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Une catastrophe alimentaire se prépare : la fonte des glaciers de l’Himalaya fait craindre une baisse marquée des récoltes en Inde et en Chine.
Le gigantesque glacier du Gantori, situé à 6600 m d’altitude, diminue à vitesse accélérée. Plus bas, le Gange ne sait pas encore qu’il aura bientôt soif pendant toute la saison sèche sans pouvoir se rassasier. D’autres glaciers de l’Himalaya, tel celui du haut plateau Tibet-Qinghai, fondent aussi de plus en plus rapidement, menaçant l’approvisionnement alimentaire de centaines de millions d’habitants de l’Inde et de la Chine. Ces glaciers sont des réservoirs naturels s’écoulant vers des régions agricoles clés de la planète.
La Chine produit deux fois plus de blé que les États-Unis. L’Inde aussi devance les Américains. Ces deux géants asiatiques réunis récoltent plus de la moitié du riz cultivé dans le monde. Quand on prend connaissance de ces chiffres, on réalise toute la menace que la fonte accélérée des glaciers représente pour des centaines de millions de personnes.
Selon le Panel intergouvernemental sur le changement climatique, le glacier du Gantori pourrait avoir complètement fondu en 2035 au rythme actuel. Au Tibet, le Directeur de l’Institut de recherche du Plateau tibétain, Yao Tandong, estime que les deux tiers des glaciers auront disparu en 2060 au rythme actuel.
Le Tibet est au coeur d’un ensemble de quelque 46,298 glaciers dans l’Ouest de la Chine, lesquels ont commencé à diminuer depuis le milieu du siècle dernier avec le réchauffement climatique.
Le problème n’est pas uniquement celui du débit des cours d’eau. Au même moment où la fonte des glaciers fait peser une sérieuse menace sur la capacité des cours d’eau d’irriguer les terres cultivées pendant la saison sèche, les quantités d’eau pompées des nappes phréatiques (grandes quantité d’eau qui s’accumule dans le sol) sont telles que celles-ci diminuent.
Déjà, de nombreux puits sont à sec dans plusieurs régions de l’Inde.
On imagine facilement la catastrophe qui se prépare quand on apprend que plus de 407 millions de personnes vivent dans la vallée du Gange.
Avec une capacité de production de plus en plus affectée, à mesure que les glaciers vont fondre et les nappes phréatiques se vider, la demande va forcément dépasser l’offre et faire grimper le coût des aliments. Or, les prix sont déjà à la hausse, au point où le Programme alimentaire mondial doit trouver un demi-milliard de dollars de plus pour pouvoir assumer les achats qu’il avait programmés pour l’année en cours.
Si vous croyez que cette crise alimentaire ne concernera que l’Inde et la Chine, détrompez-vous ! La Chine a accumulé d’énormes réserves monétaires en dollars américains et elle va utiliser ces réserves pour acheter de grandes quantités de blés et de riz produits aux États-Unis. Les producteurs américains vont certes s’en réjouir, mais les consommateurs vont grincer des dents.
Ailleurs dans le monde des centaines de millions d’individus, en plus des 800 millions actuels, n’auront tout simplement pas les moyens de combler tous leurs besoins alimentaires.
À moins de renverser la situation.
/BOUCLE_video>Et puis avec tellement géniale solution verte de convertir notre nourriture en éthanol pour mettre dans nos voitures, on parcourt moins de distance, on pollue plus en bout de ligne, on fait monter les prix de la nourriture encore plus et on court la super chance de voir des pénuries de grains cette année, des famines et des soulèvements de colère partout dans le monde.
Vous devriez voir le prix de la nourriture augmenter seulement qu’ici à Taiwan, c’est décourageant.
Et en guise de stimulation de la réflexion :
Perhaps The Climate Change Models Are Wrong
Lorne Gunter, National Post Monday, March 24, 2008

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