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    • Thierry Ternisien d'Ouville
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    Opinion : Chômage, pouvoir d’achat, retraite, …la pensée en pièces détachées

    le 29 mars 2008 | 205 visites | 3.44 / 5 | 0 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Chômage, pouvoir d'achat, retraite, …la pensée en pièces détachées
    photo : sweet_chicago1 (Flickr)

    Quand l’actualité du jour traite simultanément, mais sans les relier de sujets aussi imbriqués que de ceux du chômage, du pouvoir d’achat, de la retraite, la critique portée par Edgar Morin sur la pensée contemporaine me revient aussitôt à l’esprit.

    « Notre pensée qui compartimente, découpe, isole permet aux spécialistes et experts d’être très performants dans leurs compartiments, et de coopérer efficacement dans des secteurs de connaissance non complexes, notamment ceux concernant le fonctionnement des machines artificielles ; mais la logique à laquelle ils obéissent, étend sur la société et les relations humaines les contraintes et les mécanismes inhumains de la machine artificielle et leur vision déterministe, mécaniste, quantitative, formaliste ignorent, occulte ou dissolvent tout ce qui est subjectif, affectif, libre, créateur. De plus, les esprits parcellisés et techno bureaucratisé sont aveugles aux interrétros-actions et à leur causalité en boucle et ils considèrent encore souvent les phénomènes selon la causalité linéaire ; ils perçoivent les réalités vivantes et sociales selon la conception mécaniste/déterministe, valable seulement pour les machines artificielles. Plus largement et profondément, il y a incapacité de l’esprit techno-bureaucratique de percevoir aussi bien que de concevoir le global et le fondamental, la complexité des problèmes humains » .

    Chômage, pouvoir d’achat, retraite : une autre lecture, que celle de la croissance insuffisante, est possible ; celle de la crise de la position centrale occupée par le travail dans nos sociétés modernes. C’est, pour le plus grand nombre, par le travail que viennent nos moyens de survivre, nos protections, notre éventuel confort, la reconnaissance de notre utilité, les moyens de vivre une retraite sans obligation de production marchande.

    La question centrale ne devient-elle pas alors la suivante ? Avec l’accroissement de la productivité qui détruit plus d’emploi que l’extension des marchés n’en crée pouvons-nous continuer à faire du travail, et de son complément la consommation, la seule activité humaine, le seul moyen de vivre, le seul lien social ?

    Mots-clés : Société et Économie

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