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    Cidade dos Homens (City of Men) ...chaleur humaine accablante

    le 7 mars 2008 | 113 visites | 3.22 / 5 | 0 commentaire(s)

    Cet article de François Petitclerc est gracieusement offert par Sep7. La version originale a été publiée à cet endroit.

    Cidade dos Homens (City of Men) ...chaleur humaine accablante

    Écrit et réalisé par Paulo Morelli avec Douglas Silva et Darlhan Cunha. Brésil, 2008, 110 minutes.

    Six ans après le retentissent succès de City of God, le réalisateur Paulo Morelli nous replonge dans les problèmes des favelas brésiliennes avec City of Men. Une production aussi intense que le soleil de Rio de Janeiro, mais aussi touchante que la statue du Rédempteur sur le mont Corcovado.

    Acerola et Laranjinha se connaissent depuis la tendre enfance. Vivant dans la même favela aux abords de Rio, ils partagent leurs temps entre les filles, le flânage et le travail. N’ayant jamais connu leur père respectif, Laranjinha voudra éclaircir cette absence injustifiée, mais combien fréquente dans le quartier. Son père étant mort depuis longtemps, Acerola n’a pas ce souci. Lui-même est déjà père d’un enfant, source de conflit dans son propre couple. Après une offre alléchante de boulot à l’extérieur, la mère du garçon quitte le nid familial et le laisse au bon soin d’Acerola. Une guerre entre bandes rivales pour l’obtention du contrôle de la favela ajoute des contraintes aux protagonistes qui sont excommuniés de leur endroit de naissance. À la veille de leur majorité, leur amitié sera durement testée et les deux amis devront faire des choix difficiles.

    La première chose que l’on remarque avec cette production est la ressemblance avec son prédécesseur City of God de Fernando Meirelles. Le récit met de nouveau en scène des jeunes vivant dans la favela et montre les difficultés quotidiennes d’y survivre. Aussi, les teintes jaunâtres des images renvoient à cette chaleur suffocante qui semble faire bouillir le sang des protagonistes.

    Pourtant, les différences entre les deux oeuvres sont marquées. Meirelles tournait son intrigue autour d’un quartier avec les nombreuses histoires qui s’y rattachent, et ce, à travers plusieurs décennies. Quant à Morelli, il ne base pas sa narration sur la cité, mais sur deux jeunes hommes qui l’habitent. Aussi, Morelli adopte un style beaucoup moins frénétique que Meirelles qui avait fait usage d’une caméra extrêmement nerveuse. La violence étant beaucoup moins présente dans Cidade dos Homens, le réalisateur concentre son regard sur les acteurs. Ceux-ci jouent avec force et conviction des rôles assez difficiles à composer.

    Il y a donc une approche très humaine des protagonistes qui sont confrontés à des problèmes familiaux, d’amitié et de travail. Il faut dire que le film est basé sur la série télévisuelle du même nom et reprend les personnages de celle-ci. Ainsi, les protagonistes sont définis avec soin dans cette production, notamment grâce à l’utilisation de retours en arrière qui exposent le désir de Laranjinha de connaître son père, la peur de Acerola engendrée par la naissance de son fils alors que lui-même est un adolescent et la franche camaraderie qu’ils entretiennent.

    Cidade dos Homens de Paul Morelli semble le parfait complément à son prédécesseur, tout en ne remâchant pas les mêmes idées sur un sujet presque identique. L’illustration de la simplicité de la vie sans argent n’a d’égal que la cruauté des destins qui n’ont que du temps présent à tuer. Bref, le réalisateur privilégie des personnages plus définis et plus humains à la violence qui gronde à tout instant. Un beau film chaud en cet hiver qui ne veut pas partir.

    Mots-clés : affilié et Cinéma

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