
Bon, je dois me rendre à l’évidence : je ne peux plus continuer à écrire des romans dans la section « répondre à l’article » ! C’est donc pour cette raison que j’ai décidé d’écrire moi-même un article sur un sujet très présent dans le monde médiatique : la maladie de Fidel.
J’avoue être calé au sujet de Cuba et de son chef d’état. Depuis l’an passé, ayant eu une copine cubaine (Ah ! L’amour ! Ça fait faire des choses terribles !), je me suis rendu à Cuba deux fois et j’ai lu énormément sur le sujet. Des écrits politiques aux récits de voyage sur l’île, je crois être passé partout, ou à peu près ! On pourrait même me qualifier de « cubanophile » ! Bref, tout cela pour dire que j’y ai découvert une patrie merveilleuse ! Par contre, je suis un peu désolé de voir qu’en ces derniers temps, on construit et surtout, on détruit l’histoire et la politique de l’île sans fondements. Il ne s’agit pas d’être un pur fidelista ou d’être un extrémiste de droite, mais il s’agit de savoir pourquoi on l’est, et pourquoi on aime ou on déteste Fidel. Et de ce côté-là, je suis habitué aux gens qui parlent sans fondement, car au Québec, il y a les séparatistes et les fédéralistes qui disent n’importe quoi aussi ! Ainsi, je me permettrai de laisser mon opinion ici afin que suite à l’article, je l’espère, les gens débattront intelligemment du sujet.
Fidel cède les pouvoirs à Raúl, c’est la cohue ! Pardonnez-moi si j’appelle le président Fidel et le vice-président Raúl, mais c’est une réalité, à Cuba, on les appelle ainsi et non MM. Castro. C’est aussi un fait que l’on ne l’appelle pas Líder Maximó parce qu’à Cuba, on sait que la vraie forme, c’est Líder Maximó de la révolucíon. Alors c’est ça, Raúl prend les rênes, le monde entier s’agite, c’est la fin de Fidel et le début d’une ère de démocratie. Ah oui ? Quelle démocratie ? Celle où la masse populaire se fait adroitement contrôler par un président corrompu qui vendrait les intérêts de son pays à un quelconque magnat du pétrole ? Je sais que tous les pays capitalistes ne fonctionnent pas de cette façon, et c’est tant mieux ! Ainsi, je ne peux qu’espérer que si Cuba régresse, ce sera bien fait. Mais j’ai peine à croire que le régime « démocratique » américain, celui qui influencera directement une transition, s’il y en a une, ne fera pas en sorte de ramener Cuba au stade de colonie. Effectivement, lorsque l’on lit le rapport de la Commission pour une Cuba libre, on se rend compte qu’ils prévoient d’éliminer toute intervention de l’État, et de remettre tout au secteur privé ! Ce sera triste de voir des enfants, dont les parents gagneront un salaire se situant autour de quelques sous de l’heure dans un monde où tout coûte très cher ne pas pouvoir se faire soigner, faute de moyen ! Ou encore de les voir rôder, avec une instruction mineure, car l’école coûtera trop cher pour la majorité de la population. Les Cubains seront libres....libres de quoi ? De mourir dans la rue alors qu’avec Fidel, ils étaient logés, nourris et éduqués ?
Après une discussion dans l’arrière-cour de la maison d’une vieille dame cubaine, j’ai compris pourquoi on admirait tant Fidel sur l’île. Eh oui ! On admire Fidel ! Quand on sort des lieux touristiques, véritables attrape-nigauds, on découvre un peuple fier, révolutionnaire, qui aime Cuba et qui, le plus important, est resté humain. Pas d’influence sombre américaine, rien, seulement des personnes qui donneraient leur vie pour aider un passant. Le pueblo cubano a été protégé par leur chien de garde, Fidel, de tout anéantissement personnel relevant de la recherche sauvage du capital dans les pays dits démocratiques. Bien sûr qu’à Cuba, on ne voit pas de voitures à 1 million de dollars ou de villa tout en marbre, mais il ne faut pas oublier que depuis toujours, Cuba est un pays de l’Amérique latine...En connaissez-vous beaucoup de pays d’Amérique latine très riches ? Prenez le temps d’y penser...Haïti, République dominicaine, Colombie...dans tous ces pays, le niveau de vie est bien moins élevé !
Et puis Fidel ? Que dire de ses actes ? Il n’a pas toujours été parfait, personne ne l’est. Et il a admis qu’il avait commis des erreurs. Qui peut lui en vouloir ? Le Premier ministre canadien qui a avoué son appui à Israël ? Moi ? Vous ? Je prendrais bien encore quelques centaines de pages pour vous en parler, mais les articles ne doivent pas être trop longs. Prenez seulement le temps de vous informer avant de détruire la révolution et ses acquis. Et pour les autres, prenez aussi le temps de vous instruire avant de dire que Cuba est une merveille de ce monde !
/BOUCLE_video>Merci Guillaume. Je suis d’accord avec toi. Il faut avoir vécu avec des cubains ; et à Cuba pour comprendre ce que représente Fidel. Avant d’avoir vécu à Cuba, j’admirais le Che, mais pas Fidel. Aujourd’hui ; j’ai compris que c’est des hommes qui ont sûrement fait des erreurs, mais leur but a toujours été le bien du peuple, et non pas leur profit personnel, contrairement à nos dirigeants "élus démocratiquement"
Vous oubliez un point essentiel :
Cuba est une dictature, un régime totalitaire. Hitler aussi fut aimé par son peuple...
Les "réussites" sociales à Cuba rendent-elles légitime la dictature et la privation des libertés ?
Pourquoi tant de Cubains fuient-ils leur pays ?
Pourquoi le régime interdit-il à ses ressortissants les déplacements ?
Les Cubains n’ont-ils le choix qu’entre la démocratie néo-libérale des Etats-Unis et la dictature Castriste ?
Une dictature reste une dictature et sa disparition ne me tirera aucune larme...
Bien que beaucoup de gens ne le savent pas, Cuba est une démocratie participative. Je choque sûrement beaucoup d’entre vous, mais la dictature, c’est comme en belgique, au Maroc, où on a des monarchies héréditaires ! Lisez ci-bas comment fonctionne le système électoral à Cuba.
Les cubains peuvent voyager s’ils reçoivent une carte d’invitation, et que leurs frais sont assurés par leur hôte. En effet, économiquement, aucun cubain ne peut s’offrir un billet d’avion. Donc cette mesure est d’abord économique, qu’on retrouve dans d’autres pays et pas qu’à Cuba. (C’était le cas en Algérie, au Maroc, en Pologne, en Bulgarie, et autres).
De plus, l’immigration légale est illégale du Sud au Nord est un phénomène qui touche tous les pays du Tiers-monde, et n’est pas particulier à Cuba. Les haïtiens arrivent par centaines tous les jours sur les côtes de Floride, pareil pour les marocains en Espagne.
Bonne lecture :
Système électoral
Les élections à Cuba ont lieu tous les cinq ans. Elles sont libres et les organisations politiques ne peuvent participer ni présenter leurs candidats. L’inscription est universelle, non-obligatoire et à titre gracieux pour tous les citoyens âgés de plus de 16 ans, ayant leur droit de vote.
Le processus de sélection commence à partir de la présentation des candidats au Pouvoir Populaire de base, directement par les électeurs dans les assemblées publiques du quartier.
Le vote est libre et secret. Tous les citoyens cubains ont le droit d’élire et d’être élus. En l’absence de listes de partis, chacun peut voter directement par le candidat de son choix .
Les urnes son surveillées par des enfants et des jeunes collégiens. Au terme de la votation, elles sont scellées en présence de la population et les votes sont publiquement comptés, avec même la participation de la presse nationale et étrangère, de diplomates, de touristes et de tout celui qu’y soit intéressé.
Un candidat ne peut être élu que s’il obtient plus de 50% des voix valides émises lors du premier tour. Le cas échéant, les deux candidats ayant la majorité des voix passeront au deuxième tour.
Les élections directes ont pour objectif choisir les délégués de base de chaque municipalité et province, ainsi que les députés à l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire.
La Commission nationale des candidatures est constituée pour chaque élection par des représentants de la Centrale des Travailleurs de Cuba, des Comités de Défense de la Révolution, de la Fédération des Femmes Cubaines, de l’Association des Petits Agriculteurs, de la Fédération des Étudiants Universitaires et de la Fédération des Étudiants de l’ Enseignement Supérieur.
Le Conseil d’État et son président sont élus par les députés.
Dans le système électoral cubain, tous les organes du Pouvoir de l’État sont élus et renouvelés. Tous les candidats élus sont tenus de rendre comptes à leurs électeurs et peuvent être révoqués par ceux qui lui ont soutenu.
L’ Assemblée nationale du Pouvoir populaire
L’Assemblée Nationale est un Parlement composé d’une seule chambre de 601 députés, qui a été créé lors des élections en 1976. La Constitution de la République de Cuba adoptée en Referendum par 97,7% des électeurs, le 15 février 1976, dans un plébiscite comptant avec la participation de 98% des électeurs, a donnée à l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire la catégorie d’organe suprême du pouvoir de l’État, comme représentante et expression de la volonté souveraine de tout le peuple.
L’Assemblée Nationale siège en deux sessions ordinaires par an, mais elle est intégrée par dix commissions permanentes. C’est le seul organe avec des pouvoirs constituants et législatifs. Le Conseil d’État et le Président sont élus par ses députés.
Étant donné que l’Assemblée Nationale est l’Organe Suprême du Pouvoir de l’Etat et les fonctions législatives, exécutives et judiciaires lui ont été subordonnées, le Chef d’État et de Gouvernement n’a pas le droit de la dissoudre.
La présidence est composée d’un président, un vice-président et un secrétaire.
L’Assemblée Nationale a le pouvoir de réformer la Constitution, d’adopter, modifier ou déroger les lois, de discuter et approuver les plans nationaux de développement économique, le budget de l’État, les systèmes monétaire et crédit, les lignes de politique extérieure et intérieure, ainsi que d’élire le Conseil des Ministres et les membres de la Cour suprême et le Ministère public de la République.
L’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire est membre de l’Union Interparlementaire et du Parlement latino-américain. Elle a constitué 55 Groupes Parlementaires d’Amitié, y compris le Groupe d’Amitié Cuba-France, présidé par Miguel Barnet, une personnalité importante du domaine des lettres cubaines.
Composition
Président : Ricardo Alarcón de Quesada
Vice-président Jaime Crombet Hernández-Vaquero
Secrétaire Ernesto Suárez Mendez
Total : Députés 601
· Femmes députées 166 représentent 27,62%
· Diplômes de l’Enseignement Secondaire de Base18 représentent 0,3%
· Diplômes de l’Enseignement Secondaire Supérieur 111 représentent 18,0%
· Diplômés Universitaires 471 représentent 78,36%
· 31.4 % sont âgés de 40 ans ; 62.2% entre 41 et 60 ans.
· 145 travaillent directement dans la production et les services, ce qui représente para 24,1% ; tandis que 31 députés appartiennent au secteur de la santé, soit, 5.16%.
· Il y a 35 membres des Forces Armées et de l’Ordre Intérieur, soit, 5.83%.
· Représentants religieux : 3, soit, 0,50%
Conseil d’Etat
Commandant en chef Fidel Castro Ruz
President
General d’Armée Raúl Castro Ruz
Premier Vice-Président
Le Conseil d’État est l’organe qui représente l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire entre ses deux plénières. Il est chargé d’exécuter les accords qu’elle a pris et de remplir les fonctions qui lui ont été attribuées par la Constitution.
Le Président du Conseil d’État est également le Chef d’État et le Chef de Gouvernement. C’est pourquoi, le Chef du Gouvernement cubain doit se soumettre à deux processus électoraux ; il doit, d’abord, être élu par le peuple comme député, d’un vote libre, direct et secret, et après, par les députés, d’un vote aussi libre, direct et secret. Le Conseil d’État est intégré par un Président, un Premier Vice-président, cinq Vice-présidents, un Secrétaire et 23 Membres.
Conseil des Ministres
Comandant en Chef Fidel Castro Ruz
Président
Général d’Armée Raúl Castro Ruz
Premier Vice-président
Docteur Carlos Lage Dávila
Secrétaire
Il est le plus haut organe exécutif et administratif de Cuba et constitue le Gouvernement de la République.
Sa composition réunit le Chef d’État et de Gouvernement, qui est son Président, le Premier Vice-président et les Vice-présidents du Conseil d’État, ainsi que les ministres et présidents des organismes liées.
L’organe le plus important du Conseil des ministres est le Comité exécutif, intégré par le Président, le Premier Vice-président et les Vice-présidents, qui contrôlent et coordonnent par secteurs les actions des ministères et des organismes centraux de l’administration.
Le Conseil des ministres est chargé, entre autres, d’organiser et de diriger l’exécution des actions politiques, économiques, culturelles, scientifiques, sociales et de défense accordées par l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire. Ainsi, il avance les projets des plans généraux visant au développement économique et social de l’État, lesquels une fois adoptés par l’Assemblée National, sont organisés, gérés et contrôlés dans leur exécution par le Conseil.
Estructure du Conseil de Ministres
Gouvernements provinciaux et municipaux
Le territoire cubain est divisé en 14 provinces, une municipalité spéciale qui relève du niveau central et 168 municipalités subordonnés à leurs provinces respectives. L’Assemblée des Délégués du Pouvoir Populaire, constituée en chacune de ces divisions politico-administratives, représentent les organes supérieurs locaux du pouvoir de l’État, conformément à la Constitution de la République.
Les membres de ces institutions à niveau municipal et provincial sont revêtus de la plus haute autorité pour l’exercice des fonctions étatiques. Ils exercent alors leur mandat et, à travers des organes qui représentent, s’occupent de diriger les entités liées aux secteur économique, de la production et des services qui sont directement de leur ressort, et contribuent au développement des actions destinées à satisfaire les besoins d’assistance médicale, économiques, culturels et de loisirs chez la population qui habite dans leurs juridictions.
Evidemment, cela fait près de 50 ans qu’on nous ment sur la nature du régime cubain !!
Je ne démonterai pas point par point les invraisemblances et la face cachée du système dont vous faites la description. Ce serait long et fastidieux comme un discours de Fidel !!
Mais je reste perplexe sur l’aspect démocratique d’un régime capable d’élire pendant près de 50 ans le même président et le même vice-président ! (en plus deux frères...)
Je suis perplexe devant des taux de participation de 95 à 98% aux élections. C’est très rare et statistiquement peu probable dans un pays où l’on garantirait les libertés...
Je suis perplexe sur la caution démocratique que vous citez (l’union interparlementaire) qui, certes, accueille 140 pays. Mais dont certains de ses membres (Pakistan, Corée du Nord ou Iran...) sont des modèles de démocratie !
Quand au mode d’élection, s’il était si parfait, je ne crois pas qu’il déboucherait sur tant de "conscensus". La polémique (au sens noble du terme) est dans la nature même d’un homme libre.
Sur la liberté de mouvement des cubains, je reste aussi perplexe... et vous omettez de décrire le système extrêmement dissuasif (financièrement et administrativement) pour qu’un cubain puisse quitter son île : Comment cubain désirant se rendre en Belgique pourrait s’y faire inviter ? Par qui ???? Quel résident Belge s’engagerait à assurer financièrement la venue d’un hôte qu’il ne connaitrait pas ??? Vous oubliez également de signaler que pour ce voyage (simplement touristique) , notre hôte belge devrait rédiger pour son ami cubain une lettre motivation précisant depuis quand il connaît l’invité, les motifs de l’invitation...
Vous trouvez que le seul problème est le prix du billet ? Vous trouvez vraiment que la liberté de circulation est garantie ainsi ???
Reste enfin la question des droits de l’Homme. Mais dites moi que la presse et le droit d’expression sont libres...
J’oubliais : Comment a-t-on pu nous cacher depuis 50 ans un régime politique aussi parfait ? Cela relèverait-il d’un complot ???
Soyons sérieux, votre discours ressemble trop à celui que tenaient les défenseurs des "démocraties" populaires de l’Europe de l’Est, des personnes qui en Europe revenaient de Moscou les yeux encore mouillés par tant de bonheur et décrivaient aux Français une URSS où les citoyens baignaient la douce quiétude du communisme triomphant...
Beaucoup y ont cru, et puis les yeux se sont ouverts...
Bonjour, Je crois que comparer Cuba à l’Europe de l’Est serait mal connaître l’île. Cuba est un pays différent, qui applique son socialisme à la cubaine. Il y a un aspect culturel très important qu’on ne doit pas négliger.
Je pense qu’il ne faut jamais oublier le blocus économique. On reproche beaucoup de chose au pays, mais beaucoup de problèmes viennent du blocus imposé depuis 1962.
La liberté de la presse, parlons-en. Cuba défend son droit d’avoir une presse qui va dans le sens de la révolution, et qui ne fera que des critiques positives. Ce point est discutable, j’en conviens, mais pouvons-nous parler de nos médias « libres » si on sait qu’elles sont privées, et qu’elles appartiennent souvent aux mêmes capitaux. Nos médias nous lavent le cerveau par des produits de consommation, du savon pour la peau jusqu`à la croisière dans les Bahamas. Nos chers médias nous offrent si peu de vrais informations, puisqu’elles abondent toutes dans le sens du $. Sinon, ce site n’existerait pas.
Nos campagnes électorales financées par des entreprises privées, qui ensuite sont bien récompensées une fois le candidat en question est élu, c’est ça la démocratie ? Et des millions de citoyens qui disent non à la guerre, mais nos gouvernements démocratiques n’en font qu’à leurs poches. Ils suivent ce que leurs économistes dictent pour stimuler le marché, croître la consommation, augmenter l’armement, et que pouvons-nous dire de tout ça ?
La liberté qu’il n’y a pas à Cuba, c’est celle de consommer. Mais les produits pourraient être plus diversifiés si ce blocus injuste se levait un jour.
La question est longue, mais je ne veux pas idéaliser Cuba. Sauf que je vois que le système cubain est plus respectueux envers l’être humain, l’environnement, et cela bien plus que toutes les "démocraties" qui tuent notre planète et nous avec.
Mais on s’acharne sur Cuba, parce que c’est le mauvais élève, pendant ce temps, les Chirac, les Harper, et les Elisabeth boivent du vin blanc à notre santé, en nous faisons croire que nous sommes libres.
Je ne compare pas Cuba à l’Europe de l’Est, je compare l’attitude et l’argumentaire de ceux qui, dans les années 70 et 80 défendaient le modèle communiste en Europe et ceux qui aujourd’hui défendent le modèle Cubain. Les arguments, la réthorique sont très similaires.
Pour preuve : La question de la liberté de la presse. Vous utilisez un doux euphémisme :"Cuba défend son droit d’avoir une presse qui va dans le sens de la révolution, et qui ne fera que des critiques positives. Ce point est discutable..." pour nous expliquer que finalement, la liberté de la presse consiste uniquement à faire une critique positive (à dire du bien, quoi !) du régime. Etrange liberté. Or, la liberté de la presse ne peut exister, si et seulement si, elle permet l’expression d’opinions contradictoires. On en est loin...
Vous expliquez ensuite que c’est pire dans nos pays occidentaux. Et là, effectivement vous reprenez le même discours de l’extrême-gauche en Europe qui pour nous faire oublier les graves atteintes aux libertés des régimes communistes nous dénonçaient les quelques dérives du système libéral.
"A regarder la paille dans l’oeil du voisin, on oublie la poutre qui est dans le sien"
Oui, notre système est imparfait. Mais il vous permet de le critiquer, il vous donne cette liberté. Toute la presse n’est pas et n’a jamais été aux mains d’un "grand capital". Les médias libres fleurissent grâce à Internet (existent-ils à Cuba ?). En France, puis que je suis français, il existe encore une presse écrite totalement indépendante (le Canard Enchainé, Charlie-Hebdo), une presse d’opinion (L’Humanité pour le Parti Communiste, le Figaro pour la droite...). C’est vrai, les plus grands médias sont aux mains de grands groupes industriels. Mais la pluralité de l’information existe chez-nous. Existe-t-elle à Cuba ?
Vous dites que le système Cubain est plus respectueux envers l’être humain. Mais la première marque de respect n’est-ce pas de garantir la liberté à toute homme et femme ?
On ne peut pas tout mettre sur le dos du Blocus. Ce n’est pas le blocus qui a contraint le gouvernement d’arrêter et d’emprisonner le poète et journaliste Raul Rivero qui depuis vit en exil en Espagne.
Et encore une fois, je ne pense pas que dans une véritable démocratie on puisse élire pendant près de 50 ans deux frères à la tête de l’Etat !
Bref, pour être une démocratie, il manque à Cuba l’essentiel : la garantie des libertés pour chacun.
Question subsidiaire : Un tel débat serait-il possible à Cuba ?
Je crois que notre discussion me ramène à l’article sur le faux débat. Il est certain que le gouvernement cubain a fait des abus, mais voilà, je crois qu’il est loin d’être le pire. Je peux certifier qu’il n’y a aucun gouvernement au monde qui n’a pas de tâches noires sur son parcours, et que tous les dirigeants ont eu une main de fer directement ou indirectement. Cependant, je ne crois pas que Cuba soit le pire, bien au contraire. Dans la charte du millénaire, Cuba est le meilleur élève. Il y a même beaucoup d’injustices qui s’abat sur ce pays, mais nous réagissons bien plus fort quand il s’agit de blâmer Cuba. Nous devrions concentrer notre énergie a voir ce qui marche, et dénoncer les vrais assassins.
Vous savez comme moi que la CIA a quant à elle soutenu des dictatures barbares, assassiné des milliers, même des millions de personnes, et souvent le gouvernement des USA assume publiquement son implication dans des génocides. Et nous, on est là à blâmer un système qui a plus de mérites qu’on ne voudrait le dire.
Je pense que c’est une question de priorité malheureusement. L’ordre mondial fait en sorte qu’on ne devrait pas taper sur les petits. Cette dite démocratie si chère aux occidentaux, existe-elle ? Je ne crois pas. Aujourd’hui, la dictature c’est ferme ta gueule, et la démocratie, c’est cause toujours.
Les occidentaux ont cru trouver une vérité universelle, qu’ils n’arrivent pas à appliquer chez eux. J’ai l’impression qu’on est au temps de l’inquisition, où on jugeait les indiens d’Amérique selon la bible, et selon une parole divine que les plus catholiques des cathos n’ont jamais respecté.
Oui, mon discours vous choquera probablement, j’en suis consciente. Mais je suis navrée de voir la situation de notre planète, et je trouve qu’elle a empiré depuis la création du FMI et de la banque mondiale, bref depuis que les marchés occidentaux ont décidé d’arranger les choses selon leur vérité, sans respect pour la culture et la philosophie de grandes civilisations humaines.
Voilà, Cuba offre une bonne qualité de vie à ses citoyens, et leur développement est beaucoup plus durable et plus sain que celui que proposent l’Europe et l’Amérique du Nord. Je ne crois pas qu’on soit réellement libre en occident non plus. Bien sûr, on peut se demander, mais qu’est-ce que la liberté ? Est-ce une liberté d’agir ? de penser ? de consommer ? Ou de tout ça à la fois.
Et si pour certains liberté était synonyme de dignité ? A Cuba je n’ai jamais vu de sans abri, ni d’enfants qui travaillent, ni d’esclavage. Ici, dans ma ville adoptive, Montréal, je peux vous dire que l’esclavage existe, et qu’il y a des gens qui meurent de froid l’hiver parce que notre système n’a pas su les garder et les réinsérer dans la société.
En plus, notre planète nous dit clairement basta, khlass, c finit, elle n’en peut plus.
Et puis notre système fonctionne seulement et seulement parce qu’on a des enfants qui travaillent pour une misère en Asie, et que les entreprises savent piller les richesses dans les pays dévastés par la guerre ou la misère.
C’est en ayant cette vision globale que j’estime que nous sommes prisonniers d’un système inhumain. Selon mes valeurs et mon sens.

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