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    Après le 5ème anniversaire du Joola, les familles des 1863 morts dans l’expectative

    le 30 septembre 2007 | 438 visites | 3.79 / 5 | 2 commentaire(s)
    Après le 5ème anniversaire du Joola, les familles des 1863 morts dans l'expectative
    photo : angela7dreams (Flickr)

    Cinq ans viennent de s’écouler après le naufrage du Joola, qui, plus que le Titanic avec ses 1500 morts, a, lui, fait officiellement 1863 morts et 64 rescapés. Mais selon la principale association des familles des victimes du Joola, basée à Ziguinchor, au sud du Sénégal, ce plus grand drame de l’histoire de la marine marchande du monde, aura laissé derrière lui un minimum de 1923 victimes. Cinq ans donc après, certaines questions structurelles restent encore en suspens, laissant des familles entières dans l’expectative.

    Le 26 Septembre dernier, l’Afrique, l’Europe et pourquoi pas le monde entier, se sont inclinés devant la mémoire des près de 2000 victimes du Joola, du nom du navire sénégalais ayant fait naufrage exactement 5 ans plus tôt, le 26 Septembre 2002, aux larges de la Gambie. Ce bateau aura décidément fait plus de morts que le Titanic, tous deux, rendus tristement célèbres à cause des conséquences de leurs catastrophes respectives. Conséquences devenues irrémédiablement indélébiles dans la conscience collective des Peuples. Les noms des 1863 morts, et même plus, resteront également pour des raisons que nulle n’ignore, matériellement marqués sur des stèles et autres pierres tombales des localités aussi nombreuses que les villes et villages d’origine des victimes du Joola.

    Mais faut-il se rendre à l’évidence, cela ne saurait satisfaire à juste titre toutes les familles éplorées. Lesquelles ont accepté aussi, si l’on en croit le président de l’association nationale (sénégalaise) des familles des victimes du Joola (Anfv-Joola), M. Mousa Cissokho, « un règlement de la question à l’amiable » consentant une indemnisation de 10 millions de francs CFA soit environ 17 000 Dollars Us par victime décédée ou rescapée. Si l’on en croit M. Cissokho, cinq ans après la tragédie, « plus de 1370 dossiers d’indemnisation (sur les 1923 qu’ils ont dit avoir recensés) ont été exécutés ». Ce qui donne un total d’un peu moins de 14 milliards de Fcfa soit près de 229 millions de Dollars Us.

    Ziguinchor (455 m au sud de Dakar), principale ville de la Casamance avait payé le plus lourd tribu en perdant près de 900 personnes lors dudit naufrage. Conséquemment, cette localité et la région naturelle de Casamance, ont bénéficié de quelques faveurs de la part de l’Etat du Sénégal. Citons entre autres, le président de l’Anfv-Joola aidant, « l’ouverture d’un deuxième lycée et d’une université mais aussi la construction d’une gare maritime flambant neuf alignée aux normes internationales de sécurité » dans la commune concernée, et la desserte de la Casamance par un navire en bon état affrété à une compagnie malaisienne.

    N’empêche, les familles des victimes du Joola n’en demeurent pas moins dans une certaine expectative relative notamment, selon Moussa Cissokho au « non respect de ses (l’Etat du Sénégal) engagements ». Il s’agit surtout de la prise en charge, du point de vue des indemnités, d’une partie des familles des victimes. Le président de l’association regroupant ces familles, parlera du reste des 1923 victimes dont les dossiers n’ont pas encore été exécutés. Mathématiquement, il s’agirait alors de 553 victimes pour une somme qu’ils ont estimée à 6 milliards de Fcfa soit près de 10 millions de Dollars Us. A côté de cela, des étudiants issus des familles des victimes du Joola, seraient toujours en train d’attendre « les bourses d’études à l’étranger…promises, selon M. Cissoskho, par le Chef de l’Etat au lendemain du naufrage ».

    Aussi, les familles des victimes du Joola attendent-elles l’arrivée d’un nouveau bateau en remplacement du premier leur ayant causé tout ce désagrément. Sur ce, retenons qu’un nouveau navire, baptisé avant son premier appareillage dans les eaux dakaroises, le « Aline Sitoé Diatta », serait en construction, selon des informations officielles données à Dakar, en territoire allemande. Ces informations ont été réaffirmées le 26 Septembre dernier à Ziguinchor par le ministre sénégalais des forces armées, M. Bécaye Diop. Et puis, en plus de la décision du Président Me Abdoulaye Wade suivie du vote d’une loi à l’Assemblée nationale sénégalaise pour la prise en charge des orphelins du Joola, estimés par l’Anfv-Joola à 1900, la question du renflouement de l’épave du navire est encore d’actualité.

    En 2005, le Président Wade avait donné son accord dans ce sens. Mais l’avait assujetti au fait que Dakar devrait trouver des moyens lui permettant de réaliser ce dessein, mais aussi à un consensus autour de la question. Me Abdoulaye Wade disait ceci « c’est un problème qui est aussi complexe, parce qu’il concerne des milliers de parents de victimes. En tout état de cause, une telle opération ne pourrait se faire qu’avec un consensus de l’ensemble des parents des victimes. Encore une fois, le Gouvernement du Sénégal ne s’y oppose pas ».

    Cette volonté a été réitérée le 26 septembre dernier au port de Ziguinchor, non seulement par l’Anfv-Joola, mais également par les parents des victimes norvégiennes, à savoir Henry et Greet Arendshort. C’était lors de la commémoration de l’an 5 du naufrage, en présence M. Bécaye Diop ministre des forces armées et M. Mamadou Lamine Kéita ministre de la jeunesse et de l’emploi, venus représenter le Président sénégalais en voyage à l’ONU. Ces familles norvégiennes, autant que leurs homologues européennes et sénégalaises éplorées, sont dans l’attente d’un probable renflouement de l’épave du Joola. Histoire de pouvoir s’y recueillir de temps en temps pour commémorer la disparition tragique des leurs.

    Pourtant, quelques jours avant la commémoration de l’an 5 du drame du Joola, l’espoir était le sentiment le mieux partagé chez ces familles. Elles avaient l’espoir que cette fois-ci, des mesures concrètes allaient être annoncées allant dans le sens du respect de ce qui restait des engagements de l’Etat du Sénégal. Mais le jour venu, le ministre sénégalais des forces armées s’est voulu évasif sur les questions de fond. Il a rappelé les efforts abattus par Dakar pour notamment renforcer la sécurité de la navigation maritime parmi lesquels « la création de la haute autorité chargée de la sécurité et de la sûreté maritimes ». Bécaye Diop se limitera à dire que « d’autres mesures seront prises pour renforcer la sécurité de la liaison Dakar-Ziguinchor et désenclaver la région de la Casamance ». Il laissera ainsi les familles éplorées sur leur faim. Mais en homme optimiste, le porte-parole de l’Anfv-Joola posera, lui, d’autres espoirs sur le Président Wade en personne. « Nous osons croire que des mesures urgentes vont être prises dès l’arrivée du président de la République, par rapport à ses engagements » a déclaré le porte-parole M. Boubacar Bâ. Retenons que Me Wade est revenu de New York en fin de semaine, mais qu’il ne s’est pas encore officiellement prononcé sur ces mesures.

    Pour rappel, depuis sa mise en circulation au mois de Décembre 1990, le navire le Joola assurait, en 15 heures d’horloge, la liaison Dakar-Ziguinchor-Dakar, avec escale à l’île de Carabane située à l’embouchure du fleuve Casamance (Sud de Dakar). Selon un site Internet non officiel, « construit en Allemagne, " Le Joola " était un transbordeur d’eaux côtières de 1.532 tonnes, de 79,50m de long, d’une largeur de 12,50m avec un tirant d’eau de 3,10m. Sa cale de chargement de 450 m3 pouvait transporter 550 tonnes de marchandises, dont une dizaine de véhicules. Immobilisé depuis le 13 septembre 2001, pour la réparation d’avaries mécaniques et le remplacement de son moteur bâbord, "Le Joola" avait repris la liaison Dakar-Ziguinchor-Dakar le 10 septembre 2002 ». Rappelons-le, il fera naufrage aux larges des côtes gambiennes le 26 Septembre 2002, autrement dit, moins d’un mois après sa remise en circulation.

    Boubacar DIASSY

    Mots-clés : afrique , Société et sénégal

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • leuklelièvre

    je pense que votre article aurait dû être beaucoup plus critique et beaucoup plus véreux contre le gouvernement sénégalais actuel. je pense que vous êtes trop gentil .... les victimes du jola y’en a pas le 1|5ème qui a reçu quelque chose, presque tous sont dans l’expectative, tous n’ont rien eu, c’est une catastrophe après la catastrophe.. par ailleurs, il fallait je pense revenir un peu sur les conditions du naufrage du jolo, un bateau qui transportait le triple de sa capacité, aucun contrôle, aucune politique de surveillance, aucune conscience, une autre catastrophe celle de la corruption, aucune efficacité, aucune compétence, esprit totalement fidèle à la réputation du Sénégal et d’autres pays d’Afrique.. ce qui me tue c’est que les sénégalais ont réélu leur président, celui-là même qui est le premier responsable de la catastrophe du Jola, celui-la même qui, avec son gouvernement et son entourage, pillent le sénégal comme personne ne l’a fait auparavant.... qui faut-il blamer ? le dirigeant ou ceux qui l’ont élu et réélu ?

    12 octobre 2007 | répondre | permalien

    Bonjour et merci pour le commentaire. Vous n’êtes pas sans savoir que la catastrophe du "Joola" est un drame d’envergure mondiale. Si bien que chacun, s’il se sent concerné par "Le Joola", a a priori le droit de donner son point de vue sur tout ce qu’il s’y rapporte. Pour ma part, je me suis seulement efforcer de rapporter les faits tels qu’ils se sont présentés au journaliste que je suis, vivant au Sénégal, de surcroît témoin de plusieurs discours et actions allant dans le sens de la gestion de l’après "Joola". Je pense que blamer telle ou telle autre partie, n’est pas le dessein visé à travers mon article. Toutefois, je m’éverterai, tant bien que mal, à rapporter d’autres informations relatives toujours à ce drame. N’hésitez pas à commenter nos articles, car cela participe non seulement à éclairer la lenterne des autres lecteurs sur des sujets donnés, mais aussi à améliorer nos prestations.

    Merci encore une fois.

    12 octobre 2007 | répondre | permalien

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