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    • Noellise Turgeon
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    Ah la fameuse dextérité !

    le 20 mai 2008 | 332 visites | 4.33 / 5 | 1 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Ah la fameuse dextérité !
    photo : procsilas (Flickr)

    Oh combien de futurs petits mozarts se sont vus refuser l’accès à la musique parce qu’on avait jugé que la nature ne les avait pas dotés de cette main prédestinée...

    Qui n’a pas entendu au moins une fois dans sa vie : « Cet enfant a de belles mains aux longs doigts, il deviendra sûrement pianiste ! » Et oh combien de futurs petits mozarts se sont vus refuser l’accès à la musique parce qu’on avait jugé que la nature ne les avait pas dotés de cette main prédestinée...

    Plusieurs études pour tenter de comprendre la dextérité de la main ont été effectuées depuis 1920. Il est intéressant de noter que les opinions des auteurs sont partagées en deux écoles distinctes : certains sont d’avis qu’il existe chez l’élève, au départ, un potentiel tant physique que cérébral, critère selon eux indispensable à la performance musicale ; tandis que les autres soutiennent que le contrôle digital, la vélocité, l’habileté musicale sont davantage le résultat logique d’un long et persévérant apprentissage.

    Qu’en disent les musiciens ?

    On a posé la question au compositeur québécois Richard Grégoire, l’auteur de thèmes musicaux inoubliables pour les séries Les Filles de Caleb, Shehaweh, l’Ombre de l’Épervier ainsi que pour le film Being at home with Claude.

    D’emblée, il nous avoue être beaucoup plus convaincu que la dextérité s’obtient par de longues heures de pratique. Il demeure sceptique quant aux vertus innées de ce « potentiel de départ ». « La forme de la main varie tellement d’un musicien à un autre, explique-t-il, qu’on ne peut parler de structure idéale. » Autre exemple : le fameux pianiste Glen Gould qui valorisait peu le travail mécanique des doigts. Il croyait davantage au sens et au caractère de la musique comme source d’inspiration.

    Jeff Fischer, un maître du clavier connu pour sa rapidité d’exécution, affirmait : « Je ne crois pas qu’il existe de recette magique. La technique acquise est essentielle. J’ai une formation classique débutée à l’âge de quatre ans et je suis persuadé que cette base m’a permis de développer la maîtrise que je possède aujourd’hui. J’improvise beaucoup pour entretenir ce contrôle. Sans dextérité, vous savez, un artiste est limité dans sa créativité. Je ne crois pas que la structure de la main ait beaucoup d’importance. Ce n’est pas tout, il y a aussi la souplesse et la puissance. Une main « normale » possède au clavier une extension de neuf notes environ. La nature m’a donné de « grosses pattes », ce qui me permet une portée de douze notes - on s’adapte, c’est tout. D’ailleurs, les musiciens qui m’ont le plus impressionné par leur maîtrise n’ont pas nécessairement de grandes mains aux longs doigts. Je pense, par exemple, à Keith Jarrett. La dextérité n’est pas chose acquise, il faut pratiquer et pratiquer encore. L’autonomie de chaque doigt, la puissance et la souplesse, ce serait plutôt ça le secret. Chopin, avant chaque concert, jouait au complet les deux cahiers des fugues de Bach...C’est tout dire. »

    Au-delà des obstacles

    Dans l’histoire de la musique, il est rapporté plusieurs cas de musiciens dont la carrière s’est poursuivie après un accident dont ils sont sortis handicapés. Par exemple, Django Reinhardt, un guitariste-jazzman des années fin quarante début cinquante, qui a mis au point une technique musicale étonnante d’efficacité pour continuer sa carrière, après avoir subi l’amputation de trois doigts. Encore aujourd’hui, il demeure un nom de référence pour sa qualité d’interprétation à la guitare. Maurice Ravel a composé pour un pianiste de carrière qui venait de perdre la main droite (Paul Wittgenstein) le fameux concerto « Pour main gauche seule ». Prokofiev, également. Ces pièces compliquées demandent énormément de concentration et de maîtrise au musicien qui les interprète. Mais le résultat demeure extraordinaire. Inné ou acquis

    Main forte ou délicate, doigts longs ou courts, il ne semble pas qu’il faille chercher de ce côté le secret de la dextérité car il y a tellement d’autres facteurs dont il faut tenir compte. Quand même, si vous avez l’impression de posséder depuis toujours une dextérité toute naturelle, eh bien tant mieux pour vous. Mais pour conserver cette facilité, il vous faudra l’entretenir par de longues heures de pratique. D’un autre côté, l’élève moins doué au départ, pour qui les débuts sont moins encourageants, obtiendra, après un long cheminement fait de patience, de persévérance et d’exercices, une dextérité qui lui semblera avec le temps depuis toujours acquise.

    Tirez-en vos conclusions.

    Mots-clés : Arts , Société et Musique

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Très bon cet article !

    Une personne qui veut sincèrement atteindre un but réaliste, je crois que rien ni personne ne peut l’empêcher d’atteindre ce rêve.

    Par la magie, on arrive pas à grand-chose. Par la persévérance, l’exercice, la patience sont comme vous le décrivez si bien, la base pour arriver à ses buts.

    Patricia

    20 mai 2008 | répondre | permalien

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