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    Afghanistan, Irak, Kosovo

    le 1er juin 2007 | 281 visites | 0.00 / 5 | 3 commentaire(s)

    Partir de suite ou rester mille ans... Des situations sans issues qui appellent des réponses variées.

    Pour quelles raisons sommes-nous, nous Français, en Afghanistan ? parce que l’ex URSS est intervenue dans ce pays de cocagne dans les années 80 pour maintenir un régime à sa botte, et que l’Armée Rouge, après avoir tout cassé et eu de lourdes pertes, s’est repliée en abandonnant le terrain aux Talibans ; parce que le régime des Talibans n’a pas voulu livrer Ben Laden aux Américains après le 11 septembre, et que par solidarité l’OTAN a suivi l’Armée US, nous emmenant dans ses impedimenta pour occire ces Talibans ; parce que nous avons une politique étrangère et des obligations internationales ? etc., etc.

    Mais peu importe les raisons ; la question aujourd’hui est de savoir combien de temps on va y rester en fonction des objectifs précis que l’on veut atteindre. Si notre objectif est d’instaurer, avec nos alliés et principalement les Américains, un Etat de droit et démocratique, nous y sommes pour cinq cent ans ! (en étant optimiste) ; si notre objectif est de laisser ce pays retourner à son état tribal initial (tel qu’il était avant l’intervention de l’URSS), alors il est urgent de partir, car cette évolution se fera mieux sans nous qu’avec nous ! Certains peuvent penser qu’il y a une situation intermédiaire, que sans avoir un véritable Etat de droit et démocratique, et en jouant par exemple la carte des tribus et des chefs de guerre, on pourrait, en y mettant de la bonne volonté, déboucher sur quelque chose d’acceptable : obtenir le respect des droits des femmes, l’accès à l’éducation, l’éradication de la culture du pavot, etc., etc.

    Ceux-là restent dans la lignée d’une pensée coloniale qui n’ose plus dire son nom mais qui nous entraîne dans une occupation de mille ans ! Ne soyons ni cyniques ni stoïques, mais soyons réalistes : partons ! Ces deux dernières années ont apporté la preuve de notre erreur d’avoir voulu reconstruire le pays après avoir chassé les Talibans : on ne peut reconstruire un pays qu’avec le concours de sa population, comme cela s’est fait en Allemagne et au Japon à la fin d’une guerre qui les avait mis KO.

    Or l’Afghanistan ne s’inscrit pas dans ce schéma. Parfois on peut craindre de retrouver une situation homothétique à celle qu’on a connue au Vietnam : un gouvernement à la botte des libérateurs dans un pays aux mains de puissantes forces armées hostiles soutenues par une population également hostile. Quel est l’enjeu ? Il n’y pas de ressources de pétrole à exploiter ; plutôt que de défendre des pipelines, changeons leur tracé, cela reviendra moins cher ! Le « droit d’ingérence », n’est pas « un devoir d’ingérence ». Il y a des « missions impossibles » que l’on est en droit de refuser.

    La situation en Irak ne serait pas très différente, s’il n’y avait ces ressources en pétrole qui rendent si difficile l’abandon du terrain. Mais la France n’est pas en Irak ! Et nous ne saurions donner des conseils à nos amis tant qu’ils ne nous les demandent pas... même s’ils y sont pour cent ans (tant qu’il y aura du pétrole !).

    Le Kosovo, c’est une autre affaire de long terme. Ce pays est en Europe, c’est une donnée géographique, et cela nous impose des obligations. Notre présence est le résultat d’une guerre qui a été menée sous l’égide de l’ONU pour sauver les populations albanophones du Kosovo d’un génocide. La coalition ne poursuit aujourd’hui d’autre but que de régler un conflit vieux de presque mille ans... Compte tenu du fait que les deux populations en présence ne veulent pas vivre ensemble, nous risquons d’y être pour mille ans ! Mais après tout c’est envisageable si l’effort financier est partagé. Y a-t-il une autre solution ? On sait que si la coalition retire ses troupes, les massacres vont reprendre. Alors soyons réalistes, restons... mille ans peut-être !

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    Mots-clés : irak , afghanistan et kosovo

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • afghan

    bonjour, ecoutez moi je ne suis pas de même avis que vous car si on regarde l’état de l’Afghanistan aujourd’hui je me dis au fond heureusement qu’il y a des armées d’autres pays qui aident au moin notre pays contre ces terroristres je parle en connaissances de coses (étant naturellement Afghan...) donc d’un côte on est très reconnaissant de votre part mais tout le monde connais très bien les raison des soldats qui viennent dans un pays pour le but d’aider le peuple et ces personnes font tout à fait le contraire par exemple : viols, maltraitance, usage des produits illicites etc. alors à mon avis ceux qui aident mon pays du fond du coeur je les remercie autant mais ceux qui vont pour mettre sel sur la blessure sincèrement il n’y devraient pas mais bon nous on a pas tout le pouvoir. et je ressens les douleurs pour tout les pays qui sont en guerre j’éspère qu’un jour tout ira pour le mieux aurevoir

    1er juin 2007 | répondre | permalien
    • Pierre JC Allard

    Vous êtes Afghan ? Laissez-moi d’abord vous exprimer toute ma sympathie pour les épreuves qui vous échoient. Cela dit, je m’étonne que vous sembliez dire quelque bien de la présence étrangère chez vous. S’il y a une spécificité commune aux ethnies qui peuplent ce pays, n’est ce pas cette farouche résistance à l’invasion qui leur a permis de rester comme un espace résiduel d’indépendance au sein d’une Asie centrale que Russes et Anglais ont joué pendant un siècle à vouloir s’approprier ?

    Je n’éprouve aucune sympathie pour les Taliban, mais j’en éprouve encore moins pour l’incursion occidentale actuelle, qui n’a aucune chance d’apporter une solution au vrai problème. Le problème que les Afghans de collectivités diverses doivent régler eux-même, qui est de choisir s’ils veulent constituer ensemble un État unitaire, ou s’ils ne prèfèrent pas plutôt une très large autonomie - ou une totale indépendance - au palier des entités régionales historiques pour lesquelles ils éprouvent un bien plus fort sentiment d’appartenance.

    PJCA

    3 juin 2007 | répondre | permalien
    • Pierre JC Allard

    @ l’auteur. J’ai dit tout le mal que je pouvais de l’invasion de l’Irak. Comme le disait déjà Dumont en 1991, cette guerre nous déshonore. Comme vous le dites si bien, le Kosovo est autre chose. Il n’y en aurait pas pour mille ans, si on faisait ce qu’il aurait fallu faire dès le départ, là et ailleurs : séparer les belligérants.

    PJCA

    3 juin 2007 | répondre | permalien

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