• Bernard Landry est dans les patates

    25 octobre 2007 | 1 commentaire(s) | 7 affichage(s)

    L’ex premier ministre du Québec Bernard Landry m’aime pas l’idée de souveraineté alimentaire. Avec l’arrogance qu’on lui connait, Landry associe cette idée à un réflexe protectionniste déplacé « dans un pays qui ne produit pas d’oranges ni de bananes ». Pour lui, les agriculteurs doivent s’adapter et accepter que le marché intérieur soit ouvert aux produits agricoles venant d’ailleurs s’ils veulent eux-mêmes vendre à l’étranger. Le problème, c’est que la libéralisation des échanges tue la diversité biologique dans la production agricole aussi sûrement qu’un parasite s’attaquant aux monocultures de pommes de terre.

    Lors d’un récent entretien, Gilles-Éric Séralini rappelait la tendance à faire reposer la production agricole à l’échelle mondiale sur quelques espèces végétales seulement. Déjà des plantes indigènes rustiques qui sont résistantes à la sécheresse, par exemple, disparaissent.

    Il y a 30000 plantes comestibles, 7000 cultivées, et pourtant, disait Séralini, « si chacun fait la liste de ce qu’il a mangé comme plante, de ce que les animaux qu’il mange a mangé comme plante, on va voir qu’on abouti à une trentaine, pas plus. Dans cette trentaine, il y en a quatre qui apportent 60% de l’énergie : le blé, le riz, le soja et le maïs. » Cette situation favorise les grandes monocultures qui sont « comme des phares dans la nuit pour les parasites. »

    Le concept de souveraineté alimentaire que Landry trouve dépassé, c’est la possibilité d’avoir des tire-roches pour éteindre ces phares. Le libre-échange qu’il préfère, c’est la confiscation des tire-roches.

    Avec tout le respect qu’il se doit pour un ancien premier ministre, monsieur Landry aurait mieux fait de se taire que de dire des bêtises. Il s’est rangé dans le camp de ceux pour qui ce qui importe c’est le développement économique, le reste étant secondaire.

    Le scientifique Séralini fait preuve de beaucoup plus de clairvoyance que l’économiste Landry, ayant compris que derrière les agissements des entreprises qui développent des plantes transgénétiques se cachent le contrôle de ce que nous mangeons sur la planète. Or, la fin de la souveraineté alimentaire, c’est la mise par terre des barrières qui empêchent ce contrôle.

    Pour un homme qui se bat en faveur de la souveraineté du Québec, Landry tombe avec une facilité déconcertante dans le panneau des transnationales. Peut-êre pourrait-il nous éclairer sur ce qui fait qu’un peuple puisse se dire indépendant tout en dépendant de quelques grandes entreprises contrôlant ce qu’il mange.

    Qui donc peut rêver d’un pays qui troquerait sa souveraineté alimentaire pour pouvoir manger des bananes et des oranges ?

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  • Un commentaire

    • Daniel Bédard

    Excellent article Michel

    Moi aussi je suis de ceux qui prétendent que Monsieur Landry devrait se la couler douce avec Madame Renaud son épouse et rester sagement chez lui. Car son temps est dépassé et il n’a même convaincu personne en tant qu’économiste.

    Je te soumets un courriel que je lui adressais en 2004 sans évidemment m’attendre à quelque réponse d’un homme politique aussi important :

    To : blandry@assnat.qc.ca
    Sent : Monday, August 30, 2004 12:27 PM
    Subject : Votre notion de loyauté envers le public

    Monsieur Landry,

    Dans le journal de ce matin cette citation de votre part :

    ’’La loyauté, c’est aussi être capable de défendre franchement ses idées et je crois que j’ai encore ma place au caucus.’’
    Bernard Landry, 30 août 2004

    Monsieur Landry avant de nous convaincre que vous êtes loyal envers le public qui vous a porté au pouvoir et si vous voulez le convaincre que vous êtes le bon chef pour que cette possibilité arrive, il faudrait premièrement que vous commenciez par nous les faire savoir vos idées pour ensuite nous démontrer que vous êtes également capable de les soutenir et de les défendre afin que le public voit dans le chef du parti québécois, un homme crédible.

    Plusieurs correspondances sur l’impact de l’application de la loi 41 ont été portés à votre attention et j’attends toujours votre idée la-dessus ou tout au moins l’assurance que vous allez faire quelque chose avec cela maintenant que l’Opposition n’a pas jugé non plus quelque critique que ce soit avant son adoption le 17 juin dernier malgré plusieurs courriels réitérées en ce sens à monsieur Coté qui a pour sa part rien fait non plus. Tout un critique en matière de lois professionnelles que ce dernier.

    Savez-vous que votre inaction en ce moment à ne rien faire finalement suite à l’adoption d’une loi que j’ai démontré argumentation intelligente à l’appui, pourrait me conduire finalement directement à la faillite. Effort qui a déjà commencé depuis septembre 2003 par mon propre ordre professionnel en me maintenant sous enquête absolument pour aucune raison justifiables au sens des dispositions mêmes du code des professions ?

    Préférez-vous Monsieur Landry octroyer des subventions gouvernementales pour implanter des compagnies comme Mométal en conflit perpétuel avec ses propres travailleurs donc des québécois et québécoises qui ont besoin de gagner leur vie et des fournisseurs de services professionnels consciencieux tel ma petite entreprise que ce genre de compagnie n’hésite même pas à mettre en faillite en ne rendant pas compte par la suite à ses fournisseurs lorsque le travail leur a été rendu ?

    Personnellement Monsieur Landry, je crois que vous n’êtes tout simplement plus l’homme de la situation pour administrer un Québec souverain car même souverain, les québécois et québécoises vont devoir continuer de travailler afin de payer les nouvelles taxes qui donneront maintenant que pour la même poche.

    En ne me répondant pas Monsieur Landry vous m’avez démontré ne pas être préoccupé par le fait que présentement on m’empêche de facon légale d’exercer ma profession alors que je suis pourtant encore un représentant du public et un québécois qui voudrait bien voir finalement de quelle façon vous appliquez vos principes de loyauté envers ceux qui un jour vous ont fait confiance en vous portant au pouvoir.

    La confiance n’y ait plus maintenant Monsieur Landry car vous me démontrez être davantage prêt de vos amis du Barreau et les gens du peuple sauf que vous oubliez dans tout cela que ce n’est pas avec vos amis du Barreau que le peuple québécois accédera à la souveraineté mais bien par le consentement des citoyens et citoyennes du Québec et auxquels vous n’êtes nullement intéressé de répondre.

    Recevez, monsieur Landry, mes salutations.

    P.s : Je vous souhaite un bon repos et une bonne retraite avec Madame Renaud car définitivement vous n’êtes plus l’homme de la situation Monsieur Landry celui qui croit en ses convictions et celui qui saura le transmettre à la population. Eh que je m’ennuie de Monsieur Lévesque. C’était un vrai celui là… un vrai.

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