18 juillet 2008 |
2 commentaire(s) |
20 affichage(s)
New Tang Dynasty Television (NTDTV) est un réseau chinois indépendant basé à New York depuis 2001. Chaîne de télévision à but non lucratif établie par des Chinois vivant à l’étranger, NTDTV diffuse ses programmes par satellite 24 h sur 24, couvre l’Amérique du Nord, l’Asie, l’Europe et l’Australie et peut toucher plus de 200 millions de personnes. Sur le site du réseau NTDTV, on peut y lire : « alors qu’un grand nombre de médias restent muets sur des sujets comme la persécution du Falun Gong, les chrétiens qui pratiquent en secret, les dissidents politiques et autres violations des droits de l’homme en Chine, NTDTV n’hésite pas à en parler. Lorsque des millions de personnes ont commencé à démissionner du Parti communiste chinois (PCC) en 2004, NTDTV a été la seule chaîne chinoise à couvrir les faits ».
Il n’est pas difficile d’imaginer que les autorités de Pékin, dans leur souci de transparence, ne voient pas d’un bon œil un réseau de télévision de langue chinoise, basée aux États-Unis, diffuser des émissions indépendantes de la ligne officielle du Parti communiste. Qui plus est à la veille des Jeux olympiques. Hu Jintao doit résoudre la quadrature du cercle : éviter de censurer les médias étrangers qui seront présents à Pékin mais, en même temps, ne pas contaminer le peuple chinois par des reportages incendiaires qui viendraient de pays étrangers mal intentionnés.
Ainsi va la vie. Depuis le 17 juin dernier, la diffusion par satellite de New Tang Dynasty Television (NTDTV) en Asie est interrompue après plus de quatre ans de diffusion. À quelques semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, des millions de foyers en Chine, équipés d’antennes paraboliques, ne captent plus les signaux satellite du réseau indépendant NTDTV. Il faut dire que depuis 2004, les autorités de Pékin exercent des pressions importantes Eutelsat, l’opérateur français du satellite W5, celui-là même qui rend disponible le signal de NTDTV aux chinois. Pékin aurait ordonné à maintes reprises à Eutelsat de « mettre fin à cette diffusion immédiatement ». Face à la mobilisation de parlementaires et d’associations, Eutelsat a, jusqu’en juin dernier, choisi de continuer la diffusion du réseau indépendant. « NTDTV a été conventionnée par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) et émet en toute légalité. Nous sommes nombreux au sein des Assemblées parlementaires françaises et européennes à souhaiter que ces émissions continuent », avait déclaré, en 2005, Pierre Lequiller, président de la délégation pour l’Union européenne de l’Assemblée nationale.
En juillet 2003, un autre opérateur, New Skies Satellite, avait été menacé par Pékin de subir d’importantes pertes commerciales s’il n’interrompait pas le signal de NTDTV. Ce qu’il avait fait sans coup férir. Contraintes commerciales obligent.
Cette fois-ci, c’est au tour de l’opérateur Eutelsat de s’exécuter. Selon Reporters sans frontières, la décision aurait été prise par le PDG d’Eutelsat, Giuliano Berretta. L’entreprise européenne prend prétexte d’un problème technique pour justifier cette interruption. Toutefois, un cadre d’Eutelsat, enregistré par RSF, croyant s’adresser à un représentant du ministère de la Propagande chinois, a révélé l’existence d’un système de secours pouvant rétablir les signaux satellite. « Ceci est de l’information très, très privée, qui ne peut pas être annoncée à l’extérieur. Si les États-Unis obtiennent cette information, notre compagnie ne pourra pas supporter une telle pression. Si les gens apprenaient que nous en avons toujours un de rechange, ce serait terrible », aurait déclaré le cadre en question.
Reporters sans frontières accuse nettement l’entreprise Eutelsat : « A quelques semaines des Jeux olympiques, la suspension de NTDTV, une chaîne qui dérange le gouvernement de Pékin car elle peut être reçue librement par des dizaines de millions de foyers chinois, apparaît comme une faveur d’Eutelsat pour obtenir de nouveaux marchés ». Et pour appuyer ses accusations, RSF s’appuie sur cette conversation déjà citée avec un cadre d’Eutelsat à Pékin qui aurait déclaré : « C’est le PDG de notre société en France qui a pris la décision de faire cesser la diffusion de NTDTV. (…) Nous pouvons choisir de débrancher ce transpondeur [un transmetteur de signaux des programmes]. Et nous pouvions choisir de ne pas le débrancher, bien entendu. (…) C’est parce que nous avons reçu des plaintes et des rappels du gouvernement chinois ».
La version de l’entreprise est différente, il va sans dire. Eutelsat a déclaré que le satellite W5 a subi de graves problèmes techniques qui l’ont obligée à suspendre la diffusion de plusieurs chaînes, en réduisant le nombre de transpondeurs. Giuliano Berreta a cependant refusé d’expliquer pourquoi les transpondeurs vers l’Asie sont tombés en panne à l’exception de celui transmettant le signal de Voice of America. En 2005, c’est ce même Beretta qui avait initialement refusé de renouveler le contrat avec NTDTV après avoir fait des affaires avec le Parti communiste chinois (PCC).
Comme le précise RSF, Eutelsat et Thales, le fabricant du satellite, ont de plus en plus d’intérêts commerciaux en Chine. Eutelsat a signé un contrat avec les autorités chinoises pour que la fusée « Longue Marche » soit utilisée dans des lancements de satellites de l’entreprise. Comme l’écrivait le Wall Street Journal en avril 2008 : « Eutelsat essaie depuis des années de trouver un chemin pour pénétrer le marché chinois, et la signature de contrats est vue comme un moyen de réussir cet objectif ». Qui plus est, Eutelsat se plaint d’être lésé par rapport à son principal concurrent, l’américain Intelsat, lequel vient de signer un contrat d’un milliard de dollars (environ 630 millions d’euros) avec le gouvernement chinois. Ceci explique cela, quoi. « Selon les experts de l’industrie, le vaste plan de lancement des satellites par Eutelsat dans les années à venir ne peut que suggérer que l’opérateur fera fréquemment appel à l’industrie spatiale chinoise », conclut le Wall Street Journal.
Selon le site La Grande Époque, à la bourse Euronext de Paris, l’action Eutelsat Communication était, le 11 juillet dernier, évaluée à 16,97 euros, soit une baisse de plus de 12% depuis l’annonce de l’interruption du signal.
Selon le site IFEX, Eutelsat doit respecter ses obligations de non-interférence dans le contenu des chaînes qu’il diffuse. Elle doit respecter les principes d’égalité dans l’accès, le pluralisme et la non-discrimination précisés dans l’article 3 de la Convention qui régit cette entreprise de droit français. Depuis quatre ans, New Tang Dynasty Television diffusait des programmes en chinois qui tranchent singulièrement avec les chaînes officielles chinoises. Les problèmes des droits de l’homme y sont largement évoqués, notamment la répression au Tibet et les violations à l’encontre des groupes religieux comme le Falungong et les Eglises chrétiennes interdites.
Aujourd’hui la Chine constate avec réalisme que : « Après le célèbre exemple Yahoo, le camp peu glorieux des entreprises prêtes à tout pour pénétrer le marché chinois s’est élargi d’un nouvel arrivant : l’européen Eutelsat qui a décidé de stopper la diffusion d’une chaîne jugée dérangeante par Pékin ». Aujourd’hui la Chine poursuit : « Rien d’étonnant donc qu’à quelques semaines des JO, l’administration de la radio, du film et de la télévision ait voulu se débarrasser de cette chaîne gênante reçue librement par une dizaine de millions de foyers chinois ».
En conclusion, à la veille des Jeux olympiques, alors que la population chinoise a plus que jamais besoin d‘information non censurée, Giuliano Berretta a condamné la seule fenêtre d‘accès à la libre information pour des millions de Chinois. Et cela, à la demande des autorités de Pékin.
(Sources : La Grande Époque, IFEX, AFP)
Bonjour Pierre,
Jacques Rogge invité par l’Echo, notre journal économique, continuait sa croisade. Il s’inscrit en faux contre la critique sur l’association du sport et de l’argent. “Les JO, catalyseurs du changement de politique, mais les JO ne sont pas un remède pour tous ses maux. On n’aborde pas la Chine en montant sur des barricades”. Fin de citations. Je t’enverrai l’article.
Je reste persuadé comme je l’ai écrit que c’était le choix du danger. J’aurai un article que je prépare en rassemblant toutes les infos sur le futur chinois.
La Chine est un autre monde et croire que l’on peut y entrer pour la changer en l’améliorant pour tous est un leurre.
1:35, le Dimanche 20 juillet 2008En tous cas Il est temps de dénoncer ce qui se passe réellement entre la Chine communiste et le reste du monde. Il est pas trop tard, bien au contraire puisque la lumière des projecteurs se focalise sur le “host” des J.O autant aussi mettre à jour la terrible persécution du Falun Gong en Chine qui dure depuis 9 ans déjà. (Ici lien avec plus d’informations)
Sur le fait que alors que le tremblement de terre a dévasté le Sichuan, ceux qui ont décidé de “collaborer” avec le PCC (Parti Communiste chinois) on reçu de l’aide et ceux qui ne l’ont pas fait, ont que leurs mains et pelles pour déblayer les ruines, alors que les autres collabos, festoient les JO dans les rares bâtiments qui tiennent à peine.
Et à voir aussi cet article sur l’explosion d’une base militaire chinoise qui faisait des tests nucléaires lors du tremblement de terre, on en parle pas non plus, bien dommage.
4:15, le Mardi 5 août 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.




(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)



(5.00 sur 5)À propos de Cent papiers | Tous droits réservés, Cent Papiers 2006-2007 | Roule sous Wordpress | Design: Olivier Niquet | Écrivez-nous !