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    • Mario Asselin
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    Opinion : « 88 », un projet de loi qui sauve les commissions scolaires ou qui les enfonce ?

    le 19 mai 2008 | 471 visites | 5.00 / 5 | 1 commentaire(s)
    « 88 », un projet de loi qui sauve les commissions scolaires ou qui les enfonce ?
    photo : DownTown Pictures (Flickr)

    Par le dépôt d’un projet de loi qui marque le retour à la centralisation des pouvoirs au niveau ministériel, le gouvernement Charest sonne peut-être le glas aux commissions scolaires, même si en apparence, il intervient en leur faveur au détriment des pouvoirs locaux.

    Les intervenants scolaires et les observateurs en éducation étaient nombreux à attendre les propositions du gouvernement Charest suite au Forum sur la démocratie et la gouvernance des commissions scolaires qui a eu lieu à la fin de février dernier. Pour stimuler un taux de participation de moins de 10% aux élections des commissaires, le projet de loi 88 veut « davantage impliquer et consulter les parents » tout en « resserrant la gouvernance scolaire »... (source)

    « Il est clairement ressorti des échanges que les commissions scolaires sont des institutions importantes qu’il faut conserver. Cela étant dit, la majorité des participants au Forum ont constaté la nécessité d’effectuer un virage important et c’est ce à quoi répond le présent projet de loi », a souligné la ministre Courchesne. »

    Depuis, les réactions les plus diverses fusent. Personnellement, je suis de ceux qui croient que le pendule repart du côté d’une plus grande centralisation des pouvoirs au cabinet du ministre de l’Éducation. Deux mesures m’apparaissent plus positives et devraient inquiéter les commissions scolaires : l’élection des présidents des commissions scolaires au suffrage universel et la nomination d’un protecteur de l’élève. Il faut voir dans ce dernier geste un désaveu de la capacité actuelle des commissions scolaires de bien servir les intérêts des jeunes et de leurs parents dans toutes les situations où ils interviennent.

    De toutes les fois où des représentants syndicaux sont sortis sur la place publique en éducation dernièrement, je crois que la déclaration dominicale du président de la CSQ est celle qui rejoint le plus ma pensée, « Pas de vrai leader à l’Éducation depuis 20 ans » ! Au moment où de plus en plus de gens s’entendent pour favoriser une plus grande décentralisation des pouvoirs au profit des écoles, notre ministre se comporte en véritable inspecteur d’école, tout cela survenant au moment où l’ADQ ne parvient plus à inspirer les politiques du gouvernement libéral. Parlant des troupes de Mario Dumont, Michel Vastel avance une hypothèse pour le moins étonnante expliquant qu’ils ne parviennent plus à influer sur l’opinion publique en éducation comme dans d’autres domaines :

    « La grande différence avec ce qui se passait dans les précédentes élections générales est que, maintenant, Mario Dumont et l’ADQ ont deux groupes de presse contre eux : Quebecor comme toujours, et Gesca (La Presse) qui n’a plus besoin de Mario Dumont maintenant que Jean Charest est revenu en grâce. »

    En matière de gouvernance scolaire, le projet de loi 88 doit maintenant son espérance de vie à Pauline Marois. Elle qui a déjà témoigné de son attachement aux commissions scolaires a quand même induit un certain mouvement de décentralisation pendant qu’elle était aux commandes au MELS ; ce sera intéressant de voir comment le parti québécois agira dans les circonstances. La performance des gens du P.Q. pendant l’étude des crédits budgétaires en chambre était digne d’une opposition officielle si on se fie à un observateur présent à l’Assemblée nationale. Ils n’hésiteront sûrement pas à se montrer critiques envers les maillons les plus faibles de ce projet de loi qui invalident presque les efforts qui avaient été faits pour donner plus d’emphase aux conseils d’établissement, d’où devrait partir le momentum de la démocratie scolaire quand on y pense. L’ADQ aura peut-être l’occasion de reprendre un peu d’initiative avec la parution prochaine du Rapport Bouchard-Taylor puisqu’ils ne semblent pas avoir choisi le dossier de l’éducation pour s’affirmer au moment de leur débâcle. Chacune des formations politiques revendique par les gestes qu’ils posent leurs désirs de viser la réussite du plus grand nombre, mais le pari de la centralisation me semble aller dans une mauvaise direction. Il faudra peut-être se tourner vers les directions d’écoles pour mener ce nécessaire combat de donner aux gens près de l’action le moyen de leurs ambitions.

    D’ici là, nous saurons si les commissions scolaires auront compris le message pour s’ajuster ou s’ils continueront de jouer aux victimes par l’entremise de leur fédération qui joue à fond la carte de la diplomatie.

    POST-SCRIPTUM : Pour ceux que ça intéresse, j’ai publié ma vision des choses en matière de gouvernance scolaire dans ce billet publié en février dernier, « Plaidoyer pour une école publique autonome ».
    Mots-clés : québec et Société

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Excellent billet... merci de nous faire ce résumé de la situation. Une seul objectif devrait inspirer TOUS les intervenants du monde scolaire : le bien-être et la qualité d’apprentissage de nos enfants. Centralisé, décentralisé, renouvelé, traditionnel... pensons à nos enfants avant tout. Les ambitions personnelles ne devraient pas embrouiller les cartes !

    20 mai 2008 | répondre | permalien

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