniens depuis 1962. Si les États-unis levaient le blocus, peut-être que les cubains pourraient avoir accès à toutes les chaînes américaines, des caraïbes et de l’Amérique du Sud. Ce blocus est pourtant contesté par l’ONU unanimement, seuls les États-Unis et Israël l’imposent encore.

    Puis, l’interdiction imposée par le gouvernement américain lui-même à ses citoyens d’aller à Cuba, n’aide pas les cubains à « s’ouvrir au monde ». Les citoyens états-uniens sont passibles d’une amende de 20 000 $ (US), s’ils se rendent en territoire cubain. De plus, les exilés vivants aux États-unis ne peuvent visiter leur pays d’origine plus de 3 semaines tous les 3 ans. Un des cas connus est celui de Barbara et Wally Smith, un couple de retraités du Vermont, coupable d’une amende de 55 000 dollars pour avoir fait du vélo à Cuba, et avoir exposé leur photos de voyages sur un site internet. De plus, les États-Unis ont mandaté les douaniers du Canada, du Mexique et d’autres pays de signaler les citoyens états-uniens qui voyagent à Cuba. On retrouve environ 21 employés à temps plein pour le contrôle de l’embargo et de l’interdiction de voyager à Cuba, pour 4 employés pour traquer les finances de Ben Laden et de Saddam Hussein.

    Washington avise également qu’elle jugera les hauts placés et cadres cubains selon les lois américaines, se retrouveront-ils eux aussi à Guantanamo, avec les irakiens et les afghans ? Dans cette prison illégale, sur le territoire même de Cuba, dans une base qui viole le droit international ?

    Ce rapport est cependant réaliste, car il reconnaît qu’une période trouble s’installera à Cuba, et qu’il y aura probablement une résistance castriste qu’il faudra éliminer et traquer, toujours selon washington. Il y aura beaucoup de morts, des innocents, mais parait-il que la mort de centaines d’enfants est inévitable pour installer une « démocratie », et pour la lutte contre le terrorisme.

    L’histoire nous a démontré les tentatives états-uniennes d’annexion de Cuba pour divers intérêts géopolitiques, et une prochaine invasion s’annonce avec le plan de « démocratisation de Cuba ». Une intervention américaine sur l’île est injustifiée, comme toutes celles que la puissance mondiale mène aujourd’hui. Même les anti-castristes les plus farouches ne devraient pas soutenir une intervention américaine.

    Pour ceux qui accusent le gouvernement de Castro de violation des droits et libertés, il existe des organismes internationaux pour défendre ces droits. C’est pour fortifier ces organes que nous devons investir notre argent et toute notre énergie, et non pas dans la guerre et l’armement. Si nous continuons dans cette ingérence politique, nous perdrons de grands acquis, et nous sommes déjà en train de faire un retour en arrière par tant de violations de la charte des droits et libertés. De plus, comment un pays qui ne respecte pas le droit international peut-il se permettre de semer la « démocratie » ? D’autant plus que l’on connaît l’intérêt américain pour l’annexion de l’île à son territoire, et ce depuis le 19 ième siècle.

    Arrêtons de parler de Fidel, et parlons de Cuba, car toutes ces révolutions sociales récompensées par l’UNESCO pour leurs développements humains, les cubains ne les doivent qu’à eux-mêmes.

    Ne tombons pas dans de faux débats, et optons pour des résolutions pacifistes, réfléchies, et soyons cohérents envers nous-même. Revisitons l’histoire, car elle ne cesse de se répéter.

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  • Un commentaire

    • Grdbleu

    Le 03/03/07 - Jlouis en réponse à LEILA sur son article d’août 2006
    http://www.centpapiers.com/spip.php ?article749&id_article=749#formulaire_forum

    Indigeste ou Bienfaisante ingérence ???

    Il m’ a plu de lire cet article et d’apprécier le bon sens qu’il dégage.
    Toute ingérence est inacceptable car elle agit en violation, du droit et souvent avec des intérêts feints.

    Cependant le droit ou devoir d’ingérence, par les voies les plus démocratiques reconnues telle que l’ ONU, [autorité supra nationale], devraient nous permettre d’agir pour lutter et éviter la pire des emprises humanitaires, celles issues des théocraties, qui s’érigent en dogme pour détourner l’individu du sacré intime que chaque être porte en lui quelque en soit sa religion.

    La pauvreté, la misère se combattent, disparaissent, avec des assises sur des vraies valeurs humaines de respect [acceptation de différences], de fraternité, de solidarité, de liberté…..
    En aucun cas dans un embrigadement intéressé même s’il se proclame du BIEN ….

    L’individu est le seul à juger de ce qui est BIEN pour lui …
    C’est à lui, pour lui et par lui que passe la notion de BIEN ETRE …
    Partagée, désintéressée (EGO en apesanteur), offerte cette notion de BIEN ETRE individuel s’enrichit des autres et le BIEN ETRE devient communautaire …..

    Ah si seulement ….
    Chacun était prêt à écouter, à partager, à enrichir le débat

    jlouis

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