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Déflation en Europe: le théorème d’inconsistance encore et toujours !

Déflation en Europe

GILLES BONAFI   :

L’Eurostat news release du 16 octobre 2014 a jeté un beau pavé dans la mare ! 8 pays européens sont désormais touchés par la déflation : Bulgarie, Grèce, Hongrie, Espagne, Pologne, Italie, Slovénie, Slovaquie.

La France pour sa part s’approche dangereusement de la barre fatidique avec 0,4% d’inflation.

Pour lutter contre l’inflation, la banque centrale n’a qu’une solution : baisser son taux d’intérêt. Or, suite à sa réunion du 4 septembre, la BCE a abaissé son principal taux directeur de refinancement des banques privées de 0,15 % à 0,05 %, un niveau jamais atteint.

Il n’y a donc plus de marge de manœuvre, à moins d’une injection massive de liquidité. Une politique de relance dans un contexte d’endettement généralisé sera la dernière fuite en avant.

Philipp Bagus, un économiste allemand (école autrichienne) spécialiste de la déflation (cf sa thèse de doctorat) écrivait sur celle-ci : « On peut faire valoir que la déflation est un moyen rapide, direct, harmonieux et éthique en direction d’un système monétaire solide, en purgeant un système bancaire malsain et des investissements malsains. »

Peut-être a-t-il raison, mais la purge risque de poser problème en regard des montants en jeux. Nous avons donc trois écoles :

– ceux qui veulent « purger » la bête et qui feront exploser le chômage et imploser l’économie.
– ceux qui proposent une fuite en avant en permettant aux exponentielles de dettes de croître vers l’infini et au-delà et qui feront exploser le système.
– les partisans de la régulation qui ont – comme je l’avais annoncé en mars 2013 – reçu un prix Nobel avec Jean Tirole et qui font tout pour obtenir un semblant d’équilibre dans un système déséquilibré (les intérêts composés – la croissance – la financiarisation démesurée de l’économie). Bâle III – la dernière tentative de réguler la finance – s’est d’ailleurs heurté au mur des réalités.

En ce qui concerne la régulation, Cloward et Piven ont tout expliqué dans leur ouvrage clé publié en 1972, Regulating the Poor : The Functions of Public Welfare. Pour eux, le welfare state, l’État-providence doit s’adapter au marché et ceci dans le droit fil de la pensée socialiste schumpétérienne. Au menu, allocation de survie, flexibilité totale, baisse des coûts de production (main d’œuvre gratuite) et ce, dans le monde entier. Une « magnifique » restructuration de la protection sociale pour l’adapter au marché, une synthèse capitalo-marxiste.

Source : Réguler les pauvres

Quelle que soit la solution choisie, le petit peuple paiera les pots cassés et l’économie s’effondrera.

Kurt Gödel (1906-1978) et son théorème d’inconsistance développant le fait qu’une démonstration mathématique – économique ici – peut servir à expliquer tout et son contraire est encore et toujours à l’honneur.

Il serait grand temps de tout remettre à plat et de repenser l’économie…

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