
Impression à chaud aprés le concert de Ben Harper, hier (mardi) au théâtre Saint-Denis.
Une salle debout, à l’unisson, un poing levé comme un signe de ralliement… A chaque concert de Ben Harper, ces symptômes réapparaissent. C’est grave docteur ? Que nenni !
Assister à une parade musicale de Ben Harper, c’est avoir l’assurance de passer un bon moment, même sur un siège dessiné pour les tailles mannequins ou les petits gabarits.
Il y a quelque chose de profondément mystique dans les envolées de cet artiste hors normes. Un je-ne-sais quoi de prosélytisme musical qui dissimule à peine derrière chaque note une humanité de bons sentiments. Oui, Ben Harper fait du bien. Pas besoin d’ordonnance pour boire ses paroles ou ne faire qu’un avec sa musique d’orfèvre.
Au théâtre Saint-Denis de Montréal, démonstration a encore été faite que Ben Harper sème ses accords endiablés et mélodiques sur un public envoûté. Envoûté par son lyrisme échevelé, et ce besoin de souder ses fans sous l’étendard de la paix et de la tolérance.
Ben Harper, c’est le mélange des genres et des rythmes, la voix qui fredonne ou explose, fragile comme un murmure, tonitruante comme une rébellion. Et puis cette guitare qui ne sait plus dans quelle position chanter, parfois couchée sur une chaise, parfois alanguie sur les jambes du bohème. C’est aussi une parenthèse a capella, dans un silence de cathédrale qui vous parcourt l’échine dans un frisson passager et terriblement délicieux. C’est finalement l’instant présent personnifié. L’allégorie Ben Harper n’a pas fini de charmer les aficionados de la musique métissée. Il faut avoir du talent pour faire chavirer une salle entière, dans un mano à mano que le chanteur au teint d’ébène entretient comme un prince.
Il y a dans la gestuelle et les intentions altruistes de cet homme un feu sacré qui couve, et qu’une simple communion avec les spectateurs attise. Un déluge d’amour qu’il retient comme une éponge et qu’il redistribue sur scène comme un marchand de rêves. Et avant de quitter la scène, il faut l’avoir observer serrant très fort ses poings, le corps légèrement penché en arrière et les yeux fermés sur ses pensées, pour comprendre à quel point cet artiste aime son public. Comme s’il voulait retenir dans ses paumes le délice d’un soir d’automne. L’instant présent, toujours.
Alors, quand la ballade musicale s’achève, le spectateur transi regagne son logis. Avec un mot au fond des tripes. Thank,s, Ben.
/BOUCLE_video>hello d’artagnan,
Première chronique, article que je lis de toi. Heureusement que j’étais avec toi à ce concert car après t’avoir lu, je me mets à la place de ceux qui n’ont pas pu voir ce sublime concert et je n’ose imaginer ce qu’ils doivent ce dire d’avoir raté cela. Mais au vu de ta verbe et de ton style, tu aurais dû signer Aramis ^^ A+
Pour avoir déjà assisté à un concert de Ben Harper, j’ai pu, à travers ton texte, ressentir une seconde fois ce frisson parcourir mon échine... passager et délicieux.
Ce n’est pas le premier article que je lis de toi et je dois dire qu’à chaque fois tu as su décrire les choses d’une telle façon que je suis obligée de regretter de ne pas voir été là. J’en redemande...
Salut D’Artagnan
Je connaissais l’aisance de ta plume et son éclectisme mais je suis désormais convaincu que c’est plutôt dans les arts et la culture que tu t’épanouiras et non plus dans des faits divers ou la politique. A te lire, on imagine ce brave Ben Harper caresser sa six-cordes et susurrer des mots doux à l’oreilles des jeunes filles en fleur du public. Bravo et continue, car l’obstination paie. Signé Miki, ou plutôt Portos, vu le contexte très Dumasien de ton pseudo. Au plaisir de te relire. Portos (ou Miki selon l’humeur)

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