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29 juin 2009 |
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Photo : Flickr Donnie Brasco
Peter Pan, roi de la pop, extraterrestre… Les appellations d’origine incontrôlée auront été nombreuses pour qualifier Michael Jackson. Rarement un artiste aura déchaîné autant les passions et alimenté les manchettes de journaux. Sa mort brutale lui assure une place dans le panthéon des légendes de la musique.
Il a été roué de rumeurs, maculé de scandales. On l’a adulé, photographié sous tous les angles, soumis à des spéculations sentant parfois le caniveau. Michael Jackson, mort à 50 ans, c’était presque la fin programmée d’un artiste insaisissable, fragile, torturé, pétri d’un talent aux contours divins. Elvis Presley n’était pas parfait, Marylin Monroe non plus. Les mythes n’aiment pas la vieillesse.
Je fais partie de cette génération qui a dansé sur ses albums. Jackson en solo, c’était surtout une trilogie façon Guerre des étoiles : Off the wall, Thriller, Bad. Les suites ont été moins bonnes, elles sentaient la fin de règne. Et puis les scandales, les doutes, la chirurgie esthétique puissance Five… La décadence, l’aura déclinante. Pas facile, la vie d’enfant prodige… Quand on aime vraiment un artiste, on lui pardonne – presque – tout. L’exception engendre souvent la clémence. Moi, ma zappeuse est restée bloquée sur ce jeune homme aux cheveux crépus et au nez aplati. Quand le tsunami Thriller a tout emporté sur son passage, la transformation physique était déjà entamée, mais Michael ressemblait encore à Jackson. Une bête de scène, un précurseur, une tessiture de voix reconnaissable entre mille.
Imité, jamais égalé
Quand on est un fan de Michael Jackson, on tente de reproduire son célèbre Moonwalk à l’abri des regards, sur un sol qui ne veut rien savoir. On a beau passer en boucle ce pas de danse enchanteur, rien n’y fait : tu ne seras pas Michael Jackson mon fils. On fredonne aussi dans un anglais approximatif, presque phonétique, les paroles de ses chansons les plus connues, dont Billie Jean. On y voit le phénomène figé sur la pointe des pieds, tournoyant sur lui-même ou encore levant sa jambe droite dans un mouvement éclair qui a fait sa marque de fabrique. On aimerait reproduire ces gestes sur une piste de danse, devant des amis, des petites copines, mais on se ravise pour se prémunir du ridicule et de quelques luxations.
C’est sans doute dans la mort que l’on mesure les grands destins. La disparition du roi de la pop a créé une onde de choc à travers le monde (et enrichi au passage les fabricants de mouchoir), comme on ne l’avait pas vu depuis Elvis Presley. Un autre King. Une autre époque.
Michael Jackson a donc rejoint le clip de Billie Jean. Vous savez, lorsqu’il finit par disparaître et qu’on le suit à la trace grâce à ces carrés au sol qui s’illuminent sous ses pas de fantôme. L’icône est morte, mais sa musique n’est pas prête de s’éteindre. Sa révérence soudaine devrait d’ailleurs doper les ventes de ses albums. Le souvenir par cartes bancaires interposées.
Ce que je retiendrai de Michael Jackson? Une chanson, Rock with you, avec sa chorégraphie et son décor minimalistes. Mais le charme opère, dans un subtil mélange de retenue et de classe. Le rythme, lui, est incrusté sous la peau d’ébène d’un jeune chanteur recouvert d’un habit étincelant et qui décoche son bonheur à pleines dents.
(texte paru dans le journal La Presse le samedi 27 juin).
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