25 octobre 2007 |
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En bon iconoclaste que je suis, j’avais déjà pensé, en mon for strictement intérieur, à l’existence -ô combien inattendue- d’un certain parallélisme entre Sarko et Chávez ! Bien entendu, en matière de contenu politique, ils se situent à l’opposé l’un de l’autre, mais en terme de moyens et de méthodes, il faut reconnaître qu’il existe pas mal de similitudes. Voyez plutôt :
Chávez et Sarko sont tous deux de très belles bêtes politiques : des individus à la personnalité forte, aux convictions nettement affirmées, littéralement assoiffés et obsédés de pouvoir, persuadés enfin de pouvoir marquer leur société et leur époque.
Chávez et Sarko ont été élus grâce à une relation privilégiée avec le « peuple », à qui il s’adressent quasi personnellement, faisant fi des institutions et des lignes de césure traditionnelles en politique.
Chávez et Sarko utilisent leur parti ou leur organisation essentiellement comme un faire-valoir.
Chávez et Sarko ont le don du verbe : ils utilisent la parole comme une arme tranchante, allant jusqu’à exercer certaine fascination sur leurs adversaires eux-mêmes.
Chávez et Sarko, faisant preuve d’ubiquité, se précipitent dès qu’un événement, aussi minuscule soit-il, peut leur permettre d’entretenir cette relation qu’ils désirent privilégiée avec leur « peuple ».
Chávez et Sarko, à travers leurs gesticulations, savent gérer à la perfection leur image médiatique, à laquelle ils attachent une importance particulière.
Et j’en passe…
Mais là, avec la séparation de Nicolas et Cécilia, trop c’est trop : tant Sarko que Chávez ont perdu leur chère épouse peu de temps après avoir matérialisé leur objectif politique majeur, à savoir l’accession à la présidence de la République. Je me dis qu’il y a là plus qu’un simple hasard.
De fait, avec les récentes aventures du petit Nicolas et de Cécilia, il semble bien se vérifier que ces bêtes politiques, une fois au pouvoir, deviennent rapidement insupportables pour leur entourage. En toute première ligne se trouvent évidemment les épouses, qui ne reconnaissent tout simplement plus l’homme qu’elles ont connu, une fois que celui-ci peut donner libre cours -enfin !- à ses énormes appétits de pouvoir. Il est d’ailleurs significatif que chez les Sarko comme chez les Chávez, ce sont les femmes qui ont pris l’initiative de quitter la barque, se déclarant tout bonnement incapables de supporter la pression du pouvoir.
Alors Sarko et Chávez, même combat ? Non, mille fois non. L’idéologie les sépare, leurs politiques se situent aux antipodes l’une de l’autre, c’est une évidence.
Mais en tant que bêtes politiques, ils sont fabriqués du même métal. Aussi peuvent-ils s’entendre et se comprendre. La preuve : depuis que Hugo Chávez a accepté le rôle de médiateur entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC, ils s’envoient mutuellement des fleurs et ont de fréquentes conversations téléphoniques. Bientôt, ils se réuniront autour d’une table, à Paris, pour faire le point sur les perspectives de libération d’Ingrid Betancourt.
Leur objectif commun : gagner des points auprès de l’opinion publique. Car tel est bien le principal carburant de toutes les bêtes politiques, quelles que soient leurs convictions.
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