• Cursoux Gérald

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    • Auvergnat d'origine, savoyard d'adoption. Plusieurs métiers exercés en France, Algérie, Gabon, Québec... Grand lecteur de la presse papier payante. Occasionnellement rédacteur sur CentPapiers. Totale aversion pour l'anonymat sur le net.

    Crise financière : le modèle albanais

    4 octobre 2008 | 0 commentaire(s) | 9 affichage(s)

    Au début des années 2000, des Albanais ce sont ruinés au jeu de la « mise pyramidale » : la pyramide se nourrit des mises successives, et tant qu’elle grossit, tant qu’il y a de nouvelles mises de plus en plus forte (c’est la pyramide qui génère l’accélération des mises) elle donne un espoir de gain effroyablement important. Mais cette masse financière ainsi créée (qui ne résulte pas bien évidemment d’une production réelle de richesse) n’est que « virtuelle ». Et lorsque le réel reprend le dessus (et le réel reprend toujours le dessus sur le virtuel) - lorsqu’il n’y a plus de nouvelles mises ou qu’elles sont trop faibles par rapport à ce qui a déjà été joué parce qu’il y a une décélération du flux financier -, la bulle éclate et les joueurs se trouvent ruinés. Ils ont perdu leurs mises et leur espoir dans un avenir meilleur où l’on peut s’enrichir sans produire des richesses. Les joueurs albanais se sont retournés vers leur gouvernement pour demander la récupération de leurs mises car ils considéraient qu’ils avaient été trompés par des méchants ; et le gouvernement albanais leur a promis de mettre de l’ordre, de punir les coupables, etc., en sachant très bien qu’il ne pouvait rien faire et que tout recommencerait dès que les acteurs auraient retrouvé quelques ressources financières au bazar local.

    En 2008, des banquiers ont joué non pas au jeu de la mise pyramidale mais à celui plus élaboré de la titrisation. Ces opérations savantes consistent à jouer en Bourse en faisant des paris sur des titres qui peuvent multiplier rapidement leurs valeurs par 10, 100 ou 1000, par quelques coups communication et de marketing astucieux. Personne ne sait vraiment ce qui est vendu et acheté, question jugée non pertinente et par trop triviale par les intervenants. Cette économie virtuelle reposait sur la mise de grands opérateurs financiers internationaux et le montant des actifs des bilans grossissait du fait de l’arrivée de nouvelles mises attirées par les gains réalisés la veille ou l’avant-veille par les confrères. Le système donnait un retour sur investissement effroyablement important, et le rythme des échanges s’accélérait du fait même de cette perspective en occultant le problème de l’analyse de la valeur réelle des produits échangés. Cet enrichissement ne s’appuie pas sur une production réelle de richesse et la bulle financière ainsi créée n’est qu’une masse monétaire virtuelle ; et lorsque le réel a repris le dessus la bulle a éclaté et les banques se sont trouvés à court de liquidités avec des dépréciations effroyables de la valeurs de leurs bilans. Un océan de pertes… Tout cela rappelle curieusement le jeu de la « pyramide albanaise ». En plus sophistiqué, mais tout aussi ubuesque.

    Les banquiers, comme les joueurs albanais l’ont fait, se retournent alors vers le pouvoir pour demander le retour à une économie normale. Et le pouvoir leur promet de mettre de l’ordre, en sachant que tout recommencera dès qu’ils auront retrouvé quelques ressources financières sur le vaste bazar mondial de l’argent.

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