2015

L’année 2014 fut morose à tous points de vue. Même nos vies intérieures ont souffert car peu de gens peuvent demeurer insensibles à tous les drames qui se sont joués et dont plusieurs se poursuivent malheureusement.

Cette longue année a été marquée par la haine, la répression, les injustices et la colère. Pour plusieurs elle a aussi signifié la peur. Les atteintes à l’intégrité se sont multipliées et des humains, nos frères qui n’ont pas choisi d’être victimes, ont fait face à d’horribles conditions qui ont fait basculer leur vie. Nous ne pouvons pas ignorer leur détresse. Que nous le souhaitions ou non, nous sommes liés à leur sort.

Les hommes d’état, desquels il faut convenir de leur indifférence aux conditions de vie de ceux qu’ils oublient de représenter, se sont fait insensés. Le peu de sagesse qu’ils ont démontrée leur a été imposée non sans heurts par des populations mobilisées auxquelles ils ont concédé le minimum afin que ne soit pas franchie la mince ligne qui sépare la contestation de la révolte.

Des hommes et des femmes comme nous oeuvrent chaque jour à corriger et embellir ce monde désarticulé. Nous leur devons beaucoup. Il en faudrait beaucoup plus. Leur labeur prend des allures de colmatage dans des conditions d’inondations perpétuelles. Il ne pourra suffire pour résister au grand tsunami si celui-ci survient.

L’année 2014 fut l’année: que faire? Que faire lorsque nous perdons un à un tous nos outils? Que faire lorsque l’incertitude est au menu quotidien? Que faire pour échapper à tant de choses insensées? Que faire lorsqu’on ne peut pas porter le poids de toutes les injustices, de tous les mépris et de toutes les répressions, car c’est un impossible défi? Que faire pour apporter des solutions, la vie de toute une humanité pesant désormais sur chacun de nous?

Le quotidien autrefois rédempteur malgré ses aléas, car il avait le pouvoir de nous entraîner dans un tourbillon où  se mêlaient fatigue mais aussi espérance, a peu à peu perdu son pouvoir de maintenir cet espoir et s’est transformé en luttes perpétuelles, petites et grandes. Ces luttes s’ajoutent à notre labeur bien inutilement. Des défis nouveaux ont vu le jour. Il nous faut maintenant composer avec l’incertitude en toute chose.  Nous relevons des défis réalisables que tant de choses peuvent affecter pourtant et même compromettre. La précarité s’est installée.

L’époque que nous vivons n’est pas la seule qui soit marquée par les turbulences. Pourtant au lieu de constituer une pénible référence, ces redondances d’époques agitées forcent un constat différent: l’espoir pouvait naître tant qu’il demeurait des conditions susceptibles de le rendre propice. Nous savons que de telles conditions sont infiniment rares maintenant. Il n’existe pratiquement plus rien qui n’ait pas été dénaturé au point de ne plus pouvoir constituer un refuge de vie, une promesse d’avenir. La fin des temps? Oui et non. La fin d’un temps de promesses, d’une vie ouverte à l’aventure, à la saine démesure, à tous les espoirs. Il subsiste et subsistera une vie compromise par la main de l’homme et l’espoir, s’il en est, sera de reconstruire un milieu de vie propice aux humains qui n’auront plus droit à l’erreur.

Je pense à nos enfants, je pense à nous aussi qui sommes peu à peu devenus les êtres à sacrifier. La question se pose ici: sacrifier pourquoi? Par solution à toutes les erreurs, toutes les atteintes, toutes les prédations qui ont essoufflé la terre, sa nature, ses habitants? Et l’autre question encore plus troublante: sacrifier au nom de qui? De personnes veules, imbues de pouvoir, psychopathes, tortionnaires, insensibles, égoïstes, mégalomanes?

On nous a enfermé dans des sociétés soumises à trop de contraintes et les geôliers sont fous. Notre marge de manoeuvre est presque nulle. Nous sommes obligés d’accepter l’impensable et devons renoncer très souvent à notre bien-être, non pas pour assurer notre propre subsistance mais principalement pour satisfaire les travers d’une machine inhumaine qui contrôle les moindres aspects de nos vies: machine financière et politique, aidée par tout ce que les lois ont réussi à encadrer pour lui assurer l’avantage.

Ce n’est qu’une fois que nous aurons compris que cette machine dresse devant nous tout ce qui peut constituer un mur même invisible pour nous asservir, que nous serons en mesure de réaliser l’ampleur de la domination qu’elle exerce. Tant que nous sommes occupés à colmater, nous ne voyons que l’eau qui monte. Nous ne sommes ni trop stupides ni trop lâches, nous agissons plutôt comme ce monde nous l’a enseigné: suivre toujours suivre: faire taire la liberté.

Peu d’entre nous savent encore ce qu’est la liberté. Il est étonnant, voire choquant, de constater que la liberté est devenue un forfait politiquement et légalement encadré qui a peu à peu dévié vers des droits et des libertés. On l’a institutionnalisée mais à quelles fins? La liberté est pourtant l’essence de tout humain, lui est nécessaire comme le fait de respirer, dormir, boire et manger. Si quelqu’un nous nourrit parce que nous sommes incapables de le faire nous-mêmes, nous pouvons survire. Il en va de même pour la liberté. Notre survie dépendra alors de la mesure qu’on emploiera à notre égard, de la constance de tiers et de leur bienveillance. Point n’est besoin de mentionner ici que ces deux qualités font souvent défaut.

Sommes-nous malades au point qu’on doive doser pour nous notre liberté et dépendre d’autrui pour satisfaire ce besoin? Inimaginable mais pourtant réel.

Il y a quelques années, nous n’aurions pas toléré ce qui à l’évidence est insensé.  Notre réaction aurait été comparable à une crise d’urticaire: subite et incontrôlable. Incontrôlable… incontrôlable… Je répète?

On nous fait cependant sillonner maintenant dans des dédales que nous savons insensés et nous avons peu à peu perdu le réflexe d’être libres. Seul devant la machine, voilà comment nous nous sentons. Un tas de seuls devant la machine qui se marchent pourtant sur les pieds sans se voir et sans même se demander vraiment que fait cette machine à broyer l’humain dans nos vies… Elle a le pouvoir qu’on lui laisse. Nous nourrissons un monstre de suffisance.

A se demander si nous avons signé un pacte avec cette machine… une sorte de contrat de vie dans lequel il faut lui céder nos droits sur nous-mêmes dès lors que nous mettons la main sur un objet qu’elle a créé ou dès lors qu’elle nous pousse sur ses sentiers privés.

Elle semble faire fi du droit discrétionnaire du client: Le client que nous sommes devenus à force de renoncer à notre liberté, lequel remplace l’humain que les dictionnaires décrivent encore. Nous semblons maintenant ignorer que nous pouvions renoncer à signer un tel pacte…. C’est là que la dynamique de la liberté emmurée entre en jeu. Nous sommes devenus les peuples à coloniser et à soumettre. L’envahisseur broie la liberté et bouffe de l’humain rentable.

Institutionnalisés nous sommes et si bien contrôlés qu’on n’a même plus besoin de nous fournir le gite pour nous soumettre à toutes les règles barbares qui enfreignent la dignité et le libre-arbitre.

Je nous souhaite à tous pour 2015 une conscience de liberté qui remette en question nos façons de voir la vie, car celle qui se joue devant nous n’est autre qu’un spectacle qui tient l’affiche depuis trop longtemps. On y a mis des Boeing qui survolent les maisons, des centrales nucléaires qui nous narguent et des gens stupidement pendus au texte d’un scénario machiavélique.

S’il faut méditer sur la liberté, il faut voir qu’elle constitue la base de notre propre vie. Elle n’est pas un droit et ne doit pas être confondue avec les libertés. Elle est tout simplement. A ce jour, les droits et libertés constituent le plus grand rapt d’humains jamais perpétré. On en a fait une boussole et un passeport pour une vie contrôlée. C’est toute la désignation de l’être humain qui est atteinte. Il y a des faux dieux mal intentionnés sur cette terre des hommes.

2014 était une année charnière. Nous nous devons de ne pas laisser la porte de nos droits et libertés se refermer et plus encore nous nous devons de nous réapproprier la liberté, de sortir de ces mesures qui étouffent la vie et de ces réactions stéréotypées qu’on a fait naître en nous et qui sont devenues d’un politcally correct écoeurant. 2015 ouvre de grâce toutes les fenêtres afin que les esprits et les coeurs puissent enfin prendre leur envol. Un peu de nous… un peu de nous tous signifient une victoire sur la machine que nous ne pouvons nier être préjudiciable à la vie humaine.

Il nous faut réapprendre la liberté. Prenons exemple sur tous ces gens qui s’attardent à préserver des conditions de vie favorables et vont jusqu’à repousser l’envahisseur qui ne connaît aucune frontière, aucune limite. Des gens qui cultivent les traditions, lesquelles demeurent la seule mémoire de tous les peuples nés libres. Sans mémoire, il deviendra difficile de redonner une signification exacte aux gens et aux choses car la vision que nous en aurons sera celle qu’on veut bien nous permettre d’avoir.

Nous pouvons faire l’effort de réfléchir aux enjeux liés à une vision dénaturée, soit lorsque tout devient possible et pire encore acceptable, même ce que nous ne souhaitions pas. Nous ne pouvons pas indéfiniment faire taire l’humain en nous et espérer le demeurer.

L’année 2014 a rejoint les tournants de l’histoire où la sagesse ayant fait défaut, les hommes sinistrés se sont vus forcés de la remettre au menu du jour.

Très bonne année 2015 à tous

Elyan

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    Jour triste, très triste. Il n’y a plus de mots. Courage la France.

  2. avatar

    L’hébergeur de CentPapiers éprouve des difficultés avec l’allocation de ressources, empêchant par période la publication d’articles puisque CentPapiers requiert beaucoup de ressources (selon ce que le serveur nous a déjà écrit, CentPapiers est le client qui consomme le plus de ressources chez lui). Certaines fonctions du site sont parfois indisponibles faute de ressources suffisantes. Depuis décembre, les auteurs qui publient directement à partir du site, sont souvent incapables de le faire.

    Nous avons donc droit parfois à un message page web inaccessible ou erreur de connexion à la base de données, puis tout revient…

    Deux problèmes ont été résolus la semaine dernière: le problème lié au message d’erreur qui apparaissait en bas des articles (erreur illegal offset…), ainsi que le problème de reconnaissance de la langue (les textes, comme celui du présent article, présentaient des erreurs de conversion de ponctuations, d’accents etc). Ces problèmes faisaient suite à des modifications chez l’hébergeur des fichiers PHP et MYSQL, en lien possiblement avec la mise à jour urgente que des serveurs ont dû faire en fin d’année 2014 concernant des failles de sécurité à corriger.

    L’équipe de CentPapiers multiplie les démarches pour apporter des solutions. Le tout devrait rentrer dans l’ordre prochainement. Ce ne sera pas de refus..

    Merci pour votre compréhension et votre soutien. A bientôt. Bonne journée et paix sur le monde.

    CentPapiers
    https://www.youtube.com/watch?v=yRhq-yO1KN8