• Chalk River : Ottawa force la réouverture de la centrale nucléaire

    12 décembre 2007 | 6 commentaire(s) | 13 affichage(s)

    Hélène Buzetti
    ouvre ainsi son article, publié dans href="http://www.ledevoir.com/2007/12/12/168186.html">Le Devoir, en ce
    mercredi 12 décembre : « Ils ne
    possèdent peut-être aucune formation en technologie nucléaire, mais les
    politiciens ont décidé de s’en mêler
     ».

    La centrale nucléaire de Chalk River, en Ontario, est la seule en Amérique du Nord à
    fabriquer les éléments radioactifs utilisés en médecine nucléaire. Elle produit
    à elle seule les deux tiers de la production mondiale d’isotopes médicaux, substances
    essentielles en imagerie médicale pour dépister le cancer et des maladies
    osseuses ou cardiaques. Le technétium 99 est un élément
    radioactif qui, injecté en petite quantité aux patients, permet aux appareils
    d’imagerie médicale de produire des scans. La centrale nucléaire de Chalk River est en arrêt de travail, si on peut dire. Son
    redémarrage n’est actuellement pas prévu avant la mi-janvier. La raison en est
    que son réacteur n’est pas sécuritaire, selon la Commission canadienne de
    sûreté nucléaire (CCSN), parce que les deux pompes nécessaires au
    refroidissement du réacteur ne sont pas sécurisées à un système d’alimentation
    d’urgence.

    Linda Keen,
    présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), vient href="http://www.marketwire.com/mw/release.do?id=801901&lang=F5">d’écrire
    aux ministres Tony Clement (ministère de la Santé) et
    Gary Lunn (ministère des Ressources naturelles). La
    présidente écrit : « Le mandat
    de la CCSN consiste à préserver la santé, la sûreté et la sécurité des
    Canadiens, à protéger l’environnement et à mettre en œuvre les obligations
    internationales que le Canada a assumées. […] Plus précisément, notre rôle à
    l’égard des substances nucléaires consiste à en assurer la sûreté. Nous
    exerçons cette surveillance au moyen d’activités d’autorisation et de
    conformité en lien avec l’utilisation, le stockage et le transport sécuritaire
    des substances radioactives. […] Lorsque
    la Commission a étudié la demande de renouvellement du permis, au printemps
    2006, elle a sérieusement questionné la sûreté du réacteur NRU. Dans sa
    décision rendue le 1er août 2006, elle a délivré un nouveau permis pour le
    réacteur, après avoir reçu d’EACL des assurances spécifiques selon lesquelles
    le dossier de sûreté était complet et que les sept mises à niveau de la sûreté
    étaient terminées. […] Lors de la
    réunion de la Commission tenue le 6 décembre 2007, M. McGee,
    vice-président directeur et chef d’exploitation d’EACL, a reconnu le niveau de
    risque découlant du fait que les deux pompes n’étaient pas connectées et a
    volontairement accepté de garder le réacteur NRU en état d’arrêt
     ».

    Le jeudi, 18 novembre dernier, à
    Ottawa, la présidente Linda Keen était donc tout à
    fait justifiée de sermonner les dirigeants d’Énergie atomique. Elle leur a reproché
    d’avoir violé leur permis d’exploitation, en l’absence du fonctionnement d’un
    dispositif de sécurité. Ce qui a mené à la fermeture du réacteur universel. Les
    dirigeants d’Énergie atomique auraient dû savoir, selon madame Keen, que le dispositif de sécurité n’était pas en
    fonction. C’est par suite d’une inspection de la Commission canadienne de
    sûreté nucléaire que les opérations ont été interrompues. La conséquence en est
    que cette fermeture a créé une pénurie de technétium-99, utilisé pour mener des
    tests diagnostiques pour des maladies osseuses ou cardiaques et pour le
    dépistage du cancer dans les hôpitaux du pays. Pour seule région de Québec,
    selon href="http://www.cyberpresse.ca/article/20071206/CPSOLEIL/71205221/6585/CPSOLEIL">Le
    Soleil, au moins 75 examens diagnostiques en médecine nucléaire ont été
    reportés dans les trois hôpitaux du CHUQ cette semaine (CHUL, Hôtel-Dieu de
    Québec et Saint-François d’Assise). La courte durée de vie
    du technétium 99 rend son stockage à long terme impossible.

    Dans href="http://www.marketwire.com/mw/release.do?id=801901&lang=F5">sa lettre
    aux ministres Clement et Lunn,
    madame Linda Keen précise bien que : «  le cas de non-conformité vise les deux
    pompes d’eau lourde qui ne sont pas connectées à une alimentation d’urgence
    afin d’éviter une défaillance du combustible, ce qui pourrait entraîner des
    rejets radioactifs dans l’environnement 
     ». La présidente de l’organisme
    avertit que : « les deux
    pompes de secours, incluses dans le dossier de sûreté original, sont
    essentielles et nécessaires, conformément aux normes actuelles de l’industrie
    et aux évaluations de tolérance des risques.
    […] Ces
    pompes ne sont pas seulement en place pour parer aux secousses sismiques, mais
    pour contrer toutes les menaces de référence externes
     ».

    Le
    premier ministre Stephen Harper, reconnu pour ses préoccupations en matière
    environnementale, minimise ce risque. Il faut lire à ce sujet le href="http://www.nrcan-rncan.gc.ca/media/newsreleases/2007/2007126s_f.htm">communiqué
    conjoint des ministres Clement et class=SpellE>Lunn. Le premier ministre rejette l’argument sécuritaire de
    la CCSN. Ce qui titille le premier ministre est le fait que la Commission
    canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a été mise sur pied par les libéraux.
    Pour le premier ministre Harper : « il n’y aura pas d’accident nucléaire ». Il s’appuie sur
    des experts consultés par le gouvernement. La
    Commission réaffirme, pour sa part, ne pas avoir en main la preuve que la
    remise en service de la centrale, dont le réacteur est vieux de 50 ans, serait
    sans danger. M. Harper accuse donc la CCSN et le Parti libéral du Canada d’être
    responsables de la crise actuelle.

    La centrale nucléaire de Chalk River sera onc remise en marche, sur ordre du
    Parlement fédéral. Rien de moins. Tous les partis sont convenus de d’adopter en
    une soirée le projet de loi du gouvernement Harper qui force le redémarrage de
    la centrale pour mettre fin à la pénurie d’isotopes radioactifs médicaux. Quel
    dilemme : le redémarrage de la centrale de Chalk
    River mettrait fin à une pénurie mondiale de cet élément utilisé pour des tests
    diagnostiques dans les cas de cancer et de maladies cardiaques mais pourrait
    constituer un danger potentiel, pour l’environnement, en raison de la vétusté
    de son réacteur vieux de 50 ans.

    Pour le leader libéral adjoint,
    Michael Ignatieff, la question se pose : « Depuis quand le premier ministre est-il un
    expert en sécurité nucléaire ?
     » Pour madame Linda Keen,
    la situation est peut-être compromettante. « En permettant au réacteur d’opérer sans l’autorisation de la
    Commission, cela créait un « précédent
     » : « ce serait le seul réacteur nucléaire au Canada à ne pas être
    réglementé. Énergie atomique Canada se retrouverait à s’auto-réglementer
     »,
    a dit Mme Keen. Comme le rapporte href="http://www.ledevoir.com/2007/12/12/168186.html">Le Devoir, interrogé à
    savoir si Mme Keen pourrait rester en poste après cet
    épisode, le ministre Clement a répondu que c’était « une bonne question ».

    Le Bloc québécois, s’il ne
    privilégie pas la filière nucléaire, s’est montré en faveur de l’adoption du
    projet de loi du gouvernement Harper : « On a besoin, pour des questions humanitaires, d’avoir accès à ces
    produits-là et je pense que la responsabilité de tous les partis actuellement,
    c’est de répondre aux préoccupations des patients et des médecins
     », a
    commenté son représentant, le député Pierre Paquette. Le chef du parti
    néo-démocrate, Jack Layton, abonde dans ce sens : « Pour moi, ce qui est important c’est
    d’assurer la santé des Canadiens et Canadiennes et de ceux et celles partout
    dans le monde qui ont besoin de l’aide médicale
     ». Les néo-démocrates et
    les bloquistes en viennent donc à la conclusion que
    les risques d’accident nucléaire sont minimes en comparaison avec les risques
    que pose la pénurie d’isotopes. La vente d’isotopes est
    étroitement réglementée par le gouvernement canadien et Énergie Atomique du
    Canada. La situation pourrait toucher de 40 000 à 50 000 patients au pays.

    En terminant, MDS Nordion, un fournisseur d’isotopes et de « radiopharmaceutiques »
    utilisés en imagerie médicale et dans les traitements contre le cancer, avait
    fait savoir, il y a une semaine, qu’il s’attendait à une diminution de son
    bénéfice de 8 à 9 millions $ US, au cours du présent trimestre, à cause de
    problèmes d’approvisionnement auprès d’Énergie atomique du Canada limitée
    (EACL). MDS avait également manifesté son inquiétude face à l’impact que cette
    perturbation dans les approvisionnements aura sur les clients et les patients. A
    la Bourse de Toronto, mercredi dernier, le titre de MDS avait perdu 26 cents,
    soit 1,3 pour cent, terminant à 19,99 $.

    Le gouvernement conservateur
    devra maintenant obtenir l’appui du Sénat à majorité libérale.

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  • 6 commentaires

    • Skapad

    Comme quoi de chaque coté de l’Atlantique, le flou et les flux sont plus que troublants dans cette industrie.

    Dans les monts d’Arrée en Bretagne occidentale, c’est l’exploitant national qui bafoue les textes de lois européennes et nationales avec l’accord d’un gourvenement de droite (2006-Villepin !) et s’autorise l’économie d’une enquète d’utilité publique pour le démantèlement du seul réacteur à eau lourde de fabrication française.

    L’enquète concernait pas moins de 700 000 habitants dans un rayon de 50 kms ayant en son centre cette unité de production d’électricité. Cette usine arrétée depuis 1985, les 2 premières phases de démantèlement on durée 20 ans. La 3éme phase qui concerne le batiment réacteur et les échangeurs thermiques à été empèché par décission et de l’annulation de ce décret gouvernemental, suite à un recours de l’association écologiste Sortir du Nucléaire Cornouailles. (Voir article EDF et ETAT également)

    L’ ASN (autorité sureté nucléaire) a par ailleurs notifié des incohérences et des erreurs de comptage de fux contenant les déchets issus des 1ére et 2 éme phases de démantèlement, et ces incohérences ont été publiées dans la presse nationale et régionale !

    L’intéret de l’exploitant EDF (et du gouvernement) à vouloir précipiter le démantèlement du batiment réacteur suivant un scénario dit “rapide” en contradiction d’avec leur propre scénario d’origine (40 ans), était de démontrer de la capacité de l’EDF a réaliser ce chantier, comme s’il ne s’agissait que d’un simple coup de gomme esthétique. En vue de fourguer ces machines sur toute la planète.

    Bien mal leur en a pris, ici en Bretagne, les écologistes eux ont démontré leur capacité à ne pas laisser berner les populations et les intervenants sur ce chantier.

    Les déchets qui sont issus de ce chantier(des milliers de m3 de béton irradiés) n’ont à l’heure actuel aucun endroit valide pour y etre stocker(enfouissement profond), un laboratoire est en construction, la livraison définitif lui n’est prévu à Bure dans le centre de la France dans les années 2025 voir plus !

    Si au Canada, le nucléaire montre lui aussi des défaillances, nous autre européens Français en particulier, risquons de voir émerger les réelles incuries de ces industries dangereuses et couteuses.

    La cour des comptes révélait en 2004, que le cout de démantèlement de cette unité (classée prototype !) avoisinera les 500 millions d’euros. La puissance de cette machine de 70 MGW laisse présagé de lourdes dépenses pour le parc nucléaire Français, qui comprend pas moins de 59 réacteurs de 900 MGW à 1300 MGW de conception Etats Uniennes.

    L’arrogance Française dans ce domaine risque fort de couter extrèmement cher au contribuable Français, tous endormis par le black out et les campagnes de publicité d’AREVA et de l’EDF a faire croire a ce miracle ATOMIQUE !

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   1:29, le Jeudi 13 décembre 2007
    • Pierre R.

    Skapad

    Je ne connaissais pas ce problème de la Bretagne. Je vais m’informer et me documenter sur la question. Votre exposé est suffisamment éloquent pour nous donner le goût de nous y attarder un peu. Je vous remercie d’avoir pris cette peine de nous en exposer le fait.

    Pierre R.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   4:13, le Jeudi 13 décembre 2007
    • Skapad

    Bien le bonjour de l’Ouest, vous y trouverez des informations sur ce sujet, et sans faire d’entrisme, sur le site de Sortir du Nucléaire National et Cornouailles.

    Il y en d’autre, bien sur. Sachez tout de mème, que sur ce chantier, EDF a reconnu la présence de Plutonium dans le canal de rejet de cette usine.

    Pire encore, suite a des mesures du laboratoire indépendant la CRIIRAD, des anomalies spécifiques liées semblerait il à une particularité du granit de Brennilis (très ancien massif montagneux) de l’actinium 227, découvert en 2007 !

    Pour faire comprendre cette bizarreries, l’usine est située dans les hauteurs du département Finistèriens (pointe bretonne) et c’est de là que sont issus les bassins versants, donc la ressource principale en eau potable du département.

    Es a dire qu’aucune mesure n’aurait été prise dans ce secteur ce depuis 1965, date de construction de l’unité de 70 MGW. J’oserais ou j’oserais pas !

    BLACK OUT . Merci a vous Pierre R de me lire et du coup de vous vampitisez votre nuc amulette ! a bientot. Kenavo (en breton)

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   10:04, le Jeudi 13 décembre 2007
    • Pierre R.

    Bonjour Skapad

    Désolé pour le retard à vous répondre. La question nucléaire ne laisse personne indifférent. Soyez assuré que je tiens pour très sérieuses les informations que vous avez la gentillesse de me communiquer. J’ai déjà parcouru quelques pages sur la question. Je reviendrai sur cette question sous peu. Kenavo.

    Pierre R.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   6:57, le Vendredi 14 décembre 2007
    • Skapad

    Je voulais dire “vampirisez” , mais vous aviez compris. Merci de votre intérèt.

    Une nouvelle foid Kenavo, j’ai hate de vous lire.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   10:42, le Vendredi 14 décembre 2007
    • Skapad

    Décidément une nouvelle “fois” ! désolé.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   10:44, le Vendredi 14 décembre 2007

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