22 septembre 2008 |
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A Bruxelles, l’Art Nouveau a sa place comme dans beaucoup de villes que l’on voulait prestigieuses. Qu’en reste-t-il ? Quelques maisons qui ont été reconnues comme exemplatives. D’autres sont malheureusement devenues des taudis et ont disparu. Cet Art Nouveau, je l’appellerais, dès lors, Art de la Résurrection ou Art Novo, en résonance avec l’Art Déco qui a suivi pendant les années 1920. Y aura-t-il un jour un art plus nouveau encore, plus jeune ? Un véritable Art Nouveau.
Véritable patrimoine culturel que ces immeubles de maître qui se répartissent dans des quartiers parfois chics et parfois cédés à une population diversifiée. On a démoli la Maison du Peuple de Horta. D’autres maisons suivent le même chemin laissé à l’abandon sans entretien. Il est vrai qu’entretenir une maison de ce gabarit, il faut du répondant du côté finance et aussi une volonté de garder un patrimoine.
Nous avions, avant, une émission télévisuelle des « Chefs d’œuvre en Péril » qui remédiaient à des situations de déclin du patrimoine. Il y a, aujourd’hui, tout doucement, un sursaut de volonté de restauration dans les endroits les plus en vue de la capitale. La commune de Schaerbeek a des quartiers qui au début du 20ème siècle, ont fait partie de concours à la gloire du succès des plus belles façades. Depuis, lors, vieillies, noircies, beaucoup de belles maisons ont souvent perdu de leur cachet. Des quartiers complets ont été abandonnés et des habitants moins fortunés sont devenus les nouveaux habitants. Il est vrai que pour maintenir de telles habitations en état, il fallait beaucoup de finances.
L’aide de la région Bruxelloise a été souvent absente. Alors, on a vendu parfois au plus offrant et vendu encore. On a oublié le patrimoine qui se trouvait caché dans ces pierres.
L’état des façades n’était plus la pierre angulaire des transactions commerciales. Plus commerçants que conservateurs de musée et bâtisseurs restaurateurs, de nouveaux habitants qui ne pouvaient assumer les frais de transformation ou d’un rajeunissement ont élu domicile. Ce patrimoine s’est dégradé progressivement. Le patrimoine culturel s’est fondu dans un ensemble de gratte-ciel dont le plus énorme est celui du Brusilia. Le patrimoine est resté enclavé, emprisonné entre des gratte-ciel et bâtisses sans âme, là pour emmagasiner le plus de population sur un minimum d’espace.
La saleté a parfois obscurci les plus belles façades. Les communes s’en plaignent mais ne réagissent que mollement et sans investir dans le renouveau. L’avenue Bertrand a eu son heure de gloire. Le 6 décembre 1898, le quartier Tenier-Josaphat qui la comprend, le conseil communal de Schaerbeek, décidait de tracer cette avenue par des habitations bourgeoises avec vue sur le parc Josaphat.
Ces maisons furent primées lors de concours organisés par la commune. Aujourd’hui, à de rares exceptions près, les façades auraient besoin d’une sérieuse remise à niveau pour regagner l’esprit du Nouveau. Il suffit de jeter un coup d’œil vers le haut en se promenant dans les rues. Qui le fait encore ? J’ai fait un test.
J’ai posé la question où étaient les Halles de Schaerbeek à un passant.
Son air dubitatif était clair. « Le magasin Aldi », me questionna-t-il ? Je n’ai pas insisté, nous étions à 100 mètres de ces Halles qui datent de cette époque et qui ont été réaménagées récemment.
Parfois, il y a des résurrections, c’est vrai.
La maison du Cerf est, enfin, en chantier. L’Astoria, le palace de la rue Royale en plein centre de Bruxelles, aura fait peau neuve en 2010. On s’est rappelé qu’il avait été le plus beau en 1910 à l’Exposition Universelle. Une cure de jouvence s’imposait. Mais qu’en est-il des autres moins connus ?
La maison Cauchie est sauvée, elle a retrouvé sa superbe et grâce aux visites touristiques trouve les moyens de s’entretenir. L’hôtel Van Eetvelde, un autre chef d’œuvre de Horta ouvrira ses portes lors des Journées du Patrimoine le weekend du 20 septembre. La maison Stoquelet est également privée et a parait-il une collection inestimable à l’intérieur. L’Ultime Halucinatie affiche fièrement son appartenance à l’art nouveau. Les immeubles de la Grand Place sont en pleine rénovation toutes en dorures. Autre époque, autre temps.
La Grèce, l’Égypte, la Turquie ont, ainsi, perdu beaucoup de vestiges antiques de leur histoire.
La vie de tous les jours prenant le pas sur la préservation de son passé. Des maisons utilisent des vestiges antiques pour consolider leurs propres maisons dans un enchevêtrement de styles plus que douteux.
Les Américains, qui n’ont pas une histoire très ancienne, ont appris à apprécier ces immeubles d’époque et sont parfois aux aguets pour racheter les maisons à bas prix pour les restaurer.
Les banques et les ambassades se partagent également une partie du butin architectural.
Barcelone a compris l’avantage de l’époque du début du 20ème siècle. Le grand nom de Gaudi est aussi par là.
La cathédrale Sagrada Familia est toujours en construction. Jamais achevée, elle attire des milliers de touristes autour d’elle et en son sein. On déambule et on constate les progrès de visu. Cette cathédrale est vraiment la “trouvaille géniale” pour un tourisme perpétuel. Jamais achevée. Les travaux, commencés au début du 20ème siècle, se continueront tout le long du 21ème. Ce qui fait 100 ans minimum de tourisme assuré. Travaux, de Pénélope, je conseillerais de ne jamais les finir.
A la radio, j’ai entendu un peu plus tard, un Barcelonais qui préférait Bruxelles. Je me suis dit que rien n’était perdu.
Mais tout n’est question d’époque et l’art se cache parfois derrière des aspects très inattendus.
Moins grandiloquent. On n’aime pas les tags qui s’affichent sur les volets et les murs des maisons.
A y regarder de plus près, on y trouve des œuvres de l’imagination tout en couleur.
Peut-être, un jour, passera-t-on de l’Art novo à un retour de l’Art Nouveau, quand il y aura les moyens et la volonté, bien entendu.
L’art n’a pas de limite dans l’espace et dans le temps.
Citations :
« La façade d’une maison n’appartient pas à son propriétaire mais à celui qui la regarde », proverbe chinois du 7ème siècle avant JC inscrite à l’entrée de la maison Cauchie.
Livre : “De l’Art Nouveau vers l’Art Deco“, Wezrner Adriaenssens
Bonjour Pierre,
Je ne pourrai pas dire cette fois que l’article me plait. Ce serait faire preuve de trop peu d’humilité.
J’aime le beau n’importe où. Ce n’est pas de la nostalgie mais du pragmatisme.
Le weekend nous avons eu les Journées du Patrimoine. Cela a été un succès. Il faisait beau, hier, et en plus c’était la journée sans voiture.
J’ai pris mon vélo et suivit le flot de vélos sur les voies les plus chargées d’habitude. J’ai entendu dans les réactions que l’on devrait faire cela plus souvent.
Le rétro Novo ou Nouveau en somme.
3:06, le Lundi 22 septembre 2008Décidemment, l’enfoiré se trouve y compris de l’autre côté de l’atlantique : Bravo.
Pour le moins que l’on puisse écrire en ce qui me concerne c’est que nous sommes fiers de nos racines et de nos cités d’accord.
Mais pour ouvrir la réalité au monde il faut peut-être avoir une ouverture différente que celle uniquement de son clocher.
Y compris dans “la brousse” des coins sont des merveilles tout dépend la maniére de le regarder.
Le Panda
3:08, le Lundi 22 septembre 2008@Le panda,
La nature est, en effet, précieuse et prolifique dans les idées de merveilles qu’elle nous a offert.
L’homme a aussi son champ d’application.
Parfois, il faut se demander ce que le 20ème siècle laissera derrière lui.
Je me souviens avoir vu une exposition qui essayait de faire ressortir ces “résidus” pour un observateur archéologue du futur. Ce n’était pas vraiment reluisant.
Beaucoup de buildings, gratte-ciel, plastic et peu de chefs d’oeuvre. Ils ne font plus part du modernisme et on les laisse périr.
Les siècles du passé nous ont tellement laissé de merveilles. Pas de problème d’argent alors. Le travail bien fait. Point.
6:35, le Lundi 22 septembre 2008@ L’enfoiré,
Oui, mais ne pas oublier que sans la nature et les précieux moyens que cette derniére nous a donnée, nous et nos ancêtres n’auriont rien pu bâtir.
Le progrés avance, avec la culture, mais sans civilisation, la culture n’existerait pas.
C’est tout à fait le paramêtre incontournable de cosntater que sans la “biologie” la médecine n’existerait.
Ambroise Paré n’aurait pas avancé d’un pouce et nous serions toujours à l’âge de pierre.
Le troc en son temps, l’argent à un autre ou le goût du pouvoir et pour certains laisser traces de ce qu’ils furent font les 7 merveilles du monde le reste je n’y crois pas du tout.
Un exemple parmi tant d’autres Les Pyramides et tout ce qui découle de l’Egypte etc.
Nous ne sommes plus au XX eme siécle mais au XXI éme, sur celui qui vient de passer sur le plan du patrimoine pratiquement RIEN donc oui il faut sauvegarder ce que nous avons, mais pas à n’importe quels Prix.
Les rénovations les villes l’ont compris depuis bien des siécles. IL FAUT voir les dégâts c’est IMMONDE.
Patrick Juan
Le Panda
6:58, le Lundi 22 septembre 2008Le Panda,
Oui et non. Ce que l’homme a fait c’est une pyramide de sciences qui se chevauchent et s’appuient l’une sur l’autre. C’est ça la diversité d’idées qui rapporte.
Les 7 merveilles ?
Un peu mal choisi, cette mise en relief. Il n’y a plus que la pyramide de Chéops qui existe aujourd’hui. Je voyais des architectures plus récentes qu’il ne faut pas dénigrer.
Il y a d’autres merveilles du monde qui demanderaient plus d’égards.
Il y a eu 1 ou 2 ans, un nouveau échelonnement des merveilles du monde. Si je me souviens bien il y avait la Grande Muraille de Chine, les pyramides Mayas, le Taj Mahal…
Mais l’Egypte a encore beaucoup de chose dans ses sables à découvrir. Je l’ai vu récemment à la télé.
« Pas à n’importe quel prix » Là, pas d’accord. Barcelone que je cite dans mon article était assez clair là-dessus. Si tu veux conserver des rentrées substantielles par le tourisme, il faut investir et réinvestir, sinon tu oublies.
Comme je le disais, j’ai pu constater les dégâts pour l’art en Yougoslavie (à Split), au Caire, à Louxor quand les pierres des édifices anciens étaient réutilisées, amalgamée aux maisons et quartiers dans les siècles qui ont suivi.
Non, cela ne valait pas cela.
7:39, le Lundi 22 septembre 2008L’enfoiré,
Mise en garde de Gaudi sur tes propos
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« Pas à n’importe quel prix » Là, pas d’accord. Barcelone que je cite dans mon article était assez clair là-dessus. Si tu veux conserver des rentrées substantielles par le tourisme, il faut investir et réinvestir, sinon tu oublies.
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Tu ne risques absolument pas d’oublier Gaudi, El Paséo de Gracia, Plaça de Catalanua, etc…
Figueras, Dali, et Consorts, une dizaine de pages du forum de centpapiers ne me suffirait pas pour citer les oeuvres que détient “La Sagrada Familia” haute de 147 mts, et forte de 9 tours, je crois que je la connais juste un “peu”
Il ne faut pas oublié que dans 7 merveilles du monde il y a le monde et non simplement l’Egypte.
L’Alhambra de Granada, La Sierra Nevada, Le musée Miro….
La majorité des pays ayant subit des “envahisseurs” ont une richesse et une culture bien plus riche que les autres.
Sauf quand les forces armées n’étaient pas de même taille, là je t’attendais sur ta reflexion posible ou pas.
L’espagne ne serait pas ce qu’elle est sur le plan architectural si elle n’avait pas connu l’invasion “Mauresque”
De là naquit l’art arabo-andalou qui couvre l’Espagne du nord au sud et de l’est à l’ouest.
Tout comme l’Allemangne, le Portugal, Le Chili, etc…
Pour visiter des villes et connaitre une certaines formes de leur art, il faut aller à la rencontre des gens de rues et des hommes de la terre.
Une fois dans les musées les passionnés connaissent la majorité de l’histoire.
Que l’architecture moderne demande des “protections” c’est évident, elles ont été construites avec bien moins de précautions.
Donc elle dure le temps d’une voire 25 décenies et ensuite pourrissent par manque de carisme des matériaux nobles et du travail des mains de l’homme remplacé par des machines.
Ces points sont trés regrettables, mais il faut dés le départ apprendre à protéger ces acquits comme sa memoire en les faisant travailler.
LE RESTE APPARTIENT AUX HISTORIENS.
Il me semble que des choses qui demande à être sues sont enfouies et bien peu sont ceux qui se donnent le soin et la valeur de le découvrir comme tu le fais.
Merci de cet échange.
Patrick Juan
Le Panda
12:01, le Lundi 22 septembre 2008Le Panda,
Mon article original ne t’avait pas fait réagir sur le sujet. Une lecture imparfaite ?
Là, je te retrouve cinq sur cinq.
C’est comme le poisson à la ligne. Il faut appater un peu, puis relâcher, et puis retirer et alors cela vient tout seul.
Les autres références que je faisais ici Split, Le Caire, la Turquie… je crois que tu me suis aussi.
Tout ce que tu viens de dire, je suis d’accord.
12:09, le Lundi 22 septembre 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.




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