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    Couples : puissance onze

    le 8 avril 2008 | 138 visites | 4.24 / 5 | 0 commentaire(s)
    Couples : puissance onze
    photo : Théâtre d’Aujourd’hui

    Couples, écrit et mis en scène par Frédéric Blanchette, au Théâtre d’Aujourd’hui, jusqu’au 19 avril 2008

    Couples est une œuvre modeste, tenant modestement la scène de la petite salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui, devant un public assis sur des chaises pliantes. Si j’insiste, c’est pour mettre en lumière l’influence de l’endroit physique sur la perception du spectacle. Dans cette salle à échelle humaine, le plateau est disposé en coin : bienvenue dans l’intimité du couple moderne !

    Tant qu’à être dans des considérations de formats, précisons que Couples n’est pas une pièce, mais une série de onze courtes saynètes regroupées sous cette inépuisable thématique. L’avantage, comme pour un film à sketches ou un recueil de nouvelles, c’est que l’action est condensée et que, si le propos nous laisse froid, on passe vite à autre chose ! L’inconvénient principal, c’est qu’on a peu de temps pour entrer dans les histoires ou s’attacher aux personnages.

    Le comédien Frédéric Blanchette, qui a écrit et mis en scène cette comédie à facettes, a choisi d’illustrer les affres du couple à coups de pinceaux rapides, en désamorçant la tension par le rire. Tout y passe : la timide séduction adolescente, le désir inexprimé, le dilemme amour-amitié, le sexe à répétition, les sentiments à distance, l’infidélité, la rupture, le tout avec une louable volonté de renouveler le genre en conservant un regard amusé.

    Malheureusement, pour chaque très bonne idée, il y en a une autre qui tombe à plat, au moins en partie. En cause : cette tendance à l’étirement excessif, qui dilue le gag ou le répète souvent inutilement.

    Mais l’ensemble tient la route grâce à la nature rebondissante de ce genre d’écriture et à la proximité du public, qui fait naître une complicité immédiate.

    Conquis, le spectateur applaudit d’instinct le remarquable travail du quatuor de comédiens sur les épaules desquels repose l’essentiel. Marie-Hélène Thibault, qui a démontré son potentiel sur la plupart des scènes de Montréal, fait preuve ici d’une aisance remarquable dans les compositions les plus inattendues. Catherine-Anne Toupin et Steve Laplante défendent fort bien leur statut de valeurs montantes et prouvent leur habileté dans le registre comique « décalé ». Cela dit, le métier de Denis Bernard mérite d’être souligné tout particulièrement : ce type-là peut tout jouer avec une présence et une intensité hors du commun. Même quand le texte faiblit, il habite ses personnages avec une force qui tient véritablement le public en haleine ! Dans la peau d’un vendeur de chars prêt à tout ou en mari infidèle qui bâtit des mensonges rocambolesques, il parvient à déclencher le rire tout en préservant la vulnérabilité de ses personnages.

    Un des sketches les plus drôles fait revivre une danse dans une école secondaire de Brossard, en 1984. Quatre jeunes filles en fleurs se disputent les faveurs du « premier choix » parmi les garçons, et le spectateur – surtout s’il a été adolescent dans les années 80 - savourera cette collection de clichés de séduction !

    Comme après une fête d’école dont chacun repart avec sa toune en tête, le spectateur sort de la représentation avec ses petites déceptions personnelles, mais aussi avec ses moments forts.

    Mots-clés : québec , montréal et Arts

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