Centpapiers
 

    Articles

    • Sep7

    • SITE AFFILIÉ
    • profil | site
    • 33 articles
    • 0 commentaires
    • 3.37 / 5 sur 344 votes
    • 6 fois en vedette
    • Sep7
    • Fil RSS des articles de ce site:
    A A

    Auf der anderen Seite - De l’autre côté

    le 16 mai 2008 | 210 visites | 2.50 / 5 | 0 commentaire(s)

    Cet article de François Petitclerc est gracieusement offert par Sep7. La version originale a été publiée à cet endroit.

    Auf der anderen Seite - De l'autre côté

    Écrit et réalisé par Fatih Akin avec Baki Davrak, Tuncel Kurtiz, Nursel Köse, Nurgül Yesilçay et Hanna Schygulla. Allemagne, 2007, 122 minutes.

    Après avoir raflé le prix du meilleur scénario à Cannes l’an passé et avoir remporté meilleur scénario, meilleur montage, meilleur réalisateur et meilleur film, il y a à peine deux semaines au German film Awards, De l’autre côté de Fatih Akin arrive discrètement sur nos écrans. Une œuvre profondément poétique qui ne laissera personne indifférent.

    Nejat, un professeur d’Allemand à l’Université de Hambourg, habite seul avec son père, Ali. Celui-ci invite une prostituée, Yeter qui est de la même origine que lui soit turc, à vivre sous son toit et partager sa routine quotidienne. Cependant, après la mort accidentelle de Yeter, provoqué par Ali, Nejat essaie de retrouver sa fille à Istanbul pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. De l’autre côté de la méditerranée, Ayten, la fille de Yeter, travaille pour une organisation clandestine. Suite à une manifestation, la police se lance à ses trousses et elle décide d’aller se réfugier chez sa mère, en voyageant sous le pseudonyme de Gül. Arrivée à destination, elle ne retrace pas sa mère, mais elle trouve l’amour en la personne Charlotte. L’entrecroisement des destins de ses personnages les amènera au bord du gouffre. Pourtant, c’est en le sillonnant qu’ils trouveront le salut, à la limite des cieux.

    Avec De l’autre côté, Fatih Akin vient d’établir solidement sa réputation dans le paysage que forme du cinéma international. Déjà avec son oeuvre précédante, soit Head-on, il avait fait preuve d’une maturité et d’une poésie visuelle exceptionnelle. L’acuité sensorielle du réalisateur ne s’estompe aucunement avec son dernier film, même si Akin n’a même pas encore 35 ans. Pourtant, la maîtrise avec laquelle il a écrit et réalisé De l’autre côté, démontre une connaissance profonde du labyrinthe dans lequel se profile l’âme humaine, et un sens pratiquement inné des procédés cinématographiques. La narration scindée en trois blocs, avec la fin annoncée en intertitre, s’aligne parfaitement avec une certaine fatalité du récit. En abordant les limites territoriales et les ramifications de la nationalité, Akin, un allemand aux parents d’origine turc, s’emboîte résolument dans un cinéma interculturel et donc international, qui n’est pas sans rappeler le dernier film de Innaritu, Babel. Sauf que Akin ne fonde pas l’entrecroisement des personnages sur un accident aux proportions mondiales, mais bien sûr les effets singuliers et personnels de la vie en exil. Il y a donc une concentration de l’attention sur les protagonistes et de la difficulté dans laquelle ils traversent certaines épreuves, au contraire de n’insister que sur le caractère pénible, insurmontable ou horrible de celles-ci. La réalisation recèle une poésie des images comme on en voit rarement au cinéma. Les plans n’ont souvent aucun besoin de dialogue et ceux-ci instaure un lyrisme cultivé où chaque personnage n’a de choix que s’offrir. Le résultat est divin.

    Ainsi, si le scénario aborde le thème de la dette humaine, on ne tombe jamais dans le pathos, ni dans le facile. La fixité et l’inertie du cadrage communiquent toute l’impossibilité des personnages à atteindre leurs buts, et certaines conversations deviennent donc du verbiage inutile au compte d’une idéologie au langage préprogrammé, comme c’est le cas pour Ayten. Pourtant, au fur et à mesure que le récit se dévoile, les personnages apprennent que le ressentiment et les mots vont de pair, et ceux-ci laisseront leurs différends de côté pour guérir leurs blessures et accorder le pardon. Mais ce sera toujours par l’ouverture vers l’autre que les maux trouveront remède.

    De l’autre côté de Fatih Akin n’a pas volé les récompenses qu’on lui a attribuées cette année. Avec son scénario béton, sa direction photo impeccable et sa musique entraînante, on ne peut qu’être séduit devant cette œuvre de qualité. On souhaite donc longue vie à ce très jeune artiste au talent incomparable.

    Mots-clés : allemagne , affilié et Cinéma

    Évaluez ce texte

    • Currently 2.50/5
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

    2.5 sur 5.0 (2 votes)

    COMMENTER CET ARTICLE

Les plus populaires

la communauté centpapiers

Ailleurs sur le Web

Loading...

Droits

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.