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1er mai – La divergence des luttes

 

 

Emmanuel Macron ne s’inquiète pas trop, la « coagulation » des « mécontentements » ce n’est pas demain la veille. Et ce n’est pas les slogans ravageurs des manifestant du 1er mai qui vont changer la donne. Les syndicats français sont faibles et trop peu de salariés sont syndiqués, seulement 11% selon le DARE, ce qui est déjà mieux que 8%, mais un chiffre bien insuffisant pour impressionner le vertical de l’Elysée.

 

Ah ! si Philippe Martinez était le chef d’un syndicat nordique, il n’aurait qu’un mot à dire pour mettre le gouvernement à genoux, j’exagère un peu, mais il pourrait au moins discuter. Alors qu’en France, à chaque réforme le mot négociation se traduit par grève et manifestation. Pourtant, le taux de participation aux élections professionnelles est de plus de 52% dans le secteur public et de plus de 42 % dans le privé.

Alors pourquoi le travailleurs gaulois est-il si rébarbatif lorsqu’un syndicaliste lui propose de prendre une carte d’adhérent ? Faudra-t-il un jour rendre l’adhésion syndicale obligatoire. En même temps… que le sacrement du baptême le nouveau né recevrait la bénédiction d’un syndicat…  » Tu seras à la CGT mon fils ! « . J’exagère encore un peu.

 

« Tous ensemble, tous ensemble » qu’ils chantent dans les manifs. Une utopie, une belle image pour le 20 heures et la majorité des travailleurs reprendront le boulot le lendemain. L’unité c’est comme les slogans en chanson de l’initiative communiste. Rien que des paroles qui s’envolent …

Sur l’air du petit navire : Il était un petit Macron (bis) / Entièrement dévoué aux gros patrons (bis) / Ohé, ohé, Jupiter, / Ensemble on va t’botter le derrièr’ / Ohé, ohé Jupiter, / Union des ch’minots, des fonctionnair’ !

Sur l’air du Chant des partisans : Ami entends-tu le vol noir de l’UE sur la France ? / Ami entends-tu le cri sourd du pays, sa souffrance ? / Ohé, cheminots, étudiants et enseignants fait’z alliance ! / Ohé, salarié, l’heure du combat d’ classe revient, résistance !

Sans Chemise Sans pantalon :

Ce soir, on va les virer / Sans chemise, sans pantalon —– /
Macron on va te virer / Sans chemise, sans pantalon
Gattaz on va te virer / Sans chemise, Sans pantalon
Philippe on va te virer / Sans chemise, Sans pantalon
L’UE on va te virer / Sansh Chemise, Sans pantalon
C’est eux, qu’il faut licencier / tous ensemble, on va gagner !

Merci Patron :

Bercy Macron, Bercy Macron, / Quel plaisir d’être exploités par vous, / On va se battr’ jusqu’au bout !
Bercy Macron, Bercy Macron,/ Sans chemise / et mêm’ sans pantalon, / Tu vas finir en cal’ çon !
Bercy Macron / Bercy Macron !
Tu roul’ pour le patronat / Et mêm’ pour Frau Angela !

Quel talent ! il en faut des années d’entraînement pour atteindre un tel niveau de perfection avec l’espoir de « faire vivre une journée en enfer » à Emmanuel « Macron et son monde ». Mais dans le fond il a peut-être raison Olivier Besancenot lorsqu’il dit « on est tous le cheminot de quelqu’un ». Sauf que tous les Français ne sont pas de cet avis. Alors, il ne faut pas trop compter sur la convergence des luttes. Chacun pour soi et à chacun son tour, car il y en aura pour tout le monde des réformes à un train d’enfer. Certes, elles sont nécessaires, le monde change et faire du surplace et le meilleur moyen pour ne pas avancer et se faire dépasser. Mais si les cheminots acceptent l’ouverture à la concurrence, fallait-il vraiment priver les nouveaux embauchés de ce fameux statut qui n’est pas responsable de la dette ? Et puis, la privatisation de la SNCF est dans l’air du temps, mais pas tout de suite, plus tard lorsque le président Macron aura trouvé un autre job dans le privé. Comme Président-directeur général de la Société nationale des chemins de fer français. Bon là, j’extrapole un peu vite sur l’avenir du président.

Par contre, la divergence des luttes syndicales est bien une réalité. La CGT de Martinez et la CFDT de Laurent Berger c’est comme Caïn et Abel. Quant à Jean-Claude Mailly n’en parlons plus, la loi travail l’a tué.

Alors le 1er-Mai unitaire se fera en ordre dispersé. Car pour Berger, ce mode d’action « ne permet jamais d’avoir des résultats concrets pour les travailleurs ».Donc, « le premier syndicat du secteur privé organise, à la place, un « 1er-Mai culturel et revendicatif » avec la CFTC et l’Unsa, autour de la diffusion en avant-première d’un film italien, « 7 minuti », sur les ouvrières d’une usine textile. »

« La CFE-CGC, quant à elle, n’organise pas d’événement pour le 1er-Mai. Selon son président, François Hommeril, la convergence des luttes « nuit à l’efficacité syndicale » et comporte « beaucoup trop de risques » de mélange des genres avec le politique ».

Emmanuel Macron et son gouvernement peuvent dormir tranquille. Bon, il y aura bien une poignée de casseurs pour l’animation, mais rien de grave, quelques vitrines fracassées et un peu de mobilier urbain vandalisé, avec en apothéose des fumigènes colorés de préférence en rouge. Pour arroser le tout, une bonne dose de gaz lacrymogènes et pour finir une charge de CRS, et tout rentrera dans l’ordre républicain. La routine, quoi !

Commentaires

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A propos de gruni 57

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J'ai une fâcheuse tendance à l'ambiguïté. Ce n'est pas ma faute je suis tombé dans le deuxième degré quand j'étais petit. Depuis, pour me soigner, j'ai tenté une cure prolongée sur Agoravox. Le résultat a été désastreux, c'est encore pire qu'avant. Alors ne me prenez surtout pas au sérieux, mon cas déjà désespéré pourrait s'aggraver avec une grosse tête.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Bonjour Gruni,

    Vous décrivez parfaitement le syndrome d’abandon des luttes, la solidarité étant un élément primordial. On ne la pratique plus qu’au péril de sanctions diverses, ou lorsqu’on lui donne la permission d’exister. La plupart du temps, elle est surtout folklorique. Sinon on la réserve aux tragédies.

    Autant penser qu’elle a capitulé après avoir perdu la quasi totalité des libertés qui l’animaient. Il faut se consoler car il appert que nous serions toujours en démocratie, jouissant de si peu de libertés que nous préférons ne pas risquer de les perdre!

    Alors, il ne faut pas trop compter sur la convergence des luttes, comme vous le mentionnez. Le gouvernement a alimenté la division syndicale et il semble bien qu’avec la réforme du code du travail, les syndicats ont eux aussi basculé dans le domaine du folklore. On les a invalidés, ou on s’affaire à le faire dans les secteurs où ils ne l’étaient pas.

    Toute une casse…

    Bonne journée et merci pour ce texte!

    • avatar

      Bonjour elyan

      Je ne peux pas vous offrir un brin de muguet, alors je vous envoie un témoignage que j’ai reçu ce matin d’un ancien délégué syndical. Merci pour votre commentaire et bonne journée à vous aussi.

      De Dzan

      « Quand je lis certains commentaires, ça me fait mal aux tripes.
      J’ai été délégué du personnel CGT, dans l’automobile.
      Pour que je puisse accomplir mon travail syndical : faire remonter, les revendications, jouer l’assistant social, faire le paravent entre les excités et la maitrise etc…mes compagnons d’atelier, me faisaient mes « minutes »

      Bien sûr marqué à l’encre rouge, augmentations individuelles qui me passaient sous le nez., j’en passe et des meilleures.
      Les aboyeurs sur AV, de plus en plus nombreux, n’ont jamais foutu leurs pieds dans une usine. Travaillé à la chaine.

      Et puis, pourquoi, un faible taux de syndicalisation ? Le nombre très important d’intérimaires, de CDD, le prix d’une cotisation (+ ou- 20 euros / Mois) ridicule par rapport aux syndicats nordistes tant vanté, qui ont une fortune à leur disposition.
      Pourquoi en Allemagne,est apparu le syndicat Verdi, alors qu’il y a la puissante DGB.
      Pourquoi 14 syndicats à Air France. Pourquoi fut créé FO, la CFTC, la CFDT issué d’unbe scission de la CFTC, pourquoi la FSU, issue d’une scission de la CFDT ? etc…Etc…

      Les gouvernements peuvent dormir tranquille. Le désordre syndical règne. »