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    • Pierre R.
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    Opinion : Algues bleues : Pour ne pas agir, organisez une tournée de consultation !

    le 7 août 2007 | 546 visites | 3.21 / 5 | 2 commentaire(s)

    Chamfort écrivait : «  Sans le Gouvernement, on ne rirait plus en France  ». Je serais tenté de dire, que dans le dossier des cyanobactéries (algues bleues), sans le gouvernement, on ne rirait plus au Québec. La solution ? Un sommet sur les algues (oui oui oui) et une tournée de la ministre pour apprendre ce que sont ces algues ! Depuis sa réélection, ce gouvernement sombre. Faites quelque chose pour l’aider à se relever.


    Surtout, ne riez pas. Vous connaissez toutes et tous les blagues qui circulent sur le gouvernement et ses fonctionnaires. Pendant plus de trente ans, je les ai entendues fréquemment, ayant occupé divers postes au sein de la Fonction publique du Québec. Lorsqu’un ministère ne veut pas prendre une décision, il crée un comité. Lorsqu’il veut reporter une décision, il crée un groupe de travail. Lorsqu’il veut discuter des conditions de travail au sein de l’organisation, il met en place un comité ministériel des relations professionnelles (CMRP) au sein duquel les patrons et les syndicats négocient.

    Le gouvernement du Québec a publié récemment une liste de 85 lacs aux prises avec une éclosion de cyanobactéries. Pour bien comprendre ce que sont ces cyanobactéries, j’ai consulté le site de Santé Canada  : « Cyanobactéries est le nom scientifique que l’on donne aux algues bleues qui flottent à la surface des étangs. Les premières espèces identifiées étaient de couleur bleue, et c’est de là que les algues tiennent leur nom. Les espèces identifiées depuis sont de diverses couleurs, allant du vert olive au rouge ».

    Selon Santé Canada, les cyanobactéries se forment dans les eaux peu profondes, tièdes et calmes ou immobiles. Elles sont composées de cellules, qui peuvent contenir des poisons, les toxines cyanobactériennes. Une masse de cyanobactéries dans l’eau est appelée fleur d’eau ou parfois prolifération. Lorsque cette masse monte à la surface de l’eau, on l’appelle écume bleue. L’étendue des proliférations cyanobactériennes au Canada est inconnue, il est cependant établi qu’elles surviennent généralement pendant les mois chauds d’été et sont plutôt répandues dans les prairies.

    Par la suite, je suis revenu au ministère du Développement durable, Environnement et Parcs pour me documenter davantage sur l’état de la situation. Le ministère nous rassure : « Devant l’ampleur de la problématique, le gouvernement du Québec a développé un plan d’action concertée sur la gestion des fleurs d’eau de cyanobactéries au Québec. Les mesures mises de l’avant permettent d’accélérer les interventions lorsque requis, de soutenir et de guider les municipalités affectées, et de rendre toute l’information sur ces phénomènes plus accessible à la population ».

    J’ai voulu consulter ce plan d’action. En lieu et place, j’ai trouvé la Liste régionale des mises en garde et des avis de santé publique reliés aux lacs et rivières affectés par les algues bleu-vert en 2007. Par un hasard dont je ne m’explique pas comment j’ai pu y arriver, j’ai cliqué sur un lien qui m’a mené à Santé et Services sociaux Québec. J’ai retrouvé une section consacrée au Plan d’action gouvernemental sur les algues bleu-vert. Le ministère y annonce qui suit : « Nous vous annonçons, conjointement avec le ministère du Développement durable, de l’Envrionnement et des Parcs, le lancement du Plan d’action gouvernemental sur les algues bleu-vert (scientifiquement appelées cyanobactéries). Les algues bleu-vert, qui peuvent contaminer nos lacs et rivières, constituent en effet un problème de santé publique. Consultez notre foire aux questions pour de plus amples renseignements ».

    Est-ce qu’une foire aux questions constitue un Plan d’action ? Il me semble que nous ne partageons pas, le ministère et moi, le même sens des mots. Dans la foire aux questions, j’ai retrouvé cette question et réponse : Q. « Est-ce que le risque à la santé est réel ? ». R. « Oui. Bien que peu de cas humains aient été rapportés au Québec et ailleurs dans le monde, les risques reliés aux algues bleu-vert sont bien réels. Des toxines peuvent être libérées par les algues bleu-vert et causer des problèmes de santé si on ingère de l’eau contaminée ou si on a un contact direct avec l’eau contaminée. Plusieurs décès d’animaux ayant été en contact avec des fleurs d’eau d’algues bleu-vert ont d’ailleurs déjà été rapportés à plusieurs endroits dans le monde. Quelques cas l’ont été au Québec ».

    Réponse qui ne me rassure pas. Loin s’en faut. Las de ce fatras et de ce bordel innommable, je me redirige vers Santé Canada. J’y trouve la question suivante : « La présence d’une prolifération cyanobactérienne indique-t-elle toujours que l’eau est contaminée ? » Inquiet, je lis la réponse : « Non. Les chercheurs sont généralement d’avis que de 30 à 50 p. cent des proliférations cyanobactériennes ne présentent aucun danger parce qu’elles ne renferment que des espèces non-toxiques de cyanobactéries d’eau douce. Les fleurs d’eau qui renferment ne serait-ce qu’une seule espèce de cyanobactérie toxique seront empoisonnées et potentiellement dangereuses. Étant donné qu’il n’existe aucun signe évident de la toxicité d’une fleur d’eau donnée, des échantillons doivent être analysés en laboratoire avant qu’une étendue d’eau puisse être déclarée sûre ».

    Qu’est-ce à dire ? Dans une grande candeur, et de retour de vacances, la ministre Line Beauchamp a reconnu que la diffusion de la liste des 85 lacs aux prises avec une éclosion de cyanobactéries ait pu provoquer « un sentiment d’inquiétude  ». Elle mise sur une tournée des 11 régions touchées pour « mieux informer la population sur la portée de l’avis de mise en garde  ». Ne riez surtout pas. Le gouvernement du Québec avait annoncé un Plan d’action. Force est de constater que nous en sommes loin (Cyberpresse).

    Vous vous rappelez au début de mon exposé comment un ministère renvoie aux calendes une décision difficile à prendre. Que dire maintenant d’un gouvernement minoritaire qui ne veut surtout pas se voir gérer, en plein cœur de l’été, une crise. Donc, acte : « Aucune mesure coercitive ni aide financière ne seront ajoutées au plan de lutte contre les algues bleues du gouvernement québécois avant la tenue d’un « rendez-vous stratégique » auquel le premier ministre Jean Charest participera à la fin septembre, a prévenu la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp.

    Ne riez pas. Greenpeace est moins enthousiaste. « Le ministère de l’Environnement connaît les causes du problème depuis des années. Il a des piles de rapports sur son bureau. Cette rencontre ne sera que du blabla au moment où le problème se fera moins sentir », a critiqué le porte-parole de Greenpeace, Éric Darier (Cyberpresse). Encore faudrait-il trouver le Plan d’action du gouvernement du Québec.

    S’agissant de cette tournée de la ministre, le ridicule est proche : « La ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, entreprend sa tournée des lieux touchés par les algues bleues. La ministre souhaite prendre le pouls des citoyens, des maires et des organismes environnementaux ». La tournée de la ministre devrait prendre fin vers la mi-septembre. Faut-il se surprendre d’une telle tournée lorsque le premier ministre Jean Charest estime que son gouvernement fait ce qu’il faut à propos des algues bleues, et qu’il renvoie la balle aux municipalités et aux citoyens. « Il y a des municipalités comme Lac-Sergent qui ont adopté des règlements. Donc je suis venue voir ces municipalités pour leur demander : ’qu’est-ce qui fait que vous êtes passées à l’action ? Comment votre population a réagi ? Et comment, du côté du gouvernement du Québec, on peut être d’un certain support ?  » a ajouté la ministre. Plan d’action, écrit le ministère sur son site.

    « Au mois de septembre, on va faire le point sur ce qu’on doit faire et on va tout mettre sur la table. S’il faut aller encore plus loin que ce qu’on a déjà en terme de législation ou de restriction on le fera, mais on va le faire dans un esprit de concertation, parce que les solutions ne sont possibles qu’à la seule condition que tout le monde y participe », a affirmé le Premier ministre.

    La ministre a rappelé bien naïvement que les municipalités ont le pouvoir de légiférer. Elles doivent entre autres inciter les riverains à reboiser, protéger davantage les berges et empêcher l’enrochement en bordure des lacs. Or, les villes répliquent qu’elles tentent, en vain, depuis 20 ans de faire appliquer le règlement en la matière. Il y a trop peu d’inspecteurs, disent-ils, et à moins d’être pris en flagrant délit, les citoyens sont rarement punis. Dialogue de sourds, comme cela a toujours été depuis des décennies. Le maire de Roberval, Denis Lebel, croit également que le problème des algues bleues doit être résolu par le gouvernement provincial plutôt que par les municipalités.

    La ministre fait valoir que l’heure a sonné pour une campagne d’information dont un des buts principaux est d’expliquer « la portée d’une mise en garde » et ce que peuvent faire les citoyens pour prévenir le phénomène. La firme qui réalisera cette campagne de 500 000 $ n’est cependant pas encore choisie.

    Notre ministre de l’Environnement, je vous prie de ne pas rire, a besoin d’une tournée à travers le Québec jusqu’en septembre pour lui permettre de se familiariser davantage avec ce phénomène, de rencontrer des intervenants régionaux et de souligner des pratiques mises de l’avant pour éviter une dégradation des lacs et cours d’eau du Québec.

    Pour une approche simple et logique, et pour comprendre le phénomène des cyanobactéries, consultez le site de Santé Canada en attendant la fin des tergiversations du gouvernement du Québec et jusqu’à la prochaine crise en matière d’environnement. 

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    Mots-clés : québec , Jean Charest et Line Beauchamp

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Madame Beauchamp aurait intérêt à se rendre sur cette page de son ministère, référencée par Greenpeace Canada, pour visionner quelques vidéos explicatives, notamment celle-ci, sur les cyanobactéries, avant d’entreprendre sa grande tournée.

     

    Pierre R.

    7 août 2007 | répondre | permalien
    • Yves

    Puisque ce gouvernement aime les eaux troubles, peu profondes et immobiles, espérons que les algues bleues soient aussi efficaces que vous le dites

    7 août 2007 | répondre | permalien

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