10 août 2007 |
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Après les États-Unis, les mensonges du Canada sous le couvert de la
lutte au terrorisme
Dans un pays, lorsque les
institutions vouées à la sécurité publique dérapent, tout fout le camp. C’est
un sentiment d’impuissance qui nous envahit lorsque, à travers les informations
glanées ça et là, on en vient à comprendre à quel point le mensonge a été érigé
en système depuis un 11 septembre 2001. Prenons l’exemple de la Gendarmerie
Royale du Canada. Fière allure lorsqu’elle se montre sous ses beaux atours,
cavalerie et costumes rouges, moins fière allure lorsqu’elle sombre dans les
conflits de travail et dans le mensonge institutionnalisé.
La Gendarmerie Royale du Canada a
cru nécessaire et utile de recourir aux mensonges pour parvenir à ses fins et
montrer aux voisins américains à quel point elle avait atteint un niveau d’excellence
dans le dépistage des terroristes. Sauf que…
L’affaire Maher
Arar vient hanter à nouveau ces fonctionnaires qui n’avaient de conscience que
l’efficacité du service, au détriment des droits humains. Plusieurs parties
sensibles du rapport de la commission
O’Connor sur l’affaire Maher
Arar viennent d’être rendues publiques plongeant
style='mso-spacerun:yes'> à nouveau dans l’embarras les services secrets
canadiens. Une précision. Si la vérité éclate au grand jour, ce n’est pas en
raison d’un excès de zèle du gouvernement conservateur. Le mois dernier, le
juge Simon Noël, de la Cour fédérale, a rejeté les arguments des avocats du
gouvernement qui prétendaient qu’en dévoilant le contenu du rapport, on
risquait de porter atteinte à la sécurité nationale. Stephen Harper, incapable
d’assumer ses responsabilités de premier ministre, s’est contenté de faire de
la politique. « On parle d’événements qui
se sont produits pendant la période où le gouvernement libéral était au
pouvoir. Notre gouvernement va mettre en application les recommandations de ce
rapport ».
Que nous apprennent donc ces « parties
sensibles » du rapport O’Connor. La GRC savait
que les États-Unis allaient extrader Maher Arar pour
le soumettre à un interrogatoire sous la torture. Un agent des services secrets
canadiens en poste à Washington a, en effet, averti, en octobre 2002, ses
supérieurs à Ottawa que les États-Unis étaient tentés de transférer
class=SpellE>Maher Arar dans un pays arabe afin de pouvoir l’interroger
« de façon musclée ». Le 10 octobre
2002 le directeur des opérations des services canadiens, Jack
class=SpellE>Hooper, écrivait : « Selon moi, les États-Unis aimeraient envoyer Arar en Jordanie où ils
pourraient en faire ce qu’ils veulent ». Après avoir été arrêté aux
États-Unis en 2002, Maher Arar a en effet été déporté
en Jordanie puis en Syrie, où il a effectivement été torturé pendant un an,
avant d’être finalement remis aux autorités canadiennes.
Pire. En septembre 2006, la
href="http://www.ararcommission.ca/fr/index.htm">commission O’Connor
a vertement critiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC), estimant que des
informations transmises aux États-Unis et qualifiant à tort M. Arar d’ « extrémiste
islamiste » avaient « vraisemblablement » contribué à son
expulsion vers la Syrie. Selon ce qui vient d’être rendu public, il apparaît
clairement que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) transigeait
avec la CIA et le FBI dans toute cette affaire, et qu’il avait eu vent d’une « tendance »
de ces organismes américains qui déportaient des suspects vers des pays où les
méthodes d’interrogations sont plus radicales : «
style='mso-bidi-font-style:normal'>Lorsqu’ils ne peuvent détenir un sujet
terroriste légalement, ou lorsqu’ils veulent qu’une personne-cible soit
interrogée de façon musclée, ils le restituent à un pays acceptant de le faire »,
peut-on lire dans les parties sensibles dévoilées cette semaine. «
style='mso-bidi-font-style:normal'>Le SCRS savait exactement quel sort
attendait M. Arar », dénonce John Tackaberry,
porte-parole d’Amnistie Internationale Canada.
S’agissant de mensonges, la GRC a
obtenu des mandats de perquisition et d’écoute électronique sans néanmoins
mentionner au juge que l’information avait été obtenue « d’un pays
affichant un piètre bilan en matière de droits de la personne ». Dans le
cadre de son enquête antiterroriste nommée Projet A-O Canada, la GRC s’appuyait
sur des aveux d’une autre personne, Ahmed El Maati,
des confessions obtenues sous la torture. La GRC était en contact avec la CIA
américaine, à l’époque, et avec les services du renseignement syriens. Il est
démontré que ces derniers avaient fait savoir à la GRC qu’ils ne considéraient
pas Maher Arar comme un personnage bien important en
2002. Il est resté emprisonné jusqu’en octobre 2003.
Le fait de rendre publiques ces
parties sensibles du rapport O’Connor pourrait aussi
avoir un impact non négligeable sur une autre enquête, celle du juge Frank
class=SpellE>Iacobucci qui analyse les cas d’Abdullah
class=SpellE>Almalki, d’Ahmad El Maati et de
class=SpellE>Muayyed Nureddin.
« Il est de plus en plus évident que la GRC souffre de problèmes
organisationnels et structurels. Le fait que la GRC ait utilisé le témoignage
d’un homme qui avait été torturé (…) pour obtenir un mandat lui permettant de
mener des écoutes électroniques est très inquiétant », a déclaré le
député Serge Ménard, porte-parole du Bloc en matière de sécurité publique.
Le Canada s’est déshonoré, ses
institutions ont menti et le gouvernement conservateur a refusé d’informer les
citoyens de la réalité des faits. Le gouvernement du parti conservateur de
monsieur John Stephen Harper s’est fait complice de ces mensonges soustrayant
volontairement, sous de faux prétextes, ces « parties sensibles » du rapport O’Connor
aux yeux du public canadien. Cela nous montre le degré cynisme de ce
gouvernement à l’égard des droits humains au Canada. N’eut été d’une
intervention judiciaire, qu’aurions-nous su de ces
mensonges et de ces tractations contre un citoyen canadien ?
Euhm.. Qui est John Harper ?? Rectifiez voulez-vous ! Dans ce contexte, peut-être vouliez-vous dire Stephen Harper !?
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