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President George W Bush visits CIA Headquarters, March 20, 2001.

2035 – Prédictions et trois scénarios possibles selon des services de renseignement américains

 

Certes, dans leur précédent rapport qui date de l’an 2000, les experts du conseil national du renseignement américain (CNI) n’avaient pas imaginé la série fantastique télévisée de la campagne présidentielle française. Nous attendons d’ailleurs la suite avec une impatience gourmande. Le conseil national, majoritairement des analystes de la CIA, n’avait pas vu venir non plus la crise de 2008. Mais la montée des tendances nationalistes était évoquée. Tout comme des attaques terroristes massives. Les spécialistes de la surveillance de l’oncle Sam ne voyaient pas plus la fin du pétrole et au contraire son prix à la baisse. Par contre, ils étaient trop optimistes sur la croissance mondiale et le règlement du conflit israélo-palestinien.

Ce rapport déposé sur le bureau ovale de Donald Trump, (mais le lira-t-il ?) se voudrait une prospective avec pour ambition de préparer les responsables politiques et les populations à vivre demain, ou qui sait mourir. Sans pour autant nier ses limites, car la réalité dépasse souvent toutes les estimations cauchemardesques ou positives. « Pendant deux ans, ses auditeurs ont rencontré plus de 2 500 spécialistes du monde entier, lancé des simulations, épluché des études. Pour finalement sortir ce rapport de 300 pages qui est intitulé « Le paradoxe du progrès » que vous pourrez également le trouver sous forme de livre.

President George W Bush visits CIA Headquarters, March 20, 2001.

Scénario n°1 : un monde d’îles reclues (Source – Libération)

Le premier scénario imagine un monde subissant les dégâts d’une croissance atone et d’une mondialisation faiblissante, face auxquelles les gouvernements n’ont rien su faire. Vingt ans après la crise financière de 2008, les économistes de par le monde observent des Etats fragilisés, repliés sur eux-mêmes. « La combinaison de tous ces événements a donné naissance à un monde fragmenté et sur la défensive où des Etats inquiets cherchent métaphoriquement et physiquement à construire des murs pour se protéger des problèmes extérieurs, formant ainsi des « îles » dans un océan d’instabilité », relate le rapport.

En Europe comme en Amérique du Nord, les Etats n’ont pas su s’adapter aux bouleversements économiques et sociétaux de ce nouveau monde. En Asie, le constat est le même, le boom des émergents est retombé : « Parce qu’elles n’ont pas su générer suffisamment de demande intérieure pour stimuler leur économie quand le marché mondial s’est ralenti, la Chine et l’Inde sont restées enfermées dans le « piège du revenu moyen » et ont connu une stagnation de leur croissance, des salaires et des conditions de vie. » Les classes moyennes, ayant acquis ce statut avant la crise de 2008, sont meurtries, et une partie de cette population est retombée à des niveaux modérés de pauvreté

Les conséquences néfastes de la mondialisation, notamment l’accroissement des inégalités et la montée des populismes, ont poussé les Etats à mettre en place toujours plus de mesures protectionnistes, au lieu de privilégier le dialogue international. Dans ce scénario, l’essor rapide des intelligences artificielles a bouleversé les sociétés plus profondément que ce que les économistes avaient prévu. Le chômage a continué à augmenter.

Après cet état des lieux démoralisant, la CIA voit, dans vingt ans, le « début d’une nouvelle ère de croissance et de prospérité ». Le salut viendra de plusieurs horizons. Après avoir bouleversé le marché du travail, l’innovation technologique va créer des opportunités de relance. Dans ce monde futuriste, la créativité viendra alors de la collaboration entre hommes et machines. « Le ralentissement de la mondialisation et des échanges commerciaux a donné naissance à une nouvelle génération d’entrepreneurs et d’inventeurs au niveau local. » Leçon du futur (imaginé) pour le présent : les gouvernements qui s’en sortiront le mieux sont ceux qui miseront sur la recherche et l’innovation et qui sauront garder les talents technologiques dans leurs frontières.

Scénario n°2 : à l’aube d’une escalade militaire

 

Le second scénario, intitulé « Orbites », est raconté par un « conseiller national en sécurité » qui revient sur l’état du monde, à l’aube de l’an 2032, date où s’achève le second mandat d’un certain « Smith » à la tête des Etats-Unis. Le milieu des années 2020 a vu l’accroissement sans pareil des tensions entre puissances régionales. La Russie, la Chine mais aussi l’Iran ont profité d’un repli des Etats-Unis sur la scène internationale pour imposer leur « domination économique, politique et militaire » sur leur région d’influence respective. Les tensions se cantonnent dans un premier temps à des représailles économiques et diplomatiques, à une guerre de propagande et à des cyberattaques, sans impacts notables.

« La plus grande victime de ces conflits a été la « vérité » dans la mesure où la propagande de ces Etats, diffusées par plusieurs médias sociaux, commerciaux et officiels, a déformé, dénaturé et manipulé les informations sur ce qui se passait réellement », analyse le conseiller. Un constat qui évoque étrangement l’ère de post-vérités, ou de « faits alternatifs », dont se sont nourris en 2016 les Brexiters et les partisans de Donald Trump. Sous le premier mandat de ce fameux « Smith », les Etats-Unis opèrent un retour sur la scène internationale, mais entrent directement en confrontation avec la Chine, l’Iran et la Russie, donnant à la fin des années 2020 un faux air de guerre froide. L’étincelle ? Une crise entre l’Inde et le Pakistan en 2028 qui aboutit à l’explosion de la première bombe nucléaire depuis 1945. La crise est finalement désamorcée par les Etats-Unis, avec l’aide de la Chine (ouf). L’escalade militaire et nucléaire est évitée. Comme lors de l’après Seconde Guerre mondiale, les grandes puissances rétablissent une relation de confiance et reprennent leur coopération sur les questions de sécurité.

 

Scénario n°3 : les communautés dirigent le monde

Le troisième et dernier scénario s’intéresse aux « Communautés », via le regard d’une future maire d’une grande ville canadienne qui réfléchit en 2035 aux transformations des deux dernières décennies. Dans ce monde, les groupes locaux ont pris le pas sur les gouvernements nationaux. En cause : le manque de confiance grandissant des populations envers leurs dirigeants nationaux. Si la politique étrangère, les opérations militaires et la défense nationale restent le fait des entités nationales, l’éducation, l’économie ou encore la santé reviennent à la charge des autorités locales. L’implication des entreprises dans la vie de leurs employés est telle qu’elles se chargent désormais de l’éducation, de la santé et du logement. L’expérience n’est pas égale à travers le monde. Au Moyen-Orient, la jeunesse s’est révoltée contre les institutions et l’extrémisme religieux, sonnant l’avènement d’un nouveau Printemps arabe. Mais en Chine ou en Russie, des mouvements similaires sont loin d’avoir escompté les mêmes succès. Ces changements se sont opérés finalement plus facilement au sein des démocraties occidentales comme aux Etats-Unis ou au Canada, où il y avait déjà « une forte tradition d’implication des collectivités locales et du secteur privé ».

Commentaires

commentaires

A propos de gruni 57

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J'ai une fâcheuse tendance à l'ambiguïté. Ce n'est pas ma faute je suis tombé dans le deuxième degré quand j'étais petit. Depuis, pour me soigner, j'ai tenté une cure prolongée sur Agoravox. Le résultat a été désastreux, c'est encore pire qu'avant. Alors ne me prenez surtout pas au sérieux, mon cas déjà désespéré pourrait s'aggraver avec une grosse tête.

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3 Commentaire

  1. avatar

    ah parce que vous pensez réellement qu’ils vous vous dire ce qu’ils vont faire ?

    vous voilà bien candide, Gruni !

  2. avatar

    c’est quoi cette notion de « communautés là », au fait Gruni ???

    voici le 3eme scénario résumé ailleurs

    Scénario 3 : Les Etats perdent de l’influence

    La défiance vis à vis des politiques a fini par l’emporter. Dans cet univers, les gouvernements ont abandonné une partie de leurs prérogatives à des groupes privés locaux. De grandes entreprises ont ainsi pris à leur charge l’éducation, la formation, le financement de la santé de leurs salariés… Cette gouvernance décentralisée s’établit pour l’essentiel par des partenariats publics-privés.

    vous avez traduit GROUPES PRIVES LOCAUX par  » Communautés » ???

    C’est grave là, ou alors Libération joue au con… lui aussi :

    http://www.liberation.fr/planete/2017/01/27/comment-la-cia-voit-elle-le-monde-en-2035_1544268

    le texte date de 2015, Gruni

    https://ivn.us/2015/07/06/want-know-future-ask-cia/

  3. avatar

    l’original de la 3eme proposition

    Communities scenario examines issues associated with the future of governing. In it, governments will need policies and processes for encouraging public-private partnerships with a wide-range of actors—city leaders, non-governmental organizations, and civil societies—to address emerging challenges. Large multinational corporations and charitable foundations, in particular, might increasingly complement the work of governments in providing research, education, training, health care, and information services to needy societies.

    This scenario explores the issues that arise as the enormity of future economic and governance challenges test the capacity of national governments to cope, creating space for local governments and private actors and thus questioning assumptions about the future of governance. This scenario emphasizes the trends associated with the changing nature of power and advances in ICT that are enabling a broader array of influential actors and identifies how such trends might lead to choices that create both opportunities and hurdles for future governance.

    faudra vous acheter un traducteur, Gruni : c’est bien de GROUPES dont il s’agît, de groupes de « private actors  » là ça signifiait « société civile » en fait….