
Beck Hansen est un homme hanté. Hanté par ses fans, par son entourage, par l’immense génie de ses anciens albums. L’époque révolue d’Odelay le torture, lui ronge l’âme bien malgré lui. Il avait pourtant évolué vers d’autres paysages, renouvelés et rafraîchis d’une nouvelle époque. Mais Beck Hansen est hanté. Le son si familier de Odelay, qui nous berce l’oreille depuis maintenant 10 ans est ancré au fond de son âme et refuse de vouloir le quitter. La pression infinie de cette sonorité a fini par l’abattre et Beck Hansen s’est senti obligé de renouer avec son passé pour produire la « suite » des Where it’s at ? et autres hymnes qui ne nous était jamais parvenue.
Guero, est donc cette suite. C’est le retour aux sources ou plutôt l’album né trop tard. On y retrouve le calque d’Odelay, de son ouverture à la fermeture, on se rappelle chacune des chansons qui ont marqué l’album et on espère retrouver celle qui nous fera craquer. En vain, ou presque.
Beck n’est plus là où tous ceux et celles qui souhaitaient qu’il accouche d’Odelay 2 se situent, moi compris. Guero est tout au plus un bel essai, mais surtout la dure constatation que nous nous sommes trompés, nous n’aurions pas dû le pousser jusque là. Car c’est bien de notre faute. Nous aurions dû comprendre plus tôt et le laisser aller à ses habitudes, celles d’innover, celles de comprendre l’époque mieux que nous.
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