• Cursoux Gérald

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    • Auvergnat d'origine, savoyard d'adoption. Plusieurs métiers exercés en France, Algérie, Gabon, Québec... Grand lecteur de la presse papier payante. Occasionnellement rédacteur sur CentPapiers. Totale aversion pour l'anonymat sur le net.

    Afghanistan - Il faut partir… vite !

    18 septembre 2008 | 0 commentaire(s) | 11 affichage(s)

    A la suite des attentats du 11 septembre, il était légitime de faire tomber le régime des Talibans qui protégeait Ben Laden. Une intervention militaire, essentiellement aérienne, a permis de libérer l’Afghanistan de ces fous de Dieu – des cinglés comme l’histoire en produit hélas régulièrement. Ce fut une réussite, même si Ben Laden échappa aux bombes et aux actions menées sur le terrain par des commandos pour finir le nettoyage, et que le mollah Omar nous échappa en s’enfuyant sur une mobylette.

    Les Talibans en déroute, une forte présence militaire sur le terrain fut nécessaire pour mettre en place un nouveau régime démocratique stable, et créer les conditions pour la reconstruction du pays autour d’un gouvernement démocratiquement élu. En finir avec les barbus illuminés, l’oppression des femmes sous la burqua, l’analphabétisation, la loi des chefs de guerre et de la violence, la culture de l’opium etc., intentions ô combien louables !

    Or ce fut le début d’une erreur, car l’Afghanistan est un espace sur lequel vivent des groupes ethniques qui ne partagent pas notre vision de la société et de l’État (sans parler de nos différences sur les valeurs, les droits de l’homme, l’égalité et la liberté) ; qui préfèrent l’absence d’État à tout État, et dont la culture n’est pas perméable à nos idéaux. Un « choc de civilisation » a eu lieu là, beaucoup le prédisaient : ce fut la chronique d’un échec annoncé.

    Nous poursuivons dans cette erreur, avec l’illusion qu’une présence militaire permettra d’éradiquer finalement les groupuscules armés - sous l’ordre de chefs de guerre, souvent très folkloriques, dont on sous-estime la détermination, le culte des armes et du conflit, l’indifférence face à la mort, l’acceptation d’une fatalité inscrite dans l’islam -, pour que la reconstruction du pays soit entreprise et que les résultats positifs visibles amènent la population à participer à la création de ce cercle vertueux nécessaire à la consolidation du pays. C’est ne rien comprendre à ces populations archaïques, qui n’ont tirés de l’Occident que les armes et les technologies pour les servir, et n’y voient des marchés pour écouler la drogue. Nous agissons donc sans voir le monde réel tel qu’il est ; pour employer des termes populaires, nous prenons des vessies pour des lanternes ! La laïus doloriste sur la nécessité d’arracher les femmes et les enfants des mains de ces fous de Dieu, est une imposture !

    Aller au sol a été non pas une erreur militaire mais une faute politique.
    Que faut-il faire maintenant ? Nous devons nous retirer d’Afghanistan, en laissant les Afghans poursuivre leurs luttes tribales dans une société archaïques, pour nous en tenir à des interventions aériennes, accompagnées si nécessaires d’opérations au sol ponctuelles et limitées, pour « les contenir » et préserver nos intérêts. L’Afghanistan ne peut être contrôlé que de l’extérieur : un cordon aérien fondé sur un bon système de renseignements est la seule solution réaliste pour réduire les nuisances de ce pays, c’est-à-dire son exportation de la drogue, des armes et du terrorisme. Et si, le cas échéant, il faut frapper durement certaines régions, peut-être faudra-t-il employer des armes nucléaires tactiques qui ne feront pas la différence entre des civils et des militaires. Il ne faut pas exclure cette option, d’autant qu’elle peut faciliter le retrait de nos troupes en s’inscrivant dans une stratégie militaire de long terme.

    C’est, il est vrai, abandonner le pays avec ses démons ; c’est priver des femmes et des enfants des conditions de vie décente ; c’est renoncer à imposer le droit sur la violence. Oui, c’est hélas tout cela, mais on ne peut pas donner de force aux hommes ce dont ils ne veulent pas ! On ne va pas mourir pour défendre les Afghans contre les maux qu’ils se causent à eux-mêmes : cela serait du colonialisme, plus de l’action missionnaire. L’histoire nous enseigne que ça ne marche pas !

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