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500 mots plus les frais (2) O? & ici

J?habite un coin de banlieue d?un monde tournant sur lui-m?me pour se convaincre de faire une quelconque r?volution au nom du progr?s et de l?apr?s. Ici-bas dans ma dimension parall?le, je vais droit au but en le contournant. La m?t?o fait la loi puis la mode puisque Dieu est mort. Les gens composent le d?cor en abandonnant toute ambition de jeune premier d?s les pr?liminaires dans le bac ? sable sur le bas-c?t? de la route. Pi?g? dans un monde de fous accro aux flux, plus j?y vois flou plus je pense faux et c?est peut-?tre cela qui me sauve.

Les seules choses qu?on ne peut plus acheter sont la terre et le temps. Alors notre ?poque j?h?site entre mobile home et mus?e comme plan de carri?re. Voil? pourquoi je reste sans domicile fixe. Enferm? dehors, je joue ? l?aventure int?rieure.

Je vis dans une tribune officielle ? trois p?t?s de maison du destin o? les plus chanceux pratiquent le suicide pour seule l?gitime d?fense. La machine humaine est ainsi faite, peaufinant ses statistiques pour mieux parler de pr?vention. Et puis, entre le coup de la panne et le d?p?t du bilan sur la banquette arri?re, l?amour oscille entre le meurtre et le g?nocide. ? chacun sa d?finition du bonheur, d?une alliance d?occasion au taux de natalit? ill?gitime.

? l??re du futur parfait et de la science-fiction ? cr?dit, les faits ne valent plus grand chose sans un l?ger lifting. Le journal des bonnes nouvelles ne fait pas de prisonniers, ni de t?moins ? moins d??tre s?r d?avoir achet? leur silence jusqu?au prochain suffrage. Et entre temps on court, on court toujours et encore pour rien, mais c?est bien l? l?essentiel. Las, nous sommes tous suspendus au verdict d?une horloge plus capricieuse qu?impartiale.

Tic, tac, tic, tac. Une chaise sous le cul et le ciel sur les ?paules, je compte les nuages, les moutons et mes semblables en attendant l?addition ou une crise cardiaque. Mais rien ne vient. ? l?abri sur ma terrasse ?la v?rit? dans le marc de caf?? j?assiste ? un passage ? tabac par des humanitaires braquant le quidam avec leur bonne conscience, bien emmitoufl?s dans leur uniforme d?archanges la?ques. L?humanisme est la premi?re des religion et l?argent est son proph?te. Apparemment sauver le monde ou le pr?tendre, c?est un m?tier.

Fort heureusement vu mon profil, je ressemble plus ? un d?biteur qu?un cr?diteur ?quip? de dreadlocks blondes et sales. Pendant ce temps je regrette la prohibition des stup?fiants ?fa?on tol?rance z?ro? lorsque qu?un paquet de costard cravache recrache p?niblement la nicotine r?publicaine et la misogynie sociale en suivant le d?fil? puritain des arri?re-trains en mini-jupes. Un troupeau d?individualistes plus l?ches que pacifistes faisant de la plaque d?? c?t? une religion.

Dans ce bordel organis?, j?en viens presque ? esp?rer un peu de fraternit?, une galanterie quelconque, une g?n?rosit? anonyme pour m??viter de penser ? mal. Mais le tonnerre sonne la fin de la r?cr?ation et la soci?t? des pions bafoue sa biens?ance en reniant l??chiquier pav?, en slalomant entre le passage pi?ton effac?, en butant contre le trottoir poli. La ville respire au ralenti, le ciel nous fait une crise de nerfs au rythme de la pluie. Au pays des poules mouill?es, les K-way sont rois.

La panique dans un monde s?curis?, cela ne tient ? rien. Alors si certains s?engouffrent dans les bouches de m?tro, d?autres s??chappent dans des culs-de-sac et les derniers dans leur moiti?. Il faut bien aller quelque part, faire quelque chose, mais pour combien de temps ? De concert, les nuages cessent de pisser dans un violon et sur nos t?tes, trop pleines pour ?chapper au vide. Les journaux se froissent pour mieux mourir entass?s sur un de ses cong?n?res trustant une poubelle d?j? ob?se. Quant aux enfants, il voient un arc-en-ciel dans un insignifiant changement climatique ?le trop de technologie nous pousse ? croire en la magie o? qu?elle soit.

Et en observant les maladresses du balai p?destre, je me dis que la noyade est une sortie de piste plus digne que l?aquaplaning. Le ridicule ne tue plus. La mort non plus. Les talons surfent ? t?tons sur un bitume bancal et les parapluies parlent ensemble de leur amour pour l?automne au milieu de la cohue g?n?rale prenant le pas sur l?accalmie pour un sursis n?cessaire. Tout est bon pour c?der ? ses bas instincts, la pluie, l?heure de pointe ou une alerte ? la bombe.

Mais ici-bas, les accidents de la circulation se succ?dent tant bien que mal ?de la symphonie des t?les froiss?es aux gouailles parlant avec les phalanges? jusqu?? l?arriv?e de la chor?graphie des forces de police. Les Hommes cherchent la violence l? o? elle se trouve, m?me dans le code de la route. Depuis que les guerres sont propres, il ne reste que les ?chauffour?es entre gens civilis?s en milieu urbain pour faire couler le sang gentiment. Les badauds les plus voyeurs encerclent en silence le match au sommet, tandis que les bookmakers sp?culent sur l?impact du terrain et les cons?quences dentaires ? une terrasse enfin libre.

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