La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.
Avec une plume habile et une pénétrante compréhension des moteurs psychologiques de Conrad Black, l’historien et journaliste George Tombs signe une biographie mémorable de celui qui fut un temps à la tête du troisième empire de presse au monde. Paru en novembre dernier aux Éditions de l’Homme, Le baron Black est le fruit d’un travail de six ans qui commença en 2001, alors que Black, récemment admis à la chambre des Lords, était au faîte de sa gloire.
Le livre de Georges Tombs, qui devait être le récit critique d’une ascension fulgurante, finit par être, au fil des événements qui ont mené à sa condamnation au criminel en 2007, la chronique d’une chute vertigineuse. En tant que biographe (Duplessis, Roosevelt et Reagan) et penseur conservateur, Black était pour l’auteur un « rédempteur de géant déchu », un nostalgique de la grandeur incarnée par les héros de l’histoire pour qui la fin justifiait les moyens. George Tombs, qui a fréquenté l’homme d’affaires sur une longue période, semble lui-même éprouver une certaine sympathie pour ce géant déchu des affaires. Si l’auteur ne se fait pas rédempteur dans cette biographie, on sent à lecture de son livre qu’il respecte les qualités de Black, qu’il a voulu lui rendre justice.
Conrad Black, en investissant dans le contenu, fut à la fois un bon propriétaire de journaux, un gestionnaire peu scrupuleux et probablement le seul magnat à avoir tenu en aussi basse estime les journalistes. Dans toute sa splendeur anachronique, le baron Black fait figure, sinon de Don Quichotte, du moins de dernier des barons de la presse ; froid, autoritaire et dirigeant l’opinion publique du haut de sa tour d’ivoire.
George Tombs, Le baron Black, Montréal, les Éditions de l’Homme, 2007, 461 p.
/BOUCLE_video>
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.
À propos de Cent papiers | Tous droits réservés, Cent Papiers 2006-2007 | Roule sous Spip 1.9.2b | Design: Olivier Niquet | Écrivez-nous !